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A La Poste, les « cofi » en ont ras la casquette !

Article paru dans La Marseillaise du vendredi 5 juin 2009
 

Les forces de vente de la Banque postale étaient en grève hier.BRUNO ISOLDA
Les forces de vente de la Banque postale étaient en grève hier.BRUNO ISOLDA
Social. Les commerciaux de la Banque postale étaient en grève hier dans le département afin de dénoncer des conditions de travail qui se détériorent un peu plus tous les jours.

 


Hier matin sur la place de la Liberté. Ils sont une petite centaine de personnes à s’être donné rendez-vous. Quelques drapeaux donnent le ton : un s’agit d’un rassemblement mené dans le cadre d’une journée d’action à la Poste. Pour une fois, ce ne sont pas les facteurs qui se mobilisent, mais bien les commerciaux de ce que l’on appelle maintenant la Banque postale. A l’appel de la CGT, de la CFDT et de FO, ils sont en grève pour exprimer leur ras-le-bol. Ils sont gestionnaires de patrimoines, conseillers financiers (Cofi), conseillers clientèle, ou alors, en bas de l’échelle, gestionnaires de clientèle. « Le malaise arrive à son paroxysme. Comme tous les agents de la boîte, nous sommes pressés comme des citrons par notre direction. Maintenant, ça suffit ! », dénonce une conseillère. Justement, les grévistes comptent apporter des citrons à leur direction qui se verra décerner, non sans humour, un « citron d’or » symbolisé par l’agrume en pot… Que se passe-t-il à la Banque postale ? « Aujourd’hui, les 163 salariés des forces de vente sont en grève parce que les conditions de travail se détériorent chaque jour un peu plus. Le mal-être n’est pas récent, mais l’annonce par la direction de baisser les commissionnements des conseillers financiers alors que la charge de travail ne cesse d’augmenter a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », expliquent Monique Negrel et Joëlle Ipotesi (représentantes syndicales CGT et FO). Et les choses se sont compliquées avec la création de la Banque postale. « Il y a un problème d’effectifs qui ne cessent de baisser, même si la direction le nie. Là où un conseiller financier était aidé de trois assistants, il est maintenant tout seul », poursuit Monique Negrel. « Et ce avec une charge de travail qui augmente. Le problème c’est que La Poste ne mesure pas le travail annexe : la paperasserie, l’information ou les formations que sont obligés d’assurer les conseillers sur les nouveaux produits », ajoute Patrick Carpentier (CGT). Produits qui ne cessent de proliférer depuis la création de la Banque postale, en plus des assurances, ouvertures de comptes CCP, livrets A ou autres SICAV…

Des objectifs de vente fixés non réalisables


« La direction fixe des objectifs qui ne sont pas réalisables, sans tenir compte de la réalité du terrain. Il faudrait placer un produit par jour, mais qu’est-ce que l’on fait du suivi quotidien des portefeuilles des clients qui n’est pas considéré comme du temps de travail ? », s’interroge un adhérent de l’Amicale des vendeurs de la Poste. « Il faut savoir qu’un agent bancaire suit 300 clients alors les conseillers financiers de la Poste en ont entre 1000 et 1200 », poursuit-il. « Les salariés sont soumis à un stress qui n’arrête pas de grandir. Cela se traduit par des départs en maladie. Ca aussi, la Poste ne le prend pas en considération », dénonce Joëlle Ipotesi. « Nous n’avons aucune reconnaissance. De plus, on ne peut pas progresser parce que les avancements ont tendance à se faire à la tête du client », renchérit Patrick Carpentier. Un agent témoigne : « Je suis un ancien gestionnaire de patrimoine. Fonctionnaire, à 50 ans, on m’a redescendu au rang de conseiller financier au prétexte que je ne faisais pas ce que l’on me demandait, que je n’atteignais pas les objectifs fixés par la direction. A terme, mon poste est menacé de suppression. Mais c’est encore plus dangereux pour les salariés de droit privé : s’ils ne remplissent pas leur contrat, c’est un motif de licenciement. » Les revendications portées hier à la direction départementale concernaient ces conditions de travail, la hausse des commissionnements, l’emploi ou encore les salaires. « Mais avant tout c’est du respect que l’on demande de la part de la direction. On voudrait que l’on soit reconnus pour le travail que l’on fournit », conclut Patrick Carpentier.

G. DE SAINT VULFRAN

Repères
Patrick Carpentier (CGT): « En détériorant nos conditions de travail, la direction de la Poste répercute le malaise sur les usagers qui ont de plus en plus de mal à obtenir un rendez-vous avec un conseiller financier »
2006 c’est au 1er janvier 2006 que la Banque Postale a été créée. Une décision qui fait suite au vote de la loi européenne de régulation des activités postales et autorise la transformation des services financiers de La Poste. Des services financiers qui étaient assurés par Efiposte depuis mars 2000, une filiale appartenant à 10% à la Poste. Il y a trois ans, Efiposte était transformé en Banque postale.
La direction départementale n’a pas reçu les manifestants. Les grévistes présents hier sur la place comptaient bien se rendre dans la foulée à la direction départementale de la Poste auprès de qui ils avaient demandé un rendez-vous. Notamment pour exprimer leurs revendications mais aussi, de manière plus anecdotique, pour remettre « un citron d’or ».
Arrivés sur place, il leur a été signifié que la direction ne les recevrait pas. « Elle n’acceptait qu’une délégation alors que tous les cofi voulaient être reçus en même temps. Ils ont donc voté et ont décidé de repartir », explique Monique Negrel de la CGT. Une nouvelle audience a été en revanche fixée à la date du 10 juin. Dans le courant du mois, la direction nationale doit aussi rencontrer les organisations syndicales. Hier dans le Var, le taux de gréviste était de 70% selon les syndicats.

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Tag(s) : #Services publics
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