L’UMP s’acharne contre le repos dominical !

La droite repart à l’assaut du droit au repos dominical. Alors qu’elle avait été contrainte de retirer un précédent projet en décembre dernier devant l’ampleur de l’opposition qu’il avait suscitée, jusque dans ses propres rangs, l’UMP a déposé un nouveau texte lundi à l’Assemblée, en vue d’un examen par les députés en juillet. L’objectif reste le même. Il s’agit de donner satisfaction à une poignée de grandes enseignes, d’abord en légalisant les entorses à la loi qu’elles imposent dans quelques grandes zones commerciales comme Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône).
Au-delà, le projet présenté par le député UMP Richard Mallié prévoit des dérogations au repos du dimanche dans les communes et zones touristiques et thermales pour « tout type de commerce ». Ainsi que dans de grandes agglomérations définies comme « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » où existent des « usages de consommation de fin de semaine ». Sont concernées des « unités urbaines de plus d’un million d’habitants », c’est-à-dire, selon Richard Mallié, les agglomérations de Paris, Aix-Marseille et Lille, Lyon étant exclue car « il n’existe pas d’usage de consommation le samedi et le dimanche à Lyon ». Ces dérogations ne s’appliqueraient pas aux grandes surfaces alimentaires. Une fois encore, l’argument selon lequel le travail du dimanche serait réservé aux salariés « volontaires » est avancé. Les entreprises pourront réclamer une dérogation « si et seulement s’il y a un accord avec les partenaires sociaux fixant les contreparties pour les salariés ». À défaut, les employeurs pourraient gagner le droit de contourner la loi en organisant un référendum. Les contreparties « seront nécessairement un doublement de salaire et un repos compensateur ».
Il n’est « pas question de généraliser le travail du dimanche », prétendait hier le ministre Brice Hortefeux, en arguant que les dérogations envisagées seraient « utiles parce que ça peut créer ou préserver des emplois : de 5 000 à 10 000 selon certaines estimations ». En vérité, nombre d’études démontrent qu’une extension du travail du dimanche détruirait des emplois, comme le rappelle la CFTC tout en rejetant comme « intellectuellement pas soutenable » l’invocation du volontariat, « quand le contrat de travail est un contrat de subordination ». Pour la centrale syndicale chrétienne, « échanger » les « temps de vie familiaux, personnels, associatifs, spirituels » contre « une marchandisation accrue de la société est non seulement un marché de dupes mais également une vision d’un autre siècle de ce que peut être une France dynamique et inventive ».
Quand au soi-disant coup de pouce à la consommation que permettrait l’ouverture le dimanche, cela ne « tient pas la route ! » déclare la CGT commerce. « C’est bien par des actions en faveur du pouvoir d’achat que la consommation peut se maintenir et être relancée. Quand on a 100 euros à dépenser, on n’en a pas 150 ! », note le syndicat, en ajoutant le « retrait » du projet Mallié aux objectifs des mobilisations unitaires du 26 mai et du 13 juin.
Yves Housson
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