l’Humanité des débats. Front de gauche
Un Front de gauche, pour quoi faire ?
Rappel des faits
Engagés dans un Front de gauche pour les élections européennes, le PCF et le Parti de gauche rencontrent toutes les organisations et personnalités qui ont pris part à la campagne du
« non » de gauche au référendum de 2005 sur la constitution européenne. Ils leur proposent de participer à cette construction unitaire et de l’élargir.
Les radios et les télés font silence. Les journaux bien en cour, s’ils écrivent sