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Société - Article paru le 26 août 2009 dans l'Humanité

 

École primaire : les enseignants attendent Chatel au tournant !

Éducation . À une semaine de la rentrée, le SNUipp-FSU, principal syndicat du premier degré, prévient que les suppressions de postes seront le « point de friction » de l’année.

À une semaine de la rentrée, Luc Chatel est prévenu : les professeurs des écoles attendent leur nouveau ministre au tournant. « Vu la tension qui règne actuellement à l’école, il a intérêt à mettre de l’huile et à éviter toute déclaration assassine », lui a même conseillé Gilles Moindrot, le secrétaire général du SNUipp-FSU. Le principal syndicat du primaire tenait hier sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Et à l’en croire, le nouveau locataire de la rue de Grenelle, qui a annoncé hier qu’il poursuivrait les réformes de son prédécesseur Xavier Darcos, aura fort à faire pour ramener la sérénité au sein des équipes enseignantes.


Beaucoup pour les banques et…


Parmi les nombreux dossiers chauds, celui des suppressions de postes sera, sans aucun doute, le plus brûlant. « Ça va être le point de friction de l’année », prévient Gilles Moindrot. Dans le cadre du non-remplacement d’un départ de fonctionnaire sur deux, 13 500 postes disparaissent en cette rentrée 2009 dans l’ensemble de l’éducation nationale. Et 16 000 supplémentaires sont déjà prévus au budget 2010, ce qui monte l’addition à 50 000 depuis 2007 ! Pourtant, le ministère assure que le taux d’encadrement restera « identique » à celui de l’année dernière. Et affiche même, dans le primaire, la création de « 500 postes » pour faire face à l’augmentation des effectifs (14 000 élèves).

Un chiffre que conteste le SNUipp. « Pour créer soi-disant ces 500 postes, le ministère en supprime 500 parmi les enseignants mis à disposition ou détachés », précise le syndicat. Des postes liés à la formation des enseignants, au développement de l’apprentissage des langues vivantes ou encore à la mise en place de classes découverte. « Au final, il y a zéro création d’emploi, conclut Gilles Moindrot, mais bien un appauvrissement de l’offre scolaire. » Et d’ajouter : « Le gouvernement donne beaucoup d’argent aux banques, mais investir dans l’école, c’est aussi un investissement pour l’avenir… »

Point de vue partagé, semble-t-il, par l’opinion publique. Selon un sondage CSA commandé par le syndicat, 79 % des Français (11 % par rapport à l’année dernière) estiment que la réduction du nombre de postes d’enseignants a un effet « plutôt négatif » sur la réussite scolaire. Quant à l’avalanche de mesures prises ces deux dernières années par le gouvernement, il plane - au minimum - un sérieux doute : 36 % des Français (3 %) jugent qu’elles vont dans le « mauvais sens », contre 35 % (-5 %) qui pensent le contraire, le reste préférant ne pas se prononcer…

Ce résultat conforte le SNUipp, qui envisage plusieurs initiatives. Notamment sur la fameuse « aide personnalisée », ces deux heures hebdomadaires consacrées aux enfants en difficulté.


Des actions dès septembre ?


L’enquête réalisée par le syndicat dans quelque 1 200 établissements souligne les disparités dans la mise en oeuvre de cette réforme. « Au final, on s’aperçoit qu’elle peut être efficace pour de légères difficultés, mais en aucun cas pour les difficultés lourdes », note Gilles Moindrot. Il entend donc solliciter Luc Chatel pour « faire évoluer » le dispositif. Sur le front intersyndical, une rencontre avec les autres organisations est prévue la semaine prochaine. Pour une action commune envisagée dans la première quinzaine de septembre.


Laurent Mouloud

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Tag(s) : #Education
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