« On a senti qu’il fallait aller plus loin »
Pourquoi la commune de Valenton accueille-t-elle ces états généraux ?
Françoise Baud. Nous sommes un peu emblématiques de la lutte. À la rentrée, l’académie a voulu supprimer un poste accordé dans le cadre de la ZEP (zone d’éducation prioritaire). Une décision
qui mobilisé la population. Avec la commune voisine de Bonneuil-sur-Marne, nous avons organisé des délégations auprès de l’inspectrice d’académie - jusqu’à cent personnes ! Nous sommes
parvenus à obtenir un débat public et, au final, le retour du poste supprimé. Nous avons ensuite organisé, le 15 novembre, un débat ouvert à toute la population sur les réformes Darcos. On a
senti qu’il fallait aller plus loin, monter d’un cran. Il y a des luttes un peu partout en France. Pourquoi ne pas essayer de s’unir pour faire avancer d’autres choix pour l’école ? De
cette volonté est née l’idée des états généraux.
Votre département est souvent cité comme un laboratoire des réformes du gouvernement…
François Baud. À chaque fois qu’il veut mettre quelque chose en place, il commence par le Val-de-Marne… Sûrement pour tester les réactions ! Le département a beaucoup d’élus progressistes
et communistes qui ont pour habitude de construire des luttes avec leur population.
Comment avez-vous géré le service minimum d’accueil dans votre commune ?
Françoise Baud. À chaque fois, le personnel communal était en grève ! On n’y a donc jamais répondu favorablement. J’ai été à deux reprises devant le tribunal administratif, sans que cela
soit suivi d’effet…
En tant que maire, sentez-vous une montée de l’inquiétude sur les questions de
l’école ?
Françoise Baud. D’une manière générale, quand on touche à l’école, on touche à ce qu’il y a de plus sensible pour les familles, notamment celles en difficultés. Depuis les réformes Darcos, la
colère s’est encore intensifiée, sur fond de crise du logement et du pouvoir d’achat. On sent une lassitude, un ras-le-bol. Les gens en ont marre de tous ces projets destructeurs et sont de
plus en plus réceptifs lorsqu’on leur explique qu’il y a d’autres choix que de donner des milliards aux banques…
Entretien réalisé par Laurent Mouloud
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