Manifestations : Cap sur la mobilisation du 13 juin 2009 !

Un non-vote qui a du sens. Des résultats du scrutin du 7 juin, l’ensemble des centrales syndicales retiennent surtout l’ampleur de l’abstention. Près des deux tiers des moins de 30 ans et la
même proportion d’ouvriers « ne sont pas allés voter », « je crois que ce serait une erreur totale de ne pas regarder ça », observe leader de la CFDT, François Chérèque.
« Quels qu’aient été les résultats obtenus par les différents candidats, ce qui doit les préoccuper d’abord (…), c’est ce constat de la distance qui s’accroît entre les institutions
européennes et l’attente ou le désarroi des citoyens en Europe », juge son homologue de la CGT. « Ce sont les milieux populaires qui ont boudé les urnes. Il n’y a rien d’étonnant à
cela : l’Europe semble de plus en plus s’éloigner des préoccupations des Français », pointe, en écho, la CFTC.
Absence de perspectives politiques
Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, l’abstention et le verdict des urnes « font penser que les salariés qui se battent pour des réponses différentes de celles apportées aujourd’hui par le gouvernement, n’ont pas vu dans le vote un instrument qui contribuerait à ces changements ». Manière de constater que, contrairement aux espoirs formulés par de nombreux militants syndicaux, et au-delà du score du Front de gauche pour lequel beaucoup s’étaient engagés, le scrutin n’a pas apporté la « perspective politique » dont l’absence pèse sur la mobilisation sociale.
De là, cependant, à voir dans la première place obtenue dimanche par l’UMP, un encouragement à poursuivre la
politique actuelle, il y a un pas que les dirigeants syndicaux conseillent à M. Sarkozy de ne pas franchir. « Se donner le sentiment que ce vote est un blanc-seing pour la politique
du gouvernement, c’est faire une erreur grave sur l’attente des jeunes et des salariés les moins aidés dans notre pays », avertit François Chérèque. Du côté de la CGT, tout en soulignant
le caractère très relatif du « succès numérique » du parti présidentiel, Michel Doneddu reconnaît que « l’émiettement » de l’opposition de gauche peut inciter le chef de
l’État à « essayer de continuer ses réformes ». Mais « il reste que cette politique prend de front des attentes sociales, qui restent extrêmement fortes. L’unité syndicale
demeure. Et la mobilisation, par la diversification des formes, cherche à s’installer dans la durée ».
119 appel unitaires dans 58 départements
Pour les huit syndicats - même si Jean-Claude Mailly, de FO, a redit lundi son scepticisme sur « les manifs à répétition » -, l’heure est ainsi à la préparation de la prochaine
journée de mobilisation nationale, samedi 13 juin. Hier, la CGT recensait 119 appels unitaires à des manifestations dans 58 départements. Alors que le patronat a dû accepter d’ouvrir une
première négociation - aujourd’hui, sur « la gestion sociale des conséquences de la crise sur l’emploi » - et d’envisager des « délibérations » sur d’autres sujets, il
s’agit, explique Michel Doneddu, de maintenir la pression, tant sur les employeurs que sur le gouvernement, pour parvenir à ouvrir en grand « deux chapitres » : celui des
salaires, de la répartition des richesses, et celui de l’emploi, en termes de nouveaux droits collectifs permettant aux salariés de peser sur les restructurations.
Yves Housson
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