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Un grand débat pour la formation professionnelle,

sur le terrain des luttes et du projet politique

 

 

L’assemblée plénière du Conseil régional et la commission permanente ont traité vendredi 10 juillet d’un certain nombre de délibérations qui traduisent dans les actes et  dans leurs financements les objectifs  du Service Public Régional de la Formation Continue et de l’Apprentissage, mis en place par la majorité en 2006.

Le Groupe communiste a donné son accord : au-delà des quelques 60 millions d’euros ( hors apprentissage) que cela représente budgétairement, ce sont surtout près de 15 000 stagiaires de notre région qui vont pouvoir ainsi se former cette année et donc être à même d’une meilleure insertion  dans la vie professionnelle.

 

En même temps, je voudrais rappeler  en quelques  mots la position des élus du groupe communiste et partenaire.

 

Nous vivons, depuis de trop longs mois, avec la crise systémique et mondialisée, la récession, les plans de chômage partiel et les vagues de suppressions d’emploi ou fermetures d’entreprises, et surtout la dégradation des conditions de vie de centaines de milliers de nos concitoyens.

Face à cette situation, la question de la formation professionnelle, des droits des salariés, des demandeurs d’emploi et des jeunes en ce domaine, des financements de lEtat et des branches professionnelles, de lexistence ou pas des Services Publics : Pôle Emploi, AFPA, GRETA, CNAM, ainsi que ce qui se passe au niveau des Régions, devient une question centrale.

 

La Sécurité Sociale dEmploi et de Formations.

Les communistes et leurs élus  ont mis en débat la proposition de créer une Sécurité Sociale dEmploi et de Formations. Au fil des ans et singulièrement ces derniers mois, cette proposition a fait son chemin au point que chacun y va de sa formule au risque dobscurcir les solutions à mettre en oeuvre, dembourber cette proposition dans un énième accompagnement social des chômeurs ou dorienter vers une voie sans issue.

Pour mémoire rappelons en le sens :

 

« c’est l’idée que, dans le cadre d’un service public et social de sécurisation de l’emploi et de la formation, soit instaurée une couverture universelle par l’affiliation à ce service, dès la fin de l’obligation scolaire (comme pour la Sécu). Ouvrant des droits à des revenus minima décents et de formations continues progressivement relevées, avec bilans et aides ».

 

Cette proposition s’inscrit donc clairement dans la durée et non pas dans l’adaptation « au mieux » face aux aléas des évolutions subies par l’emploi. Il s’agit au contraire d’aider tout citoyen, débouchant sur le monde du travail après sa scolarité, de disposer de points d’appui permanents lui garantissant un revenu, lui garantissant de se construire son parcours de vie et d’emploi à partir d’outils et de moyens accessibles à tous.

Plus la sécurisation sociale, professionnelle et citoyenne est effective, plus cela permet de libérer du temps pour vivre aussi sa vie d’Homme, la part d’énergie et de temps consacrée à la recherche de moyens de subsistance, à « la reconstitution de sa force de travail » étant de fait stabilisée et garantie.

 

En 2009, notre proposition dune Sécurité Sociale dEmploi et de Formations est de ce fait structurelle avec une nécessité de financements, de contribution des entreprises et de partenariats pérennes avec les outils publics.

Le débat est bien là :

- doit-on mettre en place des dispositifs et des financements pour « occuper » des salariés plutôt quils soient au chômage (ce qui nest pas rien dans la situation actuelle mais pas suffisant pour empêcher que cela ne se reproduise et pas suffisant pour sémanciper de la domination du capital sur le travail) ?

- doit-on être dans une FlexSécurité où les dogmes patronaux et le primat de léconomie sur lHomme est toujours la règle

- ou doit-on,   à  l’inverse, retourner cette logique suicidaire en mettant lHomme et la réponse à ses besoins humains et sociaux au coeur des choix de développement de notre société ?

 

On laura compris, cest cette dernière option qui, pour nous, parait la plus en capacité de créer une révolution dans la conception dépassée de léconomie qui prévaut dans les milieux dirigeants.

