Sanofi aventis : les profits ont la santé, pas les emplois !
Labo pharmaceutique . Comme sur d’autres sites du groupe Sanofi Aventis, qui affiche des profits considérables, des centaines d’emplois sont menacés à Montpellier et à Aramon dans le Gard.
Montpellier (Hérault),correspondance particulière.
Le groupe pharmaceutique Sanofi Aventis, qui possède un centre de recherche à Montpellier et une unité de production à Aramon dans le Gard, s’apprête à supprimer des centaines d’emplois à travers le pays. Le 29 juillet, des actions ont eu lieu sur de nombreux sites à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFTC-CFE/CGC-SUD chimie. Celle-ci s’est adressée aux pouvoirs publics afin d’interpeller le plus tôt et le plus fermement possible la direction de Sanofi-Aventis à propos d’une « politique purement comptable ». Hier matin sur Europe 1, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, se voulant rassurant, a déclaré : « J’ai pris contact avec le PDG de Sanofi-Aventis, qui m’a garanti qu’il n’était pas question de fermer le site de Porcheville. » En attendant, le laboratoire, qui emploie environ 100 000 personnes dans le monde, a déjà annoncé un plan de départs volontaires concernant potentiellement 1 300 salariés français, dont 850 chercheurs, ainsi que des projets de vente de son site de production de Porcheville (Yvelines), 220 salariés, et de fermeture d’un site administratif parisien employant 850 personnes qui seront transférées vers des locaux en région parisienne. Dans la recherche, il prévoit la fermeture de huit sites dans le monde, dont quatre sur quatorze en France, et l’abandon du développement de près d’un cinquième de ses projets de nouveaux produits.
À Montpellier, mercredi dernier lors d’un débrayage de deux heures, plusieurs centaines de salariés ont dénoncé la stratégie du groupe pharmaceutique qui affiche une excellente santé, une pétition recueillait plus de 500 signatures. À propos des profits, Philippe Mercey (CGT) s’indignait : « C’est inadmissible de voir de tels résultats et d’annoncer une restructuration. » En effet, en 2008 le bénéfice net du groupe européen s’élevait à 7,18 milliards d’euros ; au premier semestre 2009, le chiffre d’affaires a progressé de 6,7 % et le bénéfice net par action de 23,1 %. Le groupe affirme que d’ici 2013 il souhaite « adapter l’ensemble de ses structures aux challenges à venir », l’objectif étant de réaliser 2 milliards d’économies. Ainsi, à Montpellier, Marie-Josée Cossec-Vion (CFDT) estime « qu’il n’existe aucune raison économique à ce plan ». Montpellier, un des sites les plus importants du groupe (1 300 salariés), devrait voir partir 204 personnes dans le cadre d’un plan de cessation anticipée d’activité, des mesures considérées par l’intersyndicale comme étant « destructrices d’emplois ». Par ailleurs, le département d’oncologie (cancérologie) est voué à disparaître, l’activité étant transférée à Vitry, la direction proposant des mutations sur ce site ou bien un reclassement localement.
L’inquiétude est grande également dans le Gard où le site de production de Sanofi emploie 800 personnes, le processus légal de discussions qui devrait s’enclencher en septembre n’augure rien de bon, selon les syndicalistes. La direction, qui comprend que « le changement puisse générer de l’angoisse », justifie cette réorganisation du secteur recherche et développement par « la nécessité de faire face à un environnement qui change : développement des médicaments génériques, lutte contre les déficits des systèmes de santé… » et dit « se préparer à la perte programmée de brevets de ses médicaments phares ». Côté syndicats, on pense davantage « à une volonté d’entretenir la santé de l’actionnaire par la vente et la réduction de la masse salariale ».
Éloi Martinez
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