LE MONDE | 27.03.09 | 16h33 • Mis à jour le 27.03.09 | 16h33
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D'où une présence dans la plupart des aliments : 45 % des fruits et des légumes contiendraient ces substances chimiques, selon la dernière étude réalisée
par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ; 58,7 % des légumes ne contiennent pas de résidus, selon cette étude. Mais 7,2 %
dépassent la LMR (limite maximale de résidus), la concentration maximale de résidus de pesticides légalement tolérée. Fixé par la Commission européenne, le taux de LMR est calculé de façon
assez complexe pour chaque type de molécules. Pour les légumes, le dépassement de ces taux concerne essentiellement les poivrons, piments, tomates, poireaux, laitues et épinards. S'agissant des
fruits, 29,7 % ne contiennent pas de résidus, mais 8,5 % ne sont pas conformes, dépassant le taux de LMR. Les plus touchés sont les fraises, les mandarines et les raisins... "Plus le temps
de stockage est long, plus les produits contaminés migrent de la peau vers le fruit", explique François Veillerette, président du MDRGF. La pomme peut être contaminée jusqu'à 5 millimètres
sous la peau du fruit, ajoute-t-il.
LA VOIE ROYALE
Alors comment faire pour les éliminer ? En lavant les fruits et légumes. Il vaut mieux cuire à la vapeur qu'à l'eau. Pour les aliments comme le chou, la laitue,... il est préférable de retirer
les feuilles externes et le trognon. L'épluchage réduit beaucoup les risques, mais retire aux aliments certaines de leurs vertus nutritionnelles.
Quelles sont les alternatives ? "Manger bio reste la voie royale", selon M. Veillerette. D'autres moyens de production existent, comme l'agriculture raisonnée, ou les systèmes de production intégrés, entre l'approche conventionnelle et l'agriculture biologique. "Les producteurs de légumes se sont engagés avec l'INRA pour favoriser ces systèmes de production", indique Philippe Lucas, directeur de recherche à l'INRA.
Il y a un début de mobilisation. Le plan Ecophyto, annoncé en septembre par le ministre de l'agriculture, prévoit la réduction "si possible" de 50 % de pesticides en agriculture d'ici à 2018. Point positif, l'utilisation de pesticides a été réduite de 90 % depuis quinze ans dans les espaces verts parisiens. Certaines communes ont entamé des démarches vers le zéro pesticide.
Toutefois, les études ne cessent de montrer les liens entre pesticides et cancer, sans parler des effets sur la fertilité, le système endocrinien, explique André Cicollela, porte-parole du Réseau environnement santé (RES), qui demande un "plan environnement cancer". "Mais la voie alimentaire n'est pas la principale exposition aux pesticides", rappelle Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie à Bordeaux-I.
Sur le Web :
- www.semaine-sans-pesticides.fr ;
- www.acap.net ;
- www.mdrgf.org ;
- www.afsset.fr.
Une étude montre que l'air des crèches est pollué
L'air que respirent nos enfants est pollué, révèle une étude de l'Association santé environnement France (ASEF), présentée jeudi 26 mars. L'association a analysé pendant une semaine l'air de neuf crèches en France. Les résultats des mesures de benzène, formaldéhyde et phtalates "sont préoccupants", indique Patrice Halimi, de l'ASEF. "La pollution de l'air intérieur est un vrai sujet", a réagi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.
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