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2). Les MODES d’HEBERGEMENT

 

            Si la vieillesse n’est pas une maladie en soi, l’avancée en âge et au grand âge peuvent être porteurs des premiers symptômes de la dépendance.

        La dépendance elle-même, la maladie, le handicap ou simplement l’isolement, voire les difficultés de ressources… sont les facteurs pouvant mener à poser le problème de l’hébergement.

 

 

Le MAINTIEN à DOMICILE :


           
Il convient de partir du premier postulat : le « maintien à domicile » reste généralement la meilleure option pouvant répondre, tant au choix des personnes qu’à leur maintien dans un environnement social et de proximité naturels.

        Mais il y faut des moyens d’accompagnement : financier, social et sanitaire.

        Doivent y répondre : les Services à Domicile de diverses nature (voir rapport sur ce point par ailleurs), qui ont un coût pour peu qu’on les apprécie en terme de qualité et de qualification des intervenants.

        Sur le plan financier, l’Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA) est supposée y pourvoir pour les bénéficiaires de celle-ci, les structures associatives ou privées devant fournir les personnels nécessaires…

        Sur ces deux aspects, la carence est grande ! L’APA, gérée par les départements est loin de répondre au coût réel de son objet.

        Les structures gestionnaires des Services à Domicile, en particulier à but non lucratif, de l’Economie Sociale, sont en grande difficulté et menacées d’extinction, contrairement aux effets d’annonce du Plan BORLOO et des articles de Presse.

        Les moyens de « l’accueil de jour » lorsqu’ils existent peuvent accompagner et prolonger le Maintien à Domicile.

 

        Lorsque le Maintien à Domicile atteint ses limites, les autres modes d’hébergement peuvent être :           

                 -   les Foyers Logement,

-         les résidences accueil

-         les maisons de Retraite

-         les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD)

-         l’Hôpital, ou les établissements spécialisés (Alzheimer…)

 

Les FOYERS LOGEMENT :


           
C’est une formule mise en œuvre plus généralement par les CCAS. Dans ces établissements les personnes disposent d’un logement autonome avec libre accès aux services collectifs : repas, ménage, soins courants, blanchisserie, loisirs…

        Les résidents y conservent leurs droits au recours à leurs intervenants extérieurs : médecin, infirmière, visiteur…

        Cette formule s’attache essentiellement à assurer les éléments de vie quotidienne en terme de sécurité et à l’égard de l’isolement. Très largement insuffisante et méconnue, elle n’a pas la place à sa juste valeur dans le dispositif des modes d’hébergement.

        Les Foyers Logement sont accessibles aux ressortissants de l’Aide Sociale.

        Pour les A-M, on en dénombre  22 dont : 3 à Antibes, 4 à Cannes, 1 à Grasse et 5 à Nice ; leur avenir…précaire, n’est pas clairement défini à ce jour.

 

 

Les RESIDENCES d’Accueil :


           
Nous nous y sommes peu attachés. Elles s’adressent très généralement aux personnes à revenus élevés. Elle offrent une gamme de services et prestations assez onéreuses et sont gérées dans le cadre objectif du secteur lucratif.

        Elles sont souvent liées à des institutions ou initiatives corporatistes.

 

Les MAISONS de RETRAITE :

            Nous nous sommes attachés particulièrement à ce mode d’hébergement pour en connaître la situation dans les Alpes Maritimes.

Notre première observation, c’est l’extrême diversité de ces établissements, tant pour les qualités d’accueil et de séjour, les règles de sécurité, la qualification et les effectifs de personnel, le respect des lois et textes quant aux droits des résidents et de leurs parents, aux faits de « défauts de bien-traitance », aux gardes de nuit… et bien entendu aux tarifs pratiqués qui vont, dans les A-M, du simple au quadruple pour des prestations non en rapport !

        Nous produisons nos éléments d’observation, qui, pour être justes, ont le défaut de la globalisation et ne portent que, malheureusement peu, sur les aspects qualitatifs. La difficulté d’accès à ces éléments et leur appréciation, est due à la réticence des directions à s’ouvrir à ces études.

