Selon le préfet, l’un des atouts du département réside dans l’importance du secteur de la Défense, un des piliers de l’économie varoise. ARCHIVES B.I.
Crise. Malgré la sérénité affichée par le représentant de l’Etat, le département pourrait
connaître des secousses plus rudes que prévu.
Il y a quelques mois, le monde de l’entreprise et les représentants de l’Etat affichaient volontiers
leur sérénité pour évoquer la situation économique du Var. Certes, chacun reconnaissait que le département n’échapperait pas la crise. Mais ce dernier était mieux armé que
d’autres pour y résister. Trois explications étaient avancées pour justifier cet optimisme. Tout d’abord, l’importance du secteur de la Défense, un des piliers de l’économie
varoise, dont les carnets de commande ne sont pas directement soumis à la conjoncture internationale. Deuxième atout du département, la prépondérance du tourisme. Un secteur qui
sortait d’une saison particulièrement réussie et qui avait donc le temps de voir venir. Enfin, la structure du tissu économique local, constitué à plus de 90% de très petites
entreprises (TPE), devait également préserver le Var des secousses les plus rudes. Aujourd’hui pourtant, des menaces se font jour sur chacun de ces atouts présumés. Ainsi, le
secteur de la Défense risque-t-il d’être touché de plein fouet par le plan Morin. De nombreux emplois, directs et indirects, pourraient passer à la trappe dans le département.
Les petites entreprises ne semblent pas non plus à l’abri. Certes, leur activité est effectivement davantage déconnectée de la conjoncture internationale. Mais faiblement
capitalisées dans le Var, elles restent à la merci des desiderata des banques pour surmonter le moindre problème de trésorerie. Or, les établissements bancaires ne jouent pas
toujours le jeu, comme n’a pas manqué de le souligner le préfet du Var (lire ci-contre). D’autre part, si le département n’abrite pas de grandes entreprises, ce qui peut
apparaître comme un avantage dans le contexte actuel, la crise pourrait ne pas épargner la sous-traitance de ces grands groupes. Et le Var risque alors de se retrouver en
première ligne. Reste enfin le secteur du tourisme. Là encore, le préfet continue d’afficher son optimisme en soulignant que les réservations pour l’été prochain sont en
augmentation de 5%. Une analyse de la situation qui ne corrobore pas tout à fait celle qu’avaient livrée quelques jours plus tôt les professionnels de la Chambre de commerce et
d’industrie du Var (CCIV) (lire page suivante).
SERGE PAYRAU
Le préfet parie sur le plan de
relance
Si l’on en croit le préfet du Var Jacques Laisné, le plan de relance mis en œuvre par le gouvernement aura déjà permis d’obtenir des résultats positifs dans le département. « Le
dernier trimestre 2008 a vu la mise en place de la médiation du crédit afin d’éviter l’asphyxie de l’économie par une raréfaction du crédit : l’objectif est atteint. Nous avons
aussi mobilisé les services de l’emploi pour mettre en place des contrats aidés. Le Var est le seul département de Paca à avoir réalisé 100 de ses objectifs au niveau de leur
contractualisation », assure ainsi le représentant de l’Etat. Un optimisme sans faille affiché de façon systématique depuis le début de la crise qu’il convient toutefois de
tempérer. Tout d’abord, parce que les banques, pourtant grassement renflouées par l’Etat, ne jouent pas toujours le jeu. Le préfet n’a d’ailleurs pas manqué de les mettre en
garde. « On constate une frilosité que l’on juge excessive de la part des agences bancaires qui arrêtent d’accorder des facilités de découvert à des PME. Pour quelques milliers
d’euros, les banquiers risquent ainsi de précipiter une crise que l’on pourrait éviter », déplore le représentant de l’Etat. L’autre part, la multiplication des contrats aidés
risque de ne masquer que provisoirement des difficultés plus profondes sur le marché de l’emploi. Car comme l’a souligné Daniel Ract-Mugnero, de la Direction départementale du
travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, il ne s’agit là que de « contrats de transition ». Leur effet sur le taux de chômage dans le département sera donc
forcément limité dans le temps. Mais le préfet du Var continue d’afficher sa sérénité. Il fonde en effet de grands espoirs sur le plan de relance qui va continuer à être décliné
dans le département. L’économie locale va notamment bénéficier d’investissements publics pour un montant de 41 millions d’euros, dont 37,4 pour la Défense. Les autres opérations
concernent la culture (cathédrale et amphithéâtre de Fréjus pour 1,08 million d’euros), les cités administratives (220 000 euros) ou encore la sous-préfecture de Draguignan (144
000 euros). Un plan auquel s’ajoutent les programmes budgétaires d’investissement des ministères. A titre d’exemple on peut citer les reconstructions des commissariats de police
de Hyères et Draguignan (17 millions d’euros) qui doivent commencer en 2009, pour le ministère de l’Intérieur, ou les études nécessaires à la réhabilitation de la Grande jetée
de la rade de Toulon (0,5 million d’euros) pour le secrétariat d’Etat à l’Aménagement du territoire. Des mesures fiscales doivent également apporter des facilités financières
aux entreprises. Enfin, des aides incitatives doivent contribuer au maintien des investissements des collectivités locales. Reste à savoir si ces mesures porteront leurs fruits
dans le département.
S.P.
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