Les représentants du collectif départemental « Otan Afghanistan » hier lors de la présentation des
six heures pour la paix. photo: MIGUE MARIOTTI
Mobilisation. Un collectif organise six heures « pour la paix, la justice et la démocratie »
samedi à la faculté Saint-Charles. Prélude au contre-sommet du 3 au 5 avril à Strasbourg.
La réintégration de la France dans le haut commandement militaire de l’Alliance Atlantique (Otan), qu’elle avait quitté en 1966, et qui sera officialisée début avril lors du
sommet de Strasbourg et Kehl (Allemagne) pour les 60 ans de l’Alliance, ne peut rester l’affaire des seuls gouvernements. « C’est parce que cette réintégration se fait sans
débat démocratique que nous organisons les six heures pour la paix samedi à Marseille de 14 heures à 20 heures à la faculté Saint-Charles », explique Régine Minetti, responsable
du Mouvement de la Paix des Bouches-du-Rhône.
Plusieurs organisations rassemblées au sein du collectif « Otan Afghanistan » participent à l’événement. Coordinateur, le Mouvement de la Paix lance aussi une campagne pour
exiger un référendum. « Une telle décision ne saurait être prise sans un large débat national qui devrait déboucher sur une consultation populaire. » Pour l’heure, seul un
débat, suivi d’un vote, est programmé à l’Assemblée nationale mardi 17 mars.
« Nous sommes dans une crise financière majeure et les dépenses militaires sont le seul budget en
augmentation », note Henri Saint-Jean de Attac Marseille. Cet argent aurait pu être consacré à autre chose. »
Le collectif affirme qu’ « un monde de justice et de paix, c’est possible ». Ludovic Thomas, pour le PCF 13, rappelle que « l’Otan n’est pas une alliance pacifiste mais une
menace pour la paix et la sécurité. Nous sommes pour la retraite à 60 ans. L’heure est donc venue pour l’Otan ! »
L’UD CGT est aussi partie prenante. « Il ne peut y avoir de progrès social sans paix durable. Non
seulement nous sommes contre la réintégration mais nous sommes pour la dissolution de l’Otan qui n’a plus de raison d’être », argumente Bernard Bourdelin. « Au lieu de
construire un monde multilatéral on est en train de se noyer dans une globalité. Cette attitude n’est pas pertinente », fait remarquer Cédric Desmarais, étudiant et membre du
collectif.
Catherine Lecoq, conseillère régionale communiste, insiste sur la dimension féministe de cette
mobilisation affirmant qu’il est grand temps de « se donner les moyens de faire que les petites filles aillent à l’école ». Tandis que Charles Hoareau, pour Rouge Vifs, juge
l’initiative de samedi « fondamentale car elle donne la parole au peuple ». Et ce, au-delà des frontières, rappelle Emmanuel Semanou de l’ONG « Survie France Afrique » qui
constate que « c’est toujours le Nord qui parle à la place du Sud ». Largement ouverte, l’initiative de samedi rappellera que l’on est dans cette affaire « face à un choix de
société ».
FRANÇOISE VERNA
Samedi 14 mars, faculté Saint-Charles, de 14 à 20 heures.
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