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Intersyndicale des retraités des Alpes Maritimes

CFDT, FO, UFROS-CGT, CFTC, CFE-CGC, FGR-FP et FSU

 

Conférence de presse du 26 mars 2009

 

Notre intersyndicale des retraités 06 est la déclinaison au niveau départemental de celle qui fonctionne au niveau national.

            Sur place nous avons relayé des actions décidées nationalement comme les journées du 06/03/2008, du 22/05/2008 ou du 16/10/2008. Mais nous avons décidé de ne pas en rester là. Dans cette optique nous nous réunissons à peu près régulièrement, une fois par mois environ, afin d’échanger des informations sur l’évolution de notre système de retraite, la situation des personnes âgées dans notre département et d’initier, si possible, des actions locales.

            C’est dans ce cadre que nous avons pensé en janvier 2008 profiter de la campagne des élections municipales pour nous adresser aux candidats dans les principales villes des Alpes Maritimes. Nous avions sous estimé l’ampleur de la tâche et l’emploi du temps hyper chargé des candidats. Cela nous a amené à revoir notre démarche : après les élections nous avons sollicité une entrevue avec les maires élus afin d’examiner avec eux  les problèmes auxquels peuvent se heurter, dans leur ville, les personnes âgées : transport, faibles revenus, accès au logement, etc…, en insistant sur ce dernier point qui est crucial dans notre département, un des plus cher de France. Les entretiens se sont déroulés dans une atmosphère aussi franche que cordiale, aucune question n’a été éludée et, si les réponses ne nous ont pas toujours pleinement convaincu, les informations mais aussi les arguments des uns et des autres ont été soigneusement entendus. C’est en partie pour faire le point de tout cela que nous vous avons invités à cette conférence de presse.

            Nous tenons à remercier encore une fois les maires (ou leur collaborateur proche) qui nous ont reçus, ceux de Grasse, Cannes, Menton et Saint Laurent du Var. Nous regrettons profondément que ceux de Nice et Antibes, pourtant sollicités plusieurs fois, ne nous aient pas répondu. Il s’agit quand même des deux villes les plus peuplées et leurs maires sont des gens qui comptent à l’échelle du pays.

 

1). Pouvoir d’achat et logement en berne

Le reste à vivre après paiement du loyer et charges

Une récente publication de l’INSEE en date de décembre 2008 donne de nombreuses indications sur les revenus et sur ce qu’il en reste après déduction du coût du logement. Avec 1436 euros de revenu par ménage contre 1462 en France Métropolitaine, la Côte d’Azur ne se distingue guère de la moyenne nationale. Mais lorsque l’on examine quelle est la proportion du revenu consacré au logement par les ménages on constate que si la moyenne nationale est de 26%, elle est de 31% sur le Littoral.

Lorsque l’on approfondit l’examen en descendant dans l’échelle des ressources l’écart s’accroît encore :

 

Les ménages pauvres sont ceux qui ont un revenu disponible de moins de 817 € par mois par unité de consommation. En Paca, le revenu moyen des ménages pauvres est de 750 € par mois. Leurs dépenses de loyer sont de 260 € en moyenne, auxquelles il faut ajouter 50 € de charges. Leur taux d’effort brut est de 41,3 %. Du fait des aides au logement, perçues par 41,9 % d’entre elles, leur taux d’effort net est largement inférieur : 28 %. Cependant, une fois payées les dépenses de logement, malgré les aides au logement, il ne leur reste que 540 € disponibles en moyenne en PACA.

Sur la Côte d’Azur, le reste à vivre est un reste à survivre de 440 euros seulement, le plus faible de France car la moyenne nationale est de 590 euros..

Sur les trois zones de la région, les ménages pauvres du littoral azuréen ont le taux d’effort net le plus élevé (33,3 %), suivi de la région urbaine Marseille-Aix-en-Provence (30 %).