        Au 31 décembre 2007, on comptait 220 établissements dont 77 habilités partiellement à l’Aide Sociale, ce qui donne 11.851 lits dont 5.687 habilités à l’Aide Sociale.

        On y dénombre par ailleurs, 94 places d’accueil de jour et 3 lits d’hébergement temporaire. Entre 2006 et 2007, 14 autorisations de créations de nouveaux établissements ont été accordées…tous dans le privé à but lucratif, dont 20 % habilités à l’Aide Sociale, ce qui donne au total :

-         1.102 lits nouveaux dont 937 dans le privé à but lucratif,

-         48 places d’accueil de jour,

-         37 places d’accueil temporaire.

Il faudra créer 3.500 places dans ce type d’établissement d’accueil d’ici 2020 pour répondre aux besoins.

Dans la mesure où l’on rentre de plus en plus tard en maison de retraite, ces établissements devront être essentiellement des AHPAD fortement médicalisés. Ceci implique du personnel en nombre et suffisamment formé et qualifié. Le ratio d’encadrement est actuellement de 0,6 par personne âgée dépendante ; il devrait être rapidement porté à 0,8 et même à 1 dans les EHPAD à niveau de GIR 1 et 2, d’ici 2011 ! = Plan Solidarité Grand Âge.

En dehors du manque de place : il y a actuellement 98 places pour 1.000 personnes de plus de 75 ans dans le département contre 140 en  moyenne nationale, le problème essentiel de ces établissements d’accueil dans les A-M est leur coût élevé, pour 2008 : de 60 euros jour dans le public à plus de 180 euros dans le privé à but lucratif.

Restent les questions qualitatives qui se posent, souvent restées sans réponse :

 

 -    existe-t-il dans ces établissements une charte d’établissement, un livret d’accueil, un Conseil de résidents… pourtant conformes à la loi ?

-                 comment les nouvelles directives aux responsables d’institutions en matière de maltraitance sont elles appliquées ?

-                 existe-t-il un accueil des proches aux repas, un séjour possible des familles ?

-                 les autoévaluations préconisées par la loi sont elles réalisées ?

-                 existe-t-il une section « grands dépendants », un accompagnement des malades mentaux ou en fin de vie ?

-                 les malades « Alzheimer » font-ils l’objet d’un accompagnement spécifique pourtant lié à l’agrément de l’établissement et à l’APA perçue par celui-ci ?

-                 pratique-t-on des évaluations et des entretiens d’autonomie ? des actions de prévention du vieillissement ? Et une appréciation qualitative de ceux-ci en coopération avec la famille ?

-                 l’établissement dispose-t-il d’un médecin coordinateur (autre que par vacation épisodique !) d’animateurs, de psychologue, de kiné, d’ergothérapeute de diététicien…pourtant prévu dans leur prix de journée agréé ?

 

LES EHPAD, plus ou moins médicalisés :


     
Bien que l’on ait tendance à les assimiler aux Maisons de Retraite de par leur même type de fonctionnement, d’hébergement et d’accueil, ces établissements sont censés avoir un agrément spécifique d’accueil de personnes « dépendantes »…donc se doivent d’être « spécialisés »…ce n’est malheureusement pas le cas dans la plupart de ces établissements !

    Ce sont très généralement les familles, pour les résidents qui en ont ! qui suppléent aux carences de l’établissement.

    On y retrouve les mêmes difficultés d’accès à l’observation de par la réticence des directions !

Trop souvent la situation de « fragilisation, de déstabilisation, voire de culpabilisation » des familles, parents, conjoints y compris, les rendent peu présents à l’exercice de leurs droits à l’égard des directions.

    Les Conseils de Maison, les Conseils de Vie Sociale…inscrits dans les textes ne sont que rarement effectifs : à réunions irrégulières et sans maîtrise de leurs ordres du jour… ils deviennent dépendants du bon vouloir des directions !

Concernant les EHPAD, le Conseil Général soumet toute nouvelle autorisation de création à l'obligation d'habitation de 20% des lits à l'aide sociale, soit un tarif d'hébergement de 50 euros par jour. Pour comparaison, la moitié des personnes âgées de plus de 75 ans a un revenu disponible de l'ordre de 1 300 euros par mois et, parmi elles, 30% ont un revenu disponible de l'ordre de 1 000 euros par mois et 10% un revenu inférieur ou égal à 718 euros par mois. On est loin des déclarations de responsables départementaux affirmant vouloir ainsi créer des lits pour les plus démunis.

A noter le développement récent et tardif, nous avions beaucoup de retards en ce domaine, de l'accueil de jour et l'accueil temporaire pour Alzheimer et maladies voisines. Là encore, tous les problèmes ne sont pas réglés comme, par exemple, le transport des personnes et leur prise en charge par du personnel compétent et bien formé.

 

Le rôle des CCAS


Cinq rencontres auprès des municipalités de Grasse, St Laurent, Menton, Antibes et  Cannes, nous ont permis de parvenir à cette synthèse.

 

       Selon le degré d’implication de nos interlocuteurs dans cette structure le rôle des CCAS est plus ou moins mis en avant, mais quelques traits communs se dégagent néanmoins.

       Tous insistent sur l’importance des tâches accomplies, le dévouement des employé(e)s et la satisfaction qu’expriment les seniors par rapport à leur action.

       Dans les 5 villes les CCAS offrent ce qu’on pourrait nommer un « service de base » : aide ménagère à domicile, livraisons de plateaux repas, aide administrative (pour la confection de dossiers notamment). Au delà chaque municipalité offre tel ou tel service en complément. Cela va du très original : 2 visites annuelles au vétérinaire chaque année pour les personnes en difficultés, au très complet : aide pour les courses, le bricolage, la lessive, recensement des personnes en situation de solitude, sorties touristiques et culturelles, etc.

       Les aides financières aux personnes en difficulté, notamment pour le logement, mais pas seulement, prennent des formes extrêmement diverses, mais là plus qu’ailleurs les différences sont grandes entre les communes.

La zone d’influence de chaque CCAS devrait être mieux diffusée au sein de la population.

A noter que la ville de Nice a souhaité réunir les compétences de ses services dans un organisme unique « la maison des seniors », dont l’activité est bien sûr centrée « seniors », alors que les CCAS sont des généralistes de l’action sociale.

 

Documents – Sources

 

Rapports de la Fondation Abbé Pierre pour les années 2008 et 2009, conférence de presse du 3 février 2009,

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/index.php

 

L’Express enquête annuelle (juin 2008) sur le palmarès des départements, classement pour les seniors.

http://www.lexpress.fr/palmares/palmares-depart-ideal/fiches-departements.asp?idDep=06

 

INSEE rapport d’octobre 2007 sur les niveaux de vie       dans les régions,

INSEE rapport d’octobre 2008 sur le logement et le reste à vivre (50 pages),

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=5&ref_id=14119

 

Rapport sur l’application de la loi SRU de Patrick Lacoste du 10 mars 2008 (12 pages),

Rapport du Comité Régional de l’habitat du 2 décembre 2008 (72 pages),

Médiapart, plusieurs enquêtes sur le débat lié à la loi Boutin, au non respect de la loi SRU, dans les Alpes Maritimes.

 

Comptes rendus des entretiens avec les maires ou adjoints des villes de Menton, de Grasse, de Saint Laurent du Var et de Cannes. Synthèse des entretiens :

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-17040060.html

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-19073799.html

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-20129423.html

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-20818703.html

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-24671801.html

 

Résumé du rapport de l’INSEE d’octobre 2008 : le tableau comparatif est accablant pour le revenu des plus pauvres dans les Alpes Maritimes.

La situation du logement dans les Alpes Maritimes : Guy Muller à paraître sur le site DIRPA

 

La retraite moyenne en France : les femmes défavorisées.

Présentation des chiffres issus de la DREES de décembre 2008 : analyse de Guy Muller

 

Manuel de bonnes pratiques pour la prévention de la maltraitance en institution de l’ANESM

Présentation du rapport par Monsieur Jean Pierre Marmontelli

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-28159994.html

 

Les services à la personne.

Rapport de Paul Guerrin

 

Les vieux : nouveaux privilégiés ?

http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-26546699.html

 

 

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Tag(s) : #Retraites
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