Le Front de gauche à l’assaut des monts d’Auvergne
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Européennes . Le PCF et le Parti de gauche mènent campagne dans l’Allier et le Puy-de-Dôme avec Marie-France Beaufils, tête de liste dans le centre.
Avec cinq sièges de députés à pourvoir sur treize départements, la circonscription électorale des régions Auvergne, Centre et Limousin aura bien du mal à faire figurer le pluralisme au
Parlement européen. Néanmoins, c’est département par département que la liste du Front de gauche conduite par la communiste Marie-France Beaufils, maire de Saint-Pierre-des-Corps, mène une
campagne de terrain pour rassembler un maximum de suffrages. En Indre-et-Loire, la dynamique unitaire est en marche et l’on fait signer un texte de soutien en préparant la réunion publique de
Saint-Pierre-des-Corps le 5 mai avec la tête de liste et Patricia Guillot, candidate du Parti de gauche. Dans le Cher, Marie-George Buffet participera le 12 mai au meeting de Vierzon. Dans le
Puy-de-Dôme, les divisions du PS contribuent au renforcement du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. « La volonté unitaire des membres de ce nouveau parti ajoutée à celle des communistes
a naturellement débouché sur une campagne électorale commune », note Germaine Cuerq, membre de la direction départementale du PCF.
Une première réunion publique tenue à Gerzat, dans la banlieue de Clermont-Ferrand, a connu un franc succès tandis
que le collectif de campagne des deux formations se réunit désormais chaque mardi soir. Des initiatives de signatures pour élargir le comité de soutien à la liste du Front de gauche ont lieu
régulièrement sur les marchés et de nombreuses réunions publiques sont programmées, la plus importante se situant le 28 mai à Clermont-Ferrand. Sans préjuger de ce que sera le vote du 7 juin
prochain, Germaine Cuerq affirme que l’on « retrouve dans le Puy-de-Dôme la dynamique qui avait porté en 2005 le "non" de gauche à la constitution
européenne ».
Des éleveurs EN COLERE
Dans l’Allier, la campagne commune repose davantage sur les épaules des militants communistes. En s’appuyant sur les « 13 propositions pour changer l’Europe et le monde » formulées
par Patrick Le Hyaric dans l’Humanité Dimanche de la première semaine d’avril, ils entendent donner un contenu européen à leur campagne alors que les conséquences néfastes de la politique
agricole commune sont douloureusement ressenties par le monde paysan, et notamment les éleveurs. « Nous voulons montrer la vocation européenne du Front de gauche par une campagne
équilibrée qui ajoute la dimension européenne des enjeux à leur dimension nationale », affirme Jean-Claude Mairal, quatrième de liste et vice-président communiste du conseil régional de la
région Auvergne.
Lors d’un débat qui a rassemblé 80 personnes le 7 avril à l’initiative du PCF dans le canton rural de
Bourbon-l’Archambault, plusieurs dirigeants de la FDSEA, dont le président Bruno Vif, étaient présents. Au cours de cette rencontre, des éleveurs ont montré à quel point les directives
européennes et les réformes successives de la politique agricole commune avaient progressivement créé une situation d’insécurité permanente dans l’agriculture en général, et dans l’élevage en
particulier. Ce qui fait dire à Alain Lognon, producteur de lait et conseiller général communiste, que « nous sommes vraiment à un tournant pour ce qui est de
l’agriculture ».
La question d’une nouvelle alliance
Lui se dit convaincu que le vote du 7 juin ne suffira pas mais estime que cette campagne pose la question d’une nouvelle alliance entre les paysans et la masse des salariés pour construire un
projet de société qui fasse reculer les inégalités. Alain Lognon sait de quoi il parle. Le lait de ses vaches lui est payé au même prix qu’en 1998 en monnaie courante. Mais des directeurs de
coopératives agricoles qui collectent le lait se font parfois des salaires mensuels de 25 000 euros, se rapprochant, eux aussi, des PDG licencieurs qui font désormais l’objet de
séquestrations.
Gérard Le Puill
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