Mondialisation : les femmes sont surexploitées !
Ça aurait pu ressembler à un début de bonnes nouvelles. D’abord, le nombre de femmes occupant des emplois salariés s’accroît dans le monde. Et ensuite, au plan mondial (comme d’ailleurs pour la France) la forte montée du chômage, depuis l’explosion de la crise à la fin de l’année dernière et sur l’ensemble de 2008, a moins touché les femmes au travail que leurs équivalents masculins, selon un rapport publié hier par le Bureau international du travail (BIT).
Le rapport fait aussi ressortir d’autres éléments du problème. Pour commencer, il y a déjà, au départ, moins de femmes qui ont un emploi rémunéré. Les femmes, bien que plus nombreuses que les hommes dans la population, n’occupent que 40,5 % des quelque 3 milliards d’emplois rémunérés existant dans le monde. Elles ne sont que 18,5 % à travailler dans le secteur industriel, celui qui est aujourd’hui le plus durement frappé par la crise. Dès lors, il n’y a pas vraiment lieu de se réjouir de cette « avancée » statistique et à rebours de l’égalité des sexes dans l’emploi et du resserrement forcé, et par le bas, des taux d’emploi des deux sexes. Qui plus est, toujours selon les données du rapport du BIT, les femmes occupent bien davantage que les hommes des emplois classés dans la catégorie « vulnérable » (contrat à durée déterminée, auxiliaires, temps partiels…) : au total, les travailleuses sont à 53 % dans ce type d’emplois. Évidemment, l’inégalité des salaires est toujours présente aussi dans le tableau. « Dans la plupart des pays, note le BIT, pour le même travail, la rémunération des femmes se situe en moyenne entre 70 % et 90 % du salaire des hommes. » Et dans certaines régions du globe, c’est bien pire.
L’Organisation mondiale propose de profiter de la crise et des interventions publiques qu’elle implique pour faire
avancer l’emploi et l’égalité des salaires pour les femmes.
Rapport sur : http://www.ilo.org.
Ramine Abadie
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