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Météo France : Avis de fermeture sur le centre de Toulon !

Article paru dans La Marseillaise du lundi 11 mai 2009


 

Depuis les années 90, le centre météo de Toulon ne cesse de perdre du personnel. BRUNO ISOLDA
Depuis les années 90, le centre météo de Toulon ne cesse de perdre du personnel. BRUNO ISOLDA
Météo France. Le centre départemental de la Mitre devrait fermer ses portes à l’horizon 2014-2015. Les salariés dénoncent une dégradation assurée du service rendu au public.

 


« You don't need a weather man To know which way the wind blows », chantait Bob Dylan en 1965. Et pourtant… La citation pourrait très bien se décliner à Toulon où le ciel se couvre du côté de la colline de Pibady avec l’annonce de la fermeture du centre météo de la Mitre. Un funeste projet qui entre dans le cadre du nouveau plan stratégique de l’établissement public : passé les centres départementaux d'ici à 2017 de 108 à 55 implantations avec au passage la suppression de 500 postes. Rien que ça. La révision des politiques publiques suit son cours faisant toujours autant de dégâts. Et cet « objectif » a été décidé le 28 novembre dernier par le conseil d’administration de Météo France, au grand dam des syndicats et des personnels qui se mobilisent contre le projet, synonyme d’une forte dégradation du service rendu au public.


Réduire les budgets


Dans sa réponse au rapport annuel de la Cour des Comptes, le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo souligne que d’ores et déjà « la diminution de 131 emplois sur la période 2009-2011 a été décidée », avec un départ sur deux à la retraite qui ne serait pas remplacé. Et comme de nombreux centres départementaux, celui de Toulon se retrouve sur la sellette même si l’activité, elle, ne baisse pas. « Pour l’instant, nous sommes dans le plus grand flou. On nous a juste annoncé que l’antenne serait fermée à l’horizon 2014-2015 au profit d’un redéploiement territorial », explique Jean-Louis Dourches, responsable CGT locale. Pour l’instant deux centres fermeraient effectivement (en Corse et dans les Bouches-du-Rhône). De son côté, la préfecture aurait demandé officiellement le maintien de la station. « De toute manière, le seul dessein de fermer un centre météo sur deux est une volonté de faire des économies. Alors que nous vivons dans la zone la plus peuplée et que les besoins de prévisions précises sont nombreux, que les citoyens n’ont pas été consultés sur ce sujet, seuls les centres d’Aix, Montpellier et Nice seraient conservés, avec trois autres centres en Corse », poursuit-il. Les salariés avaient pourtant espéré un changement de politique avec le départ du PDG, Pierre-Etienne Bisch (oui oui, le même qui a été préfet dans le Var de 2002 à 2004, qui vient d’être parachuté dans le Bas-Rhin). Nommé le 6 avril, le nouveau PDG, François Jacq, un ancien de Matignon, n’a pas remis en cause les grandes lignes du redéploiement et de la réduction des effectifs. Sur Toulon, environ six postes sont menacés. « Pour les prévisions, une personne s’en occupe en faisant des bulletins à J+1, réactualisés toutes les 3 heures, grâce aux données récupérées auprès des stations météo, 365 jours par an, et 24h/24. Nous sommes 4 pour le poste et il manque quelqu’un pour le bon fonctionnement du service. Si, cette tâche n’est plus assurée, qui préviendra la Sécurité civile comme cela a été le cas pour la tempête du 25 décembre dernier ? », s’interroge Jean-Louis Dourches.


Création d’une antenne marine ?


Un autre agent s’occupe de climatologie : « C’est lui qui élabore les statistiques du département et les redistribue au client, comme les collectivités, le ministère de la Justice ou les assureurs. Si les assureurs du département sont souvent abonnés aux bulletins, les autres nous demandent des certificats météo en cas de tempête causant des dégâts : on a eu 300 demandes lors du dernier coup de vent. Qui le fera quand le centre sera fermé ? » La question reste posée. En effet, dans la nouvelle réorganisation, les prévisions locales devraient se faire depuis Aix-en-Provence. « Mais je ne comprends pas trop ce que l’on veut ici par local. L’automatisation des prévisions est actuellement favorisée, mais sans le passage par une expertise humaine, les données sont souvent fausses, notamment à proximité de la mer », dénonce le météorologue. En contrepartie de la fermeture, on parle de la création d’une antenne marine : « Ce qui n’est pas très logique puisque celle du Levant vient d’être fermé et la Marine demande souvent l’assistance d’ingénieurs dans leurs propres stations », conclut-il. Une affaire à suivre.

G. DE SAINT VULFRAN

30 stations météo sont sous la responsabilité du centre départemental de Toulon, alors qu’elle en comptait 56 il y a peu. Ces stations peuvent être tenues par des bénévoles, mais aussi par des institutionnels : les sémaphores (Porquerolles, Cépet, Camarat), des gendarmeries (dont celle la Roquebrussanne et Sainte-Maxime), ou encore les centres de secours et d’incendie (une dizaine). La maintenance des équipements est assurée depuis 2003 par Aix.
Un budget national de 302 millions d’euros Météo-France, établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, emploie 3700 salariés. A structure constante, son budget s’est élevé en 2007 à 302,23 millions d’euros, provenant pour 54,6% de subventions de l’Etat, pour 26,2% des redevances aéronautiques et pour 15,7% de ses recettes commerciales, l’ensemble étant complété par des financements extérieurs. La réforme en cours voudrait accroître cette dernière part.
Les centres départementaux sont regroupés en 7 directions interrégionales Météo-France, dont le siège est installé à Paris depuis 1887 (mais Toulouse est en train de prendre le dessus), est représenté en métropole dans chaque département ainsi que dans chaque département ou territoire d'outre-mer. A ce jour, les centres départementaux sont regroupés en 7 directions interrégionales en métropole et 4 directions outre-mer. Près de 1200 agents travaillent actuellement à Toulouse, sur un site regroupant la Direction de la production et la Direction technique, le Centre national de recherches météorologiques et l'Ecole Nationale de la Météorologie. Les observations terrestres sont assurées par 554 stations en métropole et 44 outre-mer, 24 radars de précipitations en métropole (dont un à Collobrières) et 6 outre-mer, 3171 postes climatologiques en métropole et 298 outre-mer et 17 capteurs foudre. Pour les observations en mer : 66 navires sont sélectionnés pour les réalisées, auxquels s’ajoutent 76 bouées dont 6 bouées ancrées, 4 houlographes. Observations en altitude : 7 stations de radiosondage en métropole (Ajaccio, Bordeaux, Brest, Lyon, Nancy, Nîmes et Trappes) et 17outre-mer (notamment dans les terres australes), 2 à partir de navires (ASAP), 3 profileurs de vent. Le Centre de météorologie spatiale de Météo-France situé à Lannion (Source Météo France).

http://journal-lamarseillaise.com/var/avis-de-fermeture-sur-le-centre-de-toulon.html
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Tag(s) : #Politique
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