Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité


Sarkozy plastronne au Congrès de Versailles !



DROITE. Le chef de l’État veut capitaliser la fragile victoire de son camp aux européennes en fixant, aujourd’hui devant le Congrès, un nouveau cap aux « réformes. »


« Il va tracer de nouveaux horizons » pour la France, explique- t-on à l’Élysée. Nicolas Sarkozy va inaugurer une pratique institutionnelle inédite en s’exprimant, cet après-midi, devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles. Un discours d’une heure environ que la représentation nationale devra se contenter d’écouter, sans droit de réponse. La révision constitutionnelle de juillet dernier, voulue par le chef de l’État, l’autorise, au mépris de la séparation des pouvoirs inscrite ans les textes, à délivrer un message à mi-chemin entre le iscours sur l’état de l’union du Congrès américain et celui e politique générale réservé en France au premier ministre.

Démantèlement du modèle social

Pendant que Jack Lang « conjure » ses amis socialistes d’aller écouter la bonne parole présidentielle (ce qu’ils feront sans prendre part au débat qui suivra, en l’absence du président de la République), Verts et communistes ont tranché : « C’est un simulacre de démocratie, car il n’y aura ni vote ni débat », s’insurge le député PCF Roland Muzeau, dont le groupe, comme celui des Verts, a refusé de se rendre à Versailles.

Ayant mobilisé à peine 10 % du corps électoral en faveur de ses listes aux européennes, l’UMP sait que sa victoire est plus fragile qu’il n’y paraît. Nicolas Sarkozy ne veut pourtant pas laisser échapper l’avantage obtenu par son camp. Le faste et la solennité de la réunion au château de Versailles viendraient donc « consacrer le succès » de l’étape électorale et surtout donner une caution à la suite des réformes envisagées par la droite pour l’acte II du quinquennat. Car, précise-t-on dans l’entourage présidentiel, le chef de l’État devrait également exposer sa vision d’un modèle de société pour l’après-crise.

Et l’on touche ici au coeur du problème. La droite, pour pousser plus avant ses réformes d’essence libérale, doit résoudre une équation complexe : d’un côté, vanter le modèle social français, son solide système de protection sociale, un service public structuré, aujourd’hui unanimement reconnu comme l’antidote le plus efficace à la crise, et, en même temps, poursuivre le démantèlement de ce système. « Ce modèle qui, aujourd’hui, en pleine période de crise, joue le rôle d’amortisseur et évite ainsi de voir des hommes, des femmes, des enfants dans la rue pour renverser le gouvernement », résume le député chiraquien François Baroin. Dans ce contexte, pour être audible, le discours de la droite qui préconise, entre autres, la destruction de près de 70000 postes dans la fonction publique en deux ans, le maintien du bouclier fiscal pour les plus fortunés, le refus catégorique, pour la troisième année consécutive, d’un coup de pouce au SMIC, doit s’inscrire dans « l’après-crise ».

Tant ses mesures apparaissent à rebours des préoccupations des Français, lesquels, selon un sondage de l’IFOP pour le Journal du dimanche, évoquent au premier rang de leurs attentes, lors de ce discours de Versailles, l’emploi (60 %) et le pouvoir d’achat (43 %), loin devant la sécurité (12 %) ou la réforme des collectivités locales (9 %), thèmes de prédilection du pouvoir, avec le recul de l’âge de la retraite et de nouvelles « réformes » de la Sécurité sociale.

700 000 chômeurs de plus d’ici à la fin 2009

Mais le passage en force peut s’avérer périlleux. Les réflexes populistes et les mensonges de Nicolas Sarkozy vont se heurter encore plus violemment aux faits : 700 000 salariés viendront grossir les rangs du chômage d’ici à la fin 2009, portant le taux en France au-delà des 10 %, pendant que plus de 600000 jeunes vont arriver sur le marché du travail à la rentrée. S’y ajoute une explosion de la dette et des déficits publics, que la droite va tenter d’expliquer par les abus des assurés sociaux, pour masquer les milliards d’euros destinés à sauver le système bancaire et ceux convertis en allégements des cotisations patronales.

Derrière les mots que prononcera cet après-midi Nicolas Sarkozy, se dissimule l’objectif jamais abandonné par l’hôte de l’Élysée en dépit d’une crise qui a profondément ébranlé le système capitaliste : troquer à terme le modèle social français contre celui, trop difficile à assumer aujourd’hui ouvertement, qui organise le monde anglosaxon.

Frédéric Durand


http://www.humanite.fr/Sarkozy-plastronne-a-Versailles
Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :