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Parti de la gauche européenne : Pour des ruptures politiques et économiques !



vendredi 27 février 2009 / "le Patriote"



Dans son introduction Christine Mendelsohn rappelait en quelques mots ce qu’est le Parti de la gauche européenne et le rôle des députés au Parlement Européen.

« Le PCF a décidé en 2004 de s’associer avec 29 autres partis de l’UE, et au delà, afin de lutter ensemble à l’intérieur de l’Europe pour des ruptures avec le capitaliste. Ce sont des partis communistes de l’Ouest et de l’Est, ou issus des familles socialistes (Die Linke), trotskistes (Synaspismos et bloc Portugal), et écologiques (rouge vert Nordique). Le PGE est le seul parti européen à avoir dit non à la constitution européenne en 2005 et non au traité de Lisbonne en 2007. Et nous avons travaillé à une alternative aux politiques libérales : la plateforme du PGE ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord pour changer d’Europe. » (1) Sur le rôle actuel des Parlementaires européens. Christine Mendelsohn rappelait que « Les Parlementaires européens n’ont pas l’initiative législative, comme nous le demandons, mais ils ont un pouvoir législatif sur les questions économiques et sociales en co-décisions avec le conseil européen composé de nos 27 chefs d’Etat. (…) Ces lois passent ensuite par les Parlements nationaux. Nos députés européens qui sont rassemblés dans le groupe qui s’appelle la Gauche unitaire (GUE) sont souvent les seuls à s’opposer à toutes ces politiques libérales qui mettent le droit du capital au-dessus du droit du monde du travail ». Prenant des exemples elle ajoute « Ils ont réussi à faire rejeter la directive portuaire en s’appuyant sur un mouvement qui a rassemblé tous les professionnels des ports, et le 16 décembre dernier, ils ont bloqué la demande de nous faire travailler jusqu’à 65h par semaine ». Elle rappellera enfin que les députés européens « ont un pouvoir de co-décision sur le budget européen, la ratification de nouvelles adhésions à l’UE et sur la nomination du président de la commission ». Ajoutant « vous voyez que la BCE est tenue à l’écart de toute contrôle politique. » Evoquant le traité de Lisbonne, elle indique « Le PS nous le renvoie en permanence comme un argument : si on avait voté pour le traité de Lisbonne, les députés auraient plus de pouvoir. Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est que ce pouvoir est à l’intérieur des politiques écrites dans les traités, c’est-à-dire des politiques libérales. Nous ne pouvons accepter le traité de Lisbonne car c’est une étape qui synthétise les traités antérieurs, les figent, et leur donne une structure politique. » Face à la crise « Qu’avons-nous en commun, nous tous, citoyens européens et du monde entier, qui n’avons pour vivre que notre force de travail à vendre ? Ce que nous avons en commun, c’est un patronat qui veut tirer des bénéfices (…) et qui transfèrent les risques sur les travailleurs. ». A partir de cette interpellation Christine Mendelsohn évoque les « 4 outils » utilisés pour l’adaptation à la mondialisation capitaliste : la dérégulation des contrats de travail, la baisse du coût du travail et la mise en concurrence des travailleurs, le dumping fiscal et les délocalisations y compris à l’intérieur de l’UE, une baisse des protections sociales et la destruction des services publics sous la pression du pacte de stabilité et de la BCE. Résultat : « dans l’UE, la part des salaires dans le PIB a chuté en 13 ans de 8,6% pour être transféré au capital. Concrètement, cela veut dire que 40 % de la population européenne est dans la précarité et les premiers touchés sont les femmes, les jeunes et les immigrés. » Face à l’accélération de la crise financière, elle soulignera l’insuffisance de la réaction européenne « chaque pays a juste sauvé ses banques pour les remettre en concurrence entre elles ». Les choix européens sont marqués d’un double refus : refus de la question sociale et refus de réorienter tous les financements « vers des investissements sociaux, écologiques et créateurs d’emplois décents ». Elle ajoute citant notamment la Hongrie « Pour les pays hors de la zone euro la situation est plus grave encore car leur monnaie menace de s’effondrer » Pour des ruptures Elle revient sur deux des ruptures essentielles voulues par le PCF et les 29 formations regroupées dans le PGE :
 « L’arrêt de la dictature du pacte de stabilité afin de retrouver des marges politiques pour d’autres choix sociaux et d’éco-développement ». Un choix en phase avec les luttes sociales, en France comme en Europe,avec en Allemagne le 28 mars, « au moment du G20 une manif qui va être importante aura pour mot d’ordre « Fermer le casino ».
 « Une Banque Centrale, (à démocratiquement contrôler), qui doit baisser ses taux de façon sélective, -sinon c’est un encouragement à la spéculation financière- pour le soutien à l’emploi, au développement social et écologique ». « Avec ces deux ruptures, un processus peut s’engager pour que la politique prenne le pas sur l’économique et retrouver la possibilité de faire des choix » Christine Mendelsohn développera les choix politiques proposés par le PGE pour des changements dans l’économie. Contre la mise en concurrence des travailleurs et les délocalisations. Pour la mise en place de pôles publics bancaires et pour un salaire minimum dans chaque pays européen, égal à 60% du salaire médian national. Pour « reprendre de l’argent sur le capital » fiscalement et sur les transactions financières. Elle développera également le volet démocratique de ces propositions économiques, « le droit d’intervention des salariés dans les gestions des entreprises. Les salariés et les citoyens pourront alors dire leurs mots sur ce qui est nécessaire de produire et comment le produire au regard de l’état de la planète. » Le sort de l’Ecole « Est-ce que l’école en Europe porte encore le projet d’émancipation humaine ? » C’est un deuxième aspect marquant de l’introduction de Christine Mendelsohn. Elle évoquera ici la libéralisation des services à plusieurs niveaux. Au niveau mondial, 1e janvier 1995, au sein de l’OMC, il y a l’accord de l’AGCS (accord général sur le commerce et les services) qui prévoit privatisation et mise en concurrence. Au niveau national, chaque Etat en Europe a changé de mission (…). Avant, sous la pression de leur population, ils essayaient de répondre en parti aux besoins d’une société pour vivre ensemble. Aujourd’hui, les états répondent aux besoins de la rentabilité. Déréglementation, marchandisation et ordre : tout cela à l’intérieur du pacte de stabilité. Au niveau européen, les chefs d’Etat ont mis en place la stratégie de Lisbonne qui décide en 2000 de faire de l’Europe l’économie de la connaissance « la plus compétitive du monde ». « La question du niveau de connaissance de la jeunesse européenne est transférée, selon les pays, en tout ou partie, au secteur privé. Conséquence, partout en Europe des élèves, des parents et des enseignants dénoncent une école à deux vitesses : enseignement minimum pour une grande majorité et formation d’élite pour un petit nombre : le modèle étasunien remplace le nôtre ». Christine Mendelsohn citera ici les luttes en cours en France contre des projets dont les axes ont déjà été « utilisés dans les autres pays : la purge de l’enseignement public en Autriche a été caricaturale ». Elle montrera la convergence des actions des étudiants au Portugal, en Italie, en France, en Belgique, en Espagne et en Allemagne. Et bien sur en Grèce. « La victoire en France contre le CPE de 2006 a marqué les esprits en Europe, en particulier en Grèce en 2007 où ils ont utilisé cette méthode dans leur lutte contre les privatisations des facultés, bataille qu’ils ont en partie gagné. Et, réciproquement, Sarkozy a dû reporte sa réforme du système éducatif suite à la révolte des jeunes Grecs en décembre 2008 ». Voici ce que dit le parti grec Synaspismos (PGE) sur ces émeutes : « la jeunesse en Grèce nous a rappelé de manière soudaine et brutale, que le droit de rêver n’est pas un luxe inutile, mais un élément inhérent à toute société qui veut rester vivante, qui veut chercher à vivre une vie meilleure que celles vécues par les générations précédentes. » Donc nous, progressistes qui nous battons dans l’Europe, nous voulons un changement et un droit : « Un changement : Nous voulons que les services publics reprennent leurs activités données aux secteurs marchands, car les flux financiers à court terme sont incompatibles avec le développement humain et la protection de la nature. Les services publics peuvent être de compétences d’Etats comme l’enseignement, d’autres doivent être menés en coopération entre Etats comme la recherche fondamentale, d’autres doivent être à l’échelle européenne, comme le transport et l’énergie. Un droit : Nous voulons le droit à une pensée libre. La mondialisation capitaliste a uniformisé les corps et les esprits. Nous voulons des espaces de démocratie publique, de contre-pouvoir, le droit à la grève, à la liberté de la presse, à l’accès pour tous aux connaissances et au développement tout au long de notre vie. Christine Mendelsohn conclura : Les libéraux sont obligés de supprimer de plus en plus de liberté pour continuer à diriger. Donc changeons et changeons ensemble. »

(1) cette plate forme est consultable sur le site du Pcf www.pcf.fr ; interrogée sur l’absence de certains partis communistes du PGE, notamment les partis portugais et grec, Christine Mendelsohn a répondu que bien sur et le groupe GUE du parlement européen et le PGE travaillaient avec ces forces, qui restent en dehors du PGE par désaccord avec le concept même d’Union Européenne.

http://www.le-patriote.info/spip.php?article2668

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Tag(s) : #Politique
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