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Dans les départements du Sud, la motivation reste vive, sous différentes formes selon les
vacances, pour le retrait du projet Pecresse.
Tour d’horizon de la journée d’hier dans les différents départements du Sud, pas tous au même
rythme des vacances scolaires.
Effervescence à Avignon
Beaucoup d’effervescence sur le campus d’Avignon, hier. Dans la matinée, le
principe de la grève et du blocage de la fac a été reconduit à la grande majorité, suite à une assemblée générale réunissant quelque sept cents personnes dans l’amphi 2.
Puis, à 14 heures, le mot d’ordre national a été fortement suivi par plus de mille enseignants chercheurs, étudiants, personnels techniques et administratifs
et même lycéens qui ont manifesté bruyamment dans la cité papale pour réclamer l’abrogation de la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU). Une loi qui « créera
des inégalités cruciales entre petites et grandes universités ».
Rentrée des rues à
Montpellier
Dans l’Hérault, les vacances n’ont pas eu raison de la mobilisation. Quelques
jours après la rentrée, les étudiants, enseignants et personnels des universités montpelliéraines ont repris le chemin de la rue. Ils étaient 1 500 (750 selon la police) hier
après-midi à arpenter la ville du Peyrou à la préfecture pour protester contre « le démantèlement organisé du service public d’éducation ». Autant dire que les dernières
déclarations de Valérie Pécresse n’ont pas convaincu et les profs se désespèrent de se faire entendre : « La suppression des postes, cela faisait partie de nos revendications,
mais il y a également tout le reste, la masterisation des formations d’enseignants, la mise en concurrence des universités, contre lesquelles nous nous battons », rappelle
Pascale.
Tous veulent un retrait total des textes et la mise en place de véritables négociations pour mettre au point « les vraies réformes nécessaires ». Les
étudiants et les stagiaires de l’IUFM, également de la partie, restent soudés autour de leurs professeurs. Même s’ils étaient, hier, moins nombreux qu’à l’accoutumée, les jeunes
sont bien décidés à poursuivre le mouvement. Les AG se multiplient depuis le début de la semaine à Montpellier 1 et 2 ainsi que les actions hors les murs pour sensibiliser
l’opinion publique à leur combat.
A
Nîmes, rien de neuf !
Malgré le fait que Manon Hébrard, de la faculté Vauban de Nîmes, soit devenue une
des six porte-parole du mouvement étudiant au niveau national, les choses ne bougent pas trop dans la cité des Antonin. Aucune manifestation prévue mais les revendications
restent à l’ordre du jour. « Nous essayons de créer une émulation autour des manifestations qui ont lieu dans les grandes villes françaises mais ce n’est pas facile. Les Nîmois
sont un peu frileux », confiait la nouvelle porte-parole. En accord avec la coordination nationale, les étudiants nîmois devraient suivre les grandes décisions qui seront prises
dans les jours à venir par cette même coordination.
A
Marseille, la distribution de tracts a remplacé la manif
A Marseille, la manif a tourné au cafouillage hier. Comme les semaines
précédentes, le rendez-vous était prévu à 14 heures sur les marches de la gare Saint-Charles.
Sur place, quelques blouses blanches « luminyennes » s’attroupent. Une banderole trône au milieu d’une cinquantaine d’étudiants et enseignants chercheurs.
Malgré le message inscrit sur le calicot, en l’occurrence « Socio en colère », les sourires restent de mise. Un policier pointe alors son nez. « Désolé. Il n’y a pas de manif.
Notre service nous a informé qu’elle était annulée », explique-t-il. Stupeur parmi les manifestants. « Il faut dire que U1 et Saint-Jérôme sont en vacances », observe une
étudiante, un brin perplexe. Qu’à cela ne tienne, une distribution de tracts s’improvise sur le parvis de la gare. On y rappelle la prochaine manif : jeudi à 14 heures, gare
Saint-Charles. « Nous restons mobilisés, insiste Laurence, maître de conférence à U1. Dès lundi, de nouvelles actions sont prévues. » Sur ce, un coup de sifflet retentit. « On
va faire un dying dans la gare », sourit un enseignant-chercheur. Le groupe se dirige soudain à quelques pas des quais, sous l’œil affolé d’un agent de sécurité. Et là, nouveau
coup de sifflet. Les manifestants s’écroulent. Des affiches sur leur dos susurrent leur message : « L’enseignement public meurt en silence ».
Étudiants et enseignants varois
maintiennent la pression
Alors que le mouvement contre loi Pécresse achève sa quatrième semaine de
mobilisation dans le Var, enseignants-chercheurs, étudiants et personnels de l’Université du Sud Toulon Var ont manifesté en faisant le tour du campus de La Garde à l’appel de
la coordination nationale. Et ce malgré la période de vacances scolaires.
Le cortège est parti de l’Institut des sciences de l’ingénieur de Toulon et du Var : dans les rangs composés de quelque deux cents personnes, on clame sa
colère contre la loi LRU et « l’université-entreprise », et plus généralement contre la « marchandisation de l’Éducation » et « la casse du service public ». Dans le
département, la grève se poursuit jusqu’au 9 mars et la coordination compte multiplier les actions dans les prochains jours.
Reportage
Marine Desseigne, Bianca Fayeton, Anthony Maurin,
Marjolaine Dihl, Pierre Machinot
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