De plus, cette proposition d’une Sécurité Sociale d’Emploi et de Formations a l’avantage de rendre indispensable une partie de la réponse en lien avec les formations initiales et l’Education  Nationale qui se voit actuellement chargée par le patronat de « faire le tri social » et la sélection à l’orientation des jeunes.

Cela pose tout autant l’importance de s’appuyer sur une Education Nationale, une Université et un Ministère de la Recherche dotés de moyens humains et financiers affichant enfin une vraie ambition que de s’appuyer sur un véritable Schéma National de Développement de l’Economie et de l’Emploi, appuyé sur une vision dynamique d’un vrai projet industriel pour le pays et de moyens accrus pour l’innovation et la Technologie, pour développer les filières de demain et les réponse aux besoins de chacun.

 

Vers un Service public national de la formation continue

La mise en oeuvre par notre assemblée du  Service Public Régional de la Formation et de l’Apprentissage, dans le cadres des autres programmes transversaux, PRE, SRDE, SRAT, … est une partie de la réponse, et cela alors que la Commission Européenne met en application pour la formation professionnelle sa définition libérale du Service Social Economique d’Interne Général (SSIEG) issue du Traité de Lisbonne.

Mais nous ne considérons pas que notre SPRFP  soit «  LA » réponse aux enjeux évoqués.

C’est une première avancée, une très forte avancée, mais qui ne règle pas la question de la cohérence nationale, de la péréquation nécessaire pour amener des réponses, pour tous, sur tout le pays, et celle de la nécessaire solidarité nationale face aux disparités territoriales.

 

Nous sommes à un moment où le gouvernement UMP et le Medef veulent s’exonérer du devoir de formation pour les salariés, alors que les organisations syndicales font de plus en plus le lien emploi-formation-développement économique et des territoires.

Face à cette attaque frontale, il importe, au contraire, de redonner un nouveau souffle a la proposition dans laquelle s’inscrive  pleinement les communistes , de 10% du temps de travail consacré a la formation.

 

 

Début janvier, un acte fort s’est passé avec l’Accord National Interprofessionnel portant sur la formation professionnelle (ANI) qui a été signé par tous les partenaires sociaux.

 La loi sur la reforme de la formation professionnelle dont le gouvernement annonce encore une fois le report à la rentrée ( ou osera-t-il la faire passer pendant l’été ?) « oublie » des dispositions fortes de l’ANI ; en entérine quelques lacunes aussi et surtout, fondamentalement, inscrit la formation professionnelle dans le secteur marchand.

Dans un contexte d’aggravation sociale et économique très grave et qui devrait se dégrader encore a la rentrée, il est important que nous portions, sur le terrain concret de notre région, le débat aussi loin que possible.

 

Un grand débat , sur le terrain des luttes et du projet politique

C’est la proposition de notre groupe que, très vite, tous les termes de ce débat global puissent à nouveau être posés, dans le prolongement de ce que nous avons pu faire pour les assises des services publics  puis pour la mise en oeuvre du PRDF.

Contenus, financement, maitrise, articulation du service public régional avec une responsabilité nationale, place et rôle des d’outils performants que sont l’ AFPA, les Lycées Professionnels, les CFA, le CNAM, les GRETA, les CFPPA, les Missions Locales pour concrétiser de telles ambitions, tout cela doit être placé au cœur de la cohérence des propositions et du positionnement de notre assemblée régionale.

En même temps, élus et militants du Parti Communiste Français, c’est cette même question de la formation professionnelle et de la Sécurité Sociale de l’Emploi et des Formations que nous aurons à cœur de faire vivre, avec les salariés, avec tous les intéressés, avec les habitants, dans nos départements, sur le terrain concret des luttes  et de la perspective politique de changement pour notre pays et en Europe….

Travaillons ensemble et soyons offensifs pour permettre à chacun  de se construire son parcours de formation et professionnel garant de l’émancipation de tous, tirant la société vers le haut..

Poser en grand la question de la Sécurité Sociale de l’Emploi et des Formations, c’est être de plain-pied dans une conception révolutionnaire face à la crise du système capitaliste et mondialisée.

 

B. Barbagelata

Conseiller Régional Communiste

Président de la commission Emploi et Services publics

 

Communiqué du 11 juillet 2009

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Tag(s) : #Services publics
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