 

MENAGES PAUVRES

France Métropolitaine

Côte d’Azur

Revenu mensuel du ménage hors

aides au logement

770

660

Loyer ou remboursement d'emprunt

240

230

Charges (hors eau et énergie)

40

60

Proportion de bénéficiaires d'aides

au logement

42,1%

35,9%

Aides au logement (bénéficiaires)

230

200

Aides au logement (ensemble)

100

70

Effort brut

36,4%

43,9%

Effort net

23,4%

33,3%

Reste à vivre

590

440

Effectif

2 960 000

69 000

MENAGES MODESTES

 

 

Revenu mensuel du ménage hors aides au logement

1330

 

 

1320

Loyer ou remboursement d'emprunt

220

240

Charges (hors eau et énergie)

40

70

Proportion de bénéficiaires d'aides

au logement

37.3

28.4

Aides au logement (bénéficiaires)

180

180

Aides au logement (ensemble)

70

50

Effort brut

19.5%

23,5%

Effort net

14,3%

19,7%

Reste à vivre

1140

1060

Effectif

5 241 000

101 000

MENAGES PLUS AISES

 

 

Revenu mensuel du ménage hors

aides au logement

2 920

 

2890

Loyer ou remboursement d'emprunt

330

340

Charges (hors eau et énergie)

40

80

Proportion de bénéficiaires d'aides

au logement

7,9%

6,4%

Aides au logement (bénéficiaires)

160

170

Aides au logement (ensemble)

10

10

Effort brut

12,7%

14,5%

Effort net

12,3%

14,2%

Reste à vivre

2560

2480

Effectif

18 162 000

320 000

 

C’est bien l’insuffisance des revenus qui est à l’origine de la disparité avec la moyenne nationale : 660 euros contre 770.

Un reste à vivre de 440 euros c’est bien peu après un prélèvement foncier  de 33% contre 23% en moyenne nationale. C’est bien le coût du foncier qui est responsable, par l’importance de ses prélèvements, d’une importante diminution du niveau de vie des habitants de la Côte d’Azur.

Le soleil se paie très cher.

Les parlementaires (qui sont aussi maires) par leurs réponses à nos questions témoignent parfois  d’un fossé entre leur vie dans une bulle et les réalités. Après l’envoi d’une lettre de nos organisations se plaignant du projet de suppression de L’Aide Ménagère à Domicile, nous avons reçu une réponse bizarre. Le rédacteur chargé de la réponse devait bien trouver des arguments, puis les donner à signer aux parlementaires. Or ils ont laissé passer cette phrase « le gouvernement a augmenté en 2009 la possibilité de déduction fiscale pour les emplois à domicile de 12 000 à 15 000 euros par an ». Cette déduction de 50% est accordée à des personnes qui sont loin de gagner en une année le montant qui leur est proposé. Avec un minimum contributif de 632 euros par mois, les déductions proposées, absorbent plus que la totalité des retraites. Elles s’adressent de plus à une population non imposable. Comme la moyenne des retraites est de l’ordre de 1 200 euros, la réponse des parlementaires, est destinée en fait à des titulaires de revenus beaucoup plus élevés. Nos politiques vivent dans un monde heureux, où le revenu est de plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, alors que les personnes âgées que nous défendons ont, pour nombre d’entre eux, des revenus situés dans la première dizaine de mille.

 

Pouvoir d’achat des retraités : le plus faible de France

Coup sur coup, plusieurs études menées par des organismes compétents  ont sérieusement écorné l’image de notre région. Et révélé une réalité souvent méconnue : il y a des pauvres sur la Côte d’Azur, actifs et retraités, et pour eux le soleil et les palmiers ont une saveur amère. (cf. voir le document source)

Ainsi, une étude de l’INSEE publiée en 2007 montre que la Région PACA est l’une de celles affichant les taux de pauvreté les plus élevés de France et que, d’autre part, le pouvoir d’achat des retraités est l’un des plus faibles de France. Ainsi, le reste à vivre des ménages dits pauvres est de 440 euros  alors qu’il est de 590 euros dans le reste de la France. Ce reste à vivre est encore obéré par un coût de la vie plus élevé.

 

Logement et loi SRU

En cause principalement la spéculation foncière qui fait exploser les prix dans l’immobilier. Dans une étude récente publiée par l'Express, le département occupe la 94éme place sur l'ensemble des départements pour le coût du logement. Pour les revenus modestes et moyens, il est de plus en plus difficile de se loger dans les Alpes-Maritimes. Quelques chiffres montrent l’étendue et la gravité du problème :

-          En 2007, « seulement 1% de la production neuve a été dédiée à des actifs selon l’Agence Nationale de l’Habitat (logements dont le prix au mètre carré est inférieur à 3500 euros).

-          Pour les 99% restants, de 2000 à 2007, les prix ont bondi de 135%.

-          Conséquence : 70% des logements neufs sont vendus à des étrangers.

-          Au final, dans notre département, 28% des habitants ont un taux d’effort (part des revenus consacrés au logement) de plus de 40% contre 19,5% en France.

Quant au maigre parc social, il subit malgré lui les hausses du privé : personne ne veut le quitter. « Du coup, et en dépit de l’offre nouvelle, il y a chaque année moins d’opportunités d’intégrer ce parc » explique M. Philippe OLIVIEIRO, Directeur de l’Association Régionale des organismes HLM. Ainsi, d'après une étude du Secours catholique, 8,7% des personnes sont logées en HLM alors que la proportion est de 37% pour le reste de la France.

Les retraités sont soumis aux mêmes conditions que les actifs aggravées par la perte de revenu au moment du passage à la retraite. De plus, lors du décès du conjoint, le loyer plus les charges rendent difficiles le maintien dans les lieux du conjoint survivant.

De ce fait, les personnes en logement précaire ou sans domicile fixe sont deux fois plus nombreuses dans les Alpes-Maritimes et parmi elles, le nombre des 60 ans et plus a doublé depuis 2002 (Secours catholique). Des maires reconnaissent même que des personnes qui ont travaillé toute leur vie sur la Côte d’Azur ne peuvent s’y loger une fois à la retraite.

La plupart des communes du département ne respectent pas la loi SRU et certaines essaient même de la contourner comme le montre une étude Médiapart. Ainsi, « plutôt que de construire du logement très social, elles construisent des PLS, des logements dits sociaux certes, mais que ne peut se payer qu’une partie infime de la population » analyse Fathi BOUAROUA de la Fondation Abbé PIERRE. C’est le cas, par exemple, de La Trinité, Pégomas ou Beaulieu, l’une des villes de France où le mètre carré est le plus cher de France. D’autres, comme Nice qui se situe à moins de 51% par rapport à la loi SRU, envisagent d’imposer un quota de logements sociaux dans toute nouvelle construction d’environ 20%. Par ailleurs le maire de Nice envisage de vendre des logements sociaux à leurs locataires, ce qui peut s’avérer très néfaste en excluant des habitations à loyer contrôlé les revenus  modestes (beaucoup de familles dans le département).

D'autres communes, Menton par exemple, limiteraient la construction de logements sociaux par crainte de devenir des cités-dortoirs (les communes environnantes se moquent de la loi SRU). Menton a une part importante de sa population qui travaille à Monaco. Grasse se plaint de l'inertie des communes environnantes en matière de logement social. Et St Laurent du Var reconnaît payer une pénalité importante.

Une telle situation est souvent dénoncée par la presse locale qui se fait l’écho des difficultés rencontrées par les actifs pour se loger dans le Département. Et que dire pour nombre de retraités !!  

 

Le problème du foncier très cher a des implications également sur les tarifs des maisons de retraite ou EHPAD. Plus de 65% d’entre elles sont de statut privé à but lucratif, un taux nettement supérieur au reste de la France (40%), avec un prix de journée qui démarre à 70 euros  pour atteindre et dépasser les 100 euros/jour. Toutes les autorisations de création de nouveaux EHPAD accordées depuis 2006 l’ont été dans le privé à but lucratif. Ce qui ne les empêche pas d'avoir un taux d'encadrement qui tourne autour de 0,6 alors qu'il faudrait au vu de l'âge des résidents et d'une dépendance en augmentation constante tendre vers 0,8 à 1.

Les municipalités rencontrées sont conscientes du problème mais se déclarent bien souvent impuissantes. Et elles réagissent de façon différente et désordonnée.

 

     Ceci explique peut-être que la plupart des municipalités rencontrées se prononcent pour  le maintien à domicile. Elles justifient leur position en déclarant que  l'entrée en EHPAD entraîne une dégradation rapide de la personne âgée. De plus, l'éloignement des maisons de retraite expliquerait que nombre de résidents soient progressivement abandonnés par leur famille.

 

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Tag(s) : #Retraites
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