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Assemblée nationale : La droite fuit le débat sur l'emploi !

PCF et PG ont présenté jeudi trois propositions de loi visant à instaure de mesures d’urgence. Mais la majorité présidentielle a refermé immédiatement la discussion.




30 mai 2009

Même triturés, même optimisés par la communication de Christine Lagarde, les chiffres publiés hier soir par le ministère de l’Emploi révèlent les profondes conséquences de la crise. Sur l’emploi. Et les dispositifs « d’ampleur » annoncés à grands renforts d’effets de caméras, pour l’instant n’ont pas influé sur la tendance.

Alors faute d’une vraie politique de relance, le ministère de l’emploi continue de jouer sur des artifices de calculs qui permettent tout juste de réduire l’impact médiatique. L’affaire est d’ailleurs fort bien rodée, en ne fournissant ses calculs que sur la seule catégories A, minimise l’ampleur des dégâts constatés. Mais si l’on cumule toutes les catégories enregistrées à Pôle emploi, le chômage s’élevait fin avril à 3,57 millions de personnes, en hausse de 16, 2% sur un an.

Une nouvelle fois, donc le gouvernement et sa majorité ont préféré la manipulation des chiffres à une véritable politique de l’emploi. C’est d’autant plus flagrant que jeudi à l’Assemblée nationale trois propositions de loi présentées par des élus communistes et du Parti de la gauche donnait la possibilité à la représentation nationale d’ouvrir en grand le débat du chantier de l’emploi et des solutions politique pour combattre les effets de la crise. La première examinée présentée jeudi matin vise à prendre des mesures urgentes en faveur de l’emploi, la justice sociale et l’emploi.

Un droit d’opposition aux projets de suppressions


Le texte prévoit l’interdiction des licenciements dans les entreprises « où rien ne le justifie ». Il propose que les salariés disposent d’un droit d’opposition aux projets de suppressions d’emploi, et prévoit l’augmentation immédiate du Smic à 1600 euros bruts mensuels. Au chapitre des mesures d’urgence encore, la suppression des allégements de cotisations sociales patronales en l’absence d’accords salariaux dans une entreprise.

Dans l’après-midi, deux autres propositions de loi ont été présentes. L’une portait sur le statut de la société privée européenne et les services sociaux d’intérêt général dans l’Union européenne, avec la volonté d’engager la France dans un combat pour une Europe qui respecte les services publics.

Le dernier texte visait à un meilleur partage des richesses. Le texte préconise la suppression du bouclier fiscal, des stock-options, des paradis fiscaux et l’encadrement des salaires des dirigeants d’entreprise.

Ces trois propositions de loi auraient pu fournir un débat de haut niveau sur les politiques à mettre en oeuvre pour sortir de la crise. Gouvernement et majorité parlementaire l’ont voulu autrement. Ainsi la commission des loi avait déjà rejeté l’essentiel la totalité des textes, interdisant du même coup un vote article par article. Du coup un vote solennel qui se déroulera mardi 2 juin va permettre à l’UMP et au Nouveau centre, qui avaient d’ailleurs largement déserté les bancs de l’hémicycle jeudi, de repousser les textes sans avoir à les discuter.

Un refus de la majorité au nom de la liberté de licencier

Bien sûr, les membres du gouvernement ont rejeté catégoriquement les propositions sans autre forme de discussion. Ainsi, a-t-on vu Laurent Wauquier trancher sur un ton péremptoire : « Je reconnais le vrai travail de fond accompli par les députés (du PCF et du Parti de la gauche), mais nous ne sommes pas d’accord ! » Et sans autre forme d’explication, le ministre de l’Emploi s’est retranché derrière « la liberté de licencier » ( !)

Idem pour, Hervé Novelli (Commerce et PME) qui s’est montré hostiles à tous les articles sur le partage des richesses. Le ministre du Commerce et des PME a aussi repoussé « l’idée d’interdire aux banques d’exercer leur activité dans les paradis fiscaux. Nous avons choisi une autre méthode ( .. )pas une philosophie de contrainte ».

Effectivement, les salariés victimes de plans sociaux qui se succèdent à un rythme inquiétant auront pu remarquer que le gouvernement n’avait pas l’intention de contraindre les grandes entreprises à une autre politique sociale et d’emploi. Et pour cause !

Michel Allione (La Marseillaise, le 30 mai 2009)


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Tag(s) : #Politique
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