International - Article paru le 14 avril 2009 dans l'Humanité
Mobilisation des Tamouls dans le monde !
Sri Lanka . Plusieurs manifestations ont eu lieu contre les massacres de civils. Une trêve de quarante-huit heures a été décrétée par Colombo.
La communauté tamoule immigrée s’est mobilisée ce week-end en organisant un peu partout dans le monde des manifestations pour dénoncer les massacres contre les civils qui se poursuivent au Sri
Lanka et réclamer un cessez-le-feu. On comptait 100 000 personnes à Londres, samedi. À Paris, des sit-in ont lieu depuis la semaine dernière face au mur de la paix, au bout du Champ-de-Mars.
Plusieurs jeunes Tamouls ont entamé une grève de la faim soutenus par plusieurs centaines de membres de la communauté. L’ONU estime qu’entre 100 000 et 150 000 Tamouls sont toujours pris au
piège des combats entre l’armée gouvernementale et le dernier carré de résistance des Tigres (LTTE), dans le nord-est de l’île.
Colombo les chiffre à 70 000 et accuse les Tigres de se servir des civils comme « boucliers humains ». Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est entretenu jeudi de la crise humanitaire avec le président sri lankais, Mahinda Rajapaksa, et a demandé que les civils puissent quitter les lieux de combat. En réponse, le chef de l’État a ordonné dimanche un cessez-le-feu de quarante-huit heures, à l’occasion des fêtes du nouvel an tamoul.
Ces derniers jours, les informations concernant les combats étaient particulièrement alarmantes. Selon l’armée sri lankaise, plusieurs centaines de combattants des Tigres ont été tués en moins d’une semaine. De source proche de la communauté tamoule en France, on affirmait que ces morts étaient des civils et qu’il y a avait eu usage d’armes chimiques. Ce que dément Colombo, via son ambassade à Paris.
En l’absence de toute source d’information indépendante sur le terrain, puisque la zone est interdite aux journalistes et aux organisations humanitaires, toute insertion est impossible à confirmer ou infirmer. Mais selon le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Navi Pillay, 2 800 civils tamouls ont été tués dans le conflit depuis le 20 janvier, date de l’offensive militaire.
D. B.
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