samedi 21 mars 2009 / "le Patriote"
Depuis quelques jours, un réel intérêt naît pour le « Front de gauche pour changer d’Europe ». Les succès
de réunions publiques, au Zénith à Paris le 8 mars, à Montpellier et à Marseille quelques jours avant, puis à Lille cette semaine, le montrent. Dans les Alpes Maritimes aussi ce front de gauche
intéresse. Il a fait l’objet d’échanges lors d’un Jeudi du Patriote en février, puis avec les 300 participants au banquet de la Fête du journal à Contes le 1er mars. Et, à l’initiative des
sections du PCF du bassin cannois, ce sont 150 autres personnes qui en ont débattu dimanche dernier.*
De ces premiers échanges, six idées émergent.
Trois « enfumages » à dissiper.
Ces élections au Parlement Européen « ne serviraient à rien » et le Parlement Européen « n’aurait aucun pouvoir ». Idées parfois portées par des personnes résignés à un
« A quoi bon ? », pensant l’Europe hors de portée de leur intervention. Mais aussi entretenues par ceux qui, tout à la dévotion des intérêts du patronat européen, préfèrent
l’abstention à une politisation populaire du scrutin du 7 juin. Le Parlement Européen a des pouvoirs, même si ceux-ci sont à renforcer face aux autres instances de l’Union Européenne. Il
partage, avec le Conseil Européen (les 27 gouvernements) et la Commission Européenne, un pouvoir de « codécision » des directives européennes. Or ces directives influencent
directement 80% de nos lois économiques, et donc la vie de millions de personnes. Directives hélas trop souvent connues pour leur nocivité : de « l’ouverture à la concurrence »
des services publics à celles qui favorisent le dumping social.
Savoir « qui on envoie » au Parlement Européen est, de ce fait, important. Bien qu’avec un nombre de députés modeste, l’actuel groupe de la GUE (1) au Parlement Européen a joué un rôle important en lien avec les mobilisations populaires. De la lutte contre le projet de Traité Constitutionnel en 2005, à celle contre la directive Bolkestein ; du rejet de la directive de libéralisation des activités portuaires, au blocage de celle qui veut allonger jusqu’à 65h le temps de travail hebdomadaire. Aujourd’hui la crise du capitalisme financiarisé met en cause la responsabilité des politiques libérales. En France, mais aussi en Allemagne, Irlande, Portugal, Grèce, …d’importants mouvements sociaux se développent contre les choix qui veulent faire payer aux salariés et aux peuples une crise dont ils ne sont pas responsables. Le vote du 7 juin est l’occasion de porter au Parlement Européen le plus grand nombre possible de député-e-s en phase avec ces luttes, contre les politiques condensées dans le projet de Traité de Lisbonne que les dirigeants européens veulent imposer malgré les Non français, irlandais et hollandais.
D’ailleurs les socialistes et Verts, européens et français, sentent si bien la colère monter qu’ils voudraient la
dévier vers un exutoire facile : Il suffirait de se débarrasser du « libéral Baroso », actuel Président de la Commission Européenne. Le PS français, et les Verts avec
Cohn-Bendit, relaient d’ailleurs ce troisième enfumage. Or du TCE en 2005, à l’actuel traité de Lisbonne, c’est l’implication active des Verts et des socialistes du PSE (2) qui ont permis ces
choix et ces politiques libérales. C’est bien la domination de ce duopole « libéraux-PSE » sur la politique européenne qu’il faut bousculer. Et cela, seule l’initiative politique du
Front de Gauche, qui porte des ruptures économiques et politiques avec l’ordre libéral, le permet.
Trois enjeux d’avenir
Sarkozy et les principaux dirigeants européens ne veulent rien changer ou presque à des politiques qui compriment les salaires et les droits sociaux et font exploser le chômage, tout en jouant
les sauveurs des dividendes. Pire, ils veulent même accentuer ces choix de mise en concurrence des salariés. Si trois Français sur quatre soutiennent les journées d’actions des 29 janvier et 19
mars, c’est qu’ils ressentent que cette politique accroît la crise, les injustices et les souffrances populaires. Le vote du 7 juin sera une occasion claire de sanctionner Sarkozy et les
politiques européennes.
Les luttes aux Antilles, en Europe, en France, montrent que le mouvement populaire gagne en efficacité dans l’unité. Le Front de gauche pour changer d’Europe rassemble déjà le PCF, le Parti de
Gauche, des militants issus du NPA qui choisissent le Front de gauche, et des syndicalistes, citoyens, rassemblés sans exclusive. Pour changer la donne à gauche et donner aux citoyens la
possibilité de se faire entendre et respecter, de pousser leur unité jusqu ‘au changement de politique nécessaire, le Front de gauche est une chance inédite. Le vote du 7 juin portera la
volonté, au plan politique, de cette unité populaire nouvelle.
C’est aussi pour le peuple l’occasion de construire des contenus d’exigences et de propositions pour la transformation sociale, en France et en Europe. D’une véritable sécurité d’emploi et de
formation en rupture avec le chômage et le précariat, à une modernisation et un élargissement de services publics, y compris européens dans certains domaines. De l’encouragement à un nouveau
type de développement non productiviste et écologique à un rôle enfin actif de l’Europe pour la Paix, notamment au Proche-Orient. Pour une réorientation complète de l’utilisation de l’argent en
Europe, notamment par la BCE, et l’avancée d’une réelle démocratie et de droits nouveaux pour les salariés, jusque dans l’entreprise. Des contenus allant jusqu’à un nouveau traité fondateur de
l’Union Européenne. Ces contenus sont le troisième enjeu d’avenir qui fonde la dynamique nécessaire du front de gauche.
Jean Paul Duparc
http://www.le-patriote.info/spip.php?article2719
(1) GUE-GVN : Gauche Unie Européenne intitulé du groupe présidé par Francis Wurtz
(2) PSE : Parti Socialiste Européen qui réunit les PS et partis sociaux démocrates
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