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Elections européennes :  La Corse, malade de l'Europe libérale !



 

Dominique Bucchini : « Ils se trompent ceux qui considèrent que le libéralisme ne traverse pas la Méditerranée". (Photo DR)
Dominique Bucchini : « Ils se trompent ceux qui considèrent que le libéralisme ne traverse pas la Méditerranée". (Photo DR)
DOMINIQUE BUCCHINI. Président du groupe communiste à l’Assemblée corse, il est candidat sur la liste du Front de gauche dans le Sud-est.


Vous avez participé à des dizaines de réunions en Corse. Au point qu’un quotidien a titré « le marathon de Dominique Bucchini ». Quel enseignement tirez-vous de ces rencontres?

Dominique Bucchini : Nous avons reçu un excellent accueil avec des gens de toutes opinions politiques qui se déplacent pour s’informer, souvent pour débattre. J’ai la conviction que des lignes politiques ont bougé pendant cette campagne. Le Front de gauche est apparu comme une véritable innovation politique.
Grâce à ces discussions, nous avons pu démontrer que l’Europe, loin d’être lointaine, avait de fortes conséquences sur la vie des gens. En raison, notamment, des dégâts occasionnés par le libéralisme.


Dans vos interventions, vous montrez l’importance de la Stratégie de Lisbonne pour la Corse. Est-elle si déterminante pour l’avenir de l’île?

Les principaux rapports présentés par l’exécutif UMP de l’Assemblée de Corse sont traversés par la Stratégie de Lisbonne. Président du groupe communiste, je suis amer de constater que les autres groupes de l’Assemblée en restent à une vision comptable des fonds européens. Les différents votes émis sur les politiques sectorielles (développement touristique, formation professionnelle, aménagement du territoire, culture…) sont imprégnés de cette stratégie.
Autre exemple. L’exécutif régional a découpé la Corse en neuf territoires au périmètre ne correspondant en rien aux réalités humaines. Cette manière de faire est fondée sur le principe de la concurrence libre et non faussée entre les territoires.
Pour ceux qui nous dirigent, le tourisme est la vocation essentielle de la Corse. Il est appelé industrie à haute valeur ajoutée. Or en Corse, il n’y a plus de gens de condition modeste ou des couches moyennes qui peuvent acheter 2000 m pour construire au bord de mer. Et ceux qui viennent ont pris l’habitude de dresser des murs pour nous empêcher de voir la Méditerranée. C’est un tourisme de classe.


Le PADDUC (plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) est-il également imprégné des orientations européennes ?

Nous sommes la seule région à disposer de ce pouvoir. Mais il est écrit (page 28 du nouveau document) : « les orientations du PADDUC sont en phase avec celles que l’Union européenne a défini pour « l’objectif compétitivité et emploi » dont relève la Corse depuis 2007 et qui font de la compétition et de l’attractivité régionale deux axes prioritaires que nous soutenons ».
La stratégie de Lisbonne est donc bien au cœur du PADDUC. Or ce document reprend l’ensemble des délibérations phares de l’exécutif UMP. A savoir une nouvelle politique touristique pour la création d’hôtels de luxe; le financement de golfs car la Corse, dit le texte, doit être une des premières destinations golfiques d’Europe. Nous sommes les seuls à avoir votés contre ces choix. Comme nous avons refusé les orientations en matière de formation professionnelle où, à 14 ans, on envoie les gosses en contrat d’apprentissage. Ou encore la politique culturelle qui ne fait rien pour la création vivante.


La Corse est donc l'une des premières victimes des poliiques libérales européennes et françaises?

Quelle que soit la spécificité de l’île, et même si on chante ici en langue corse, le libéralisme impulsé par l’Europe et Nicolas Sarkozy fait les mêmes dégâts à Marseille qu’à Sartène. Dans le microcosme corse, ils sec trompent ceux qui considèrent que le libéralisme ne traverse pas la Méditerranée.
Avec la stratégie de Lisbonne, on va assister au développement de certains endroits du bord de mer, où les copains et les coquins s’amusent à faire du fric, alors que la désertification de l’intérieur va s’accélérer.
A cette fracture territoriale s’ajoute la fracture sociale. Il faut savoir que la Corse possède le PIB par habitant le plus faible de France, qu’elle est championne de la précarité, que 29% des ménages sont allocataires des minima sociaux. Mais aussi que les contribuables qui paient l’impôt sur la fortunes sont passés en quelques années de 200 à 2070.


  • Quel serait le rôle d’un eurodéputé corse ?

Il n’est pas vrai que la priorité d’un eurodéputé serait d’aller à Strasbourg pour négocier le statut d’autonomie interne en dépassant le cadre national qui reste, pour moi, le cadre de référence.
Les Corses ont pu vérifier la malfaisance des déréglementations européennes sur le transport maritime à l’exemple de la SNCM. Ils veulent nous faire vivre à l’heure des low coast en attaquant les services publics.


Votre dernier message ?


PROPOS RECUEILLIS
PAR CHRISTIAN DIGNE



Il faut donner un carton rouge à ceux qui nous dirigent à Bruxelles, à Paris et à Ajaccio pour changer fondamentalement de politique et construire une Europe sociale, de justice et de progrès.
http://www.lamarseillaise.fr/politique/la-corse-malade-de-l-europe-lib-rale.html
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Tag(s) : #Elections européennes 2009
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