De l'utilité du vote et le vote utile !
Patrick Le Hyaric
Décidément, la préparation des élections européennes aura été du grand art antidémocratique. Depuis le début, les
opérations de diversions politiques et médiatiques se succèdent jour après jour, aux dépens de l'indispensable ébat sur la nature de l'Europe de demain, à construire. Il est 'ailleurs cocasse
de constater que les mêmes grands médias, qui font semblant de pleurnicher sur une prétendue non mobilisation aux européennes, refusent d'organiser le moindre débat
public.
les candidats du Front de gauche sont les vrais candidats anticrise.
les seuls à agir à la fois dans la rue et au Parlement européen contre les directives ultralibérales.
Ainsi, après avoir foulé au pied le vote des électrices et des électeurs français et néerlandais qui ont refusé le projet de constitution européenne, celui des Irlandais qui ont rejeté sa copie conforme, le traité de Lisbonne, les tenants du pouvoir national et européen veulent surtout pas que les peuples s'engagent et votent en faveur des listes comme celle du Front de gauche pour une véritable Europe sociale, solidaire, écologiste, féministe.
Ils veulent étouffer dans les urnes les aspirations populaires, les urgences sociales et écologiques et les grandes mobilisations populaires. Or l'abstention revient à laisser la dragée haute à l'utradroite et à l'extrême droite, au MEDEF et à l'Europe du capitalisme en crise. Pis. L'un des objectifs vise à camoufler, avant les élections, les nouvelles graves décisions qui se préparent pour l'après 7 juin. De nouvelles attaques contre le pouvoir d'achat, la tentative de passer en force aux retraites par capitalisation, comme le propose un texte européen. Et pour combler les caisses dégarnies de l'État par les cadeaux aux plus riches, avec le bouclier fiscal et l'argent donné aux banquiers, le gouvernement a préparé le retour d'une nouvelle taxe: la vignette automobile. Évidemment, cela se fera comme toujours au nom de ... l'environnement!
Par ailleurs, la Commission européenne prépare ce qu'elle appelle « des lignes directrices » à partir des plans de sauvetage d'entreprises en difficulté. Elle veut forcer les entreprises qui en ont bénéficié à décider de plans de «restructuration ». C'est-à-dire de nouveaux plans de licenciements. Le Conseil européen reprend l'offensive contre ce qu'il appelle les «déficits excessifs ». Et pour cela, il demande d'amplifier les «réformes structurelles ». C'est-à-dire un pas supplémentaire dans l'attaque contre l'école, les hôpitaux, les transports, la Sécurité sociale et les retraites. En fait, si on ne change pas de politique, tout ira plus mal demain. Voilà ce qu'on vous cache. D'ailleurs, depuis
quelques jours, le pouvoir de droite reprend, une nouvelle fois, les thèses de l'extrême droite sur l'immigration et1a sécurité.
Or c'est à l'insécurité sociale galopante à laquelle il faut apporter des réponses avec un solide bouclier social, pour l'augmentation salaires, l'éradication du chômage, la rénovation, la démocratisation et l'élargissement des services publics.
L'enjeu du vote le 7 juin est là. En ce sens, les candidats du Front de gauche sont les vrais candidats anticrise, antidroite. Les candidats d'une alternative neuve en Europe et en France. Oui, anticrise, parce qu'ils sont les seuls à agir à la fois dans la rue et dans l'enceinte du Parlement européen contre les directives ultralibérales et à désapprouver les traités de Maastricht et de Lisbonne. Là, se situent l'utilité et l'efficacité de leur vote au Parlement européen. De plus en plus d'électrices et d'électeurs de gauche, qu'ils soient communistes, socialistes, altermondialistes, écologistes, antiracistes, s'apprêtent à utiliser le bulletin Front de gauche parce qu'ils ne veulent plus de ce double langage où, pendant une campagne électorale, des candidats leur déversent des tonnes de promesses alors qu'une fois élus ils votent la quasi-totalité des directives ultralibérales, antisociales, antidémocratiques. Ajoutons que tout ce beau monde répète à l'envi le mot« Europe », alors que, le 26-mars dernier, les droites européennes, le Parti socialiste européen et le groupe écologiste ont voté ensemble un texte ayant valeur de directive pour un marché unique entre l'Europe et les États-Unis. Ils baptisent cela le «marché transatlantique », qui aboutira à mettre nos économies en concurrence avec un dollar faible, qui conduira à du chômage dans l'industrie et l'agriculture, et nous obligera à manger du bœuf aux hormones et du poulet, traité à la javel. Nous ne pouvons que rejeter de tels actes communs.
À l'opposé de cette tambouille politique et pour offrir l'alternative qui manque aujourd'hui en France et en Europe, a été créé le Front unitaire de la gauche du changement. Avec le Parti communiste, le Parti de gauche, la Gauche unitaire, République et Socialisme, le Mouvement d'éducation populaire, des milliers de syndicalistes, de créateurs, d'intellectuels. C'est la seule chose neuve et moderne créée depuis des décennies dans notre pays. Il vise à permettre à celles et ceux qui veulent sortir des politiques ultralibérales de peser en faveur d'une Europe sociale, démocratique, solidaire, une Europe des peuples et pour les peuples.
Le vote Front de gauche est donc un vote utile pour soi-même et pour changer d'Europe. C'est un vote utile pour éviter la bipolarisation politique et cette alliance entre une partie de la gauche et une partie de la droite du Modem. C'est le seul vote utile à gauche parce que, plus il sera fort le 7 juin, plus il permettra de créer une force transformatrice à gauche, pour ouvrir une perspective politique neuve.
C'est l'intérêt de toute la gauche, de toutes les électrices et électeurs de gauche. Ce ne sont pas les médias qui ouvriront ce débat. Comme pour le référendum de 2005, c'est la chaîne humaine progressiste qui se construit autour du Front de gauche qui permettra de changer le rapport de forces en faveur d'une nouvelle Europe au service des peuples, et non plus au service du capital, et d'une nouvelle gauche utile et combative.
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