« 900 expropriations ont déjà eu lieu dans le cadre d’un projet de tramway.BRUNO
ISOLDA
Transports toulonnais. L’association a mené un travail de fond dont les conclusions plaident en
faveur d’un tramway sur rails. Hubert Falco lui reproche d’être partisane.
« Agacé », « mécontent »… L’entrefilet paru dans les colonnes de notre confrère « Var Matin » décrit ainsi l’état d’esprit d’Hubert Falco à l’égard de la jeune association
Toulon@venir à qui il reproche en substance « d’avancer masquée ».
Valentin Gies, président de Toulon@venir, estime pour sa part que « cette polémique n’a aucun intérêt ». Et pour y couper court indique que « l’association est ouverte à tous
les citoyens, engagés ou non, de gauche comme de droite, qui veulent aller dans le bon sens pour Toulon ». Pour les membres de l’association, il importe ainsi de recentrer le
débat « sur le fond » et de limiter la confrontation à celle des arguments. Un courrier en ce sens a d’ailleurs été adressé à Hubert Falco. Le maire de Toulon et président de
TPM y est notamment invité à « comparer dans la plus grande transparence, études à l’appui » les deux projets aujourd’hui en présence (lire aussi ci-dessous). Plaidant sans
ambiguïté pour le tram’ sur rails, Valentin Gies rappelle que « trois solutions » ont été envisagées dans le dossier du transport en commun en site propre (TCSP) : « Tout
d’abord, celle votée à l’unanimité du SITCAT en 1998 préconisant le tramway sur rails et par la suite validée par TPM. Or, en 2007 Hubert Falco change d’avis, sans toutefois de
délibération de TPM, et parle d’un tramway sur pneus. Un an plus tard, il abandonne ce projet et se prononce pour un bus à haut niveau de service (BHNS, ndlr) ». Des revirements
qui, pour l’heure, demeurent des positions personnelles de l’élu puisqu’ils n’ont été validés par aucune assemblée.
« Avec le BHNS, 40% des voyageurs
resteront à quai »
Les déclarations, via la presse, d’Hubert Falco interpellent donc tant sur la forme que sur le fond.
« Notre association a étudié le dossier en profondeur », précise Valentin Gies. Un coup d’œil au rapport de synthèse présenté par Toulon@venir permet en effet de s’en convaincre
: que l’on partage ou pas les conclusions de l’association, difficile de nier qu’elles sont fondées sur des arguments étayés et chiffrés. Valentin Gies explique : « Le choix du
BNHS permettra au maximum le transport de 2 500 voyageurs par heure et par sens, alors que le tramway sur rails en compterait 6000. En 2006, le Réseau Mistral en recensait 3000
et une projection du PDU (plan de déplacements urbains, ndlr) en prévoit 3900 après la mise en service du TCSP ». Autrement dit : « 40% des voyageurs de Toulon vont rester sur
le quai ». Toujours en s’appuyant sur les données du rapport de synthèse, il ajoute que, contrairement à ce que prétend Hubert Falco, le tram’ sur rails ne s’avèrera pas plus
cher pour le contribuable et considère qu’en termes de rentabilité économique, il constitue la solution la plus intéressante. « Dans toutes les villes qui ont fait ce choix
(plus d’une vingtaine au total, ndlr), ça marche, ça change l’image de la commune et c’est rentable », insiste-t-il. Valentin Gies pointe en outre le volet juridique du dossier
: « Tous les documents officiels ont été déposés pour un tramway sur rails. S’il y a une modification majeure, il faudra tout reprendre dès le départ. 900 expropriations ont
déjà eu lieu dans le cadre d’un projet de tramway. Une expropriation est un acte grave. Que vont penser les personnes concernées si elles voient passer un bus ? ». Après une
première réunion publique, fin janvier, à laquelle ont participé quelque 300 personnes, l’association se déclare aujourd’hui disponible pour présenter ses études aux
associations et organisations politiques qui le souhaitent. Toulon@venir entend poursuivre la mission qu’elle s’est fixée – à savoir « informer le plus objectivement possible
les citoyens sur les grands dossiers de l’aire toulonnaise » –, sur le TCSP mais également sur d’autres chantiers tels que la rénovation du centre ancien, l’université, le port…
Hubert Falco n’a vraisemblablement pas fini d’être « agacé ».
AGNES MASSEI
1975 est l’année au cours de laquelle paraît la circulaire Marcel Cavaillet (secrétaire d’Etat aux
Transports), qui préconise la réhabilitation du tramway pour huit villes dont Toulon. Plus de trente ans plus tard, toujours pas de tramway et un projet remis en
cause.
270 personnes environ ont participé à la première réunion publique organisée par Toulon@venir le 26
janvier dernier. Depuis, l’association a enregistré plus de 2000 téléchargements du rapport de synthèse. Pour se le procurer : www.toulonavenir.com
Lettre à Hubert Falco
« […] Cette étude [sur le TCSP, ndlr] a été présentée lors d’une conférence-débat à laquelle vous et vos collaborateurs étaient invités le 26 janvier dernier. Nous regrettons
qu’aucun responsable de TPM ne soit venu débattre.
Pour notre part et c’est notre souci majeur, nous voulons en rester sur le fond : pourquoi ne pas comparer dans la plus grande transparence, études à l’appui, les arguments qui
nous conduisent aujourd’hui à des choix différents. Cela pourrait se faire sous la forme d’un débat en présence de médias locaux, ce que nous vous proposons par la présente.
Seul l’intérêt des citoyens serait l’objectif de ce débat ».
http://journal-lamarseillaise.com/content/view/15104/46/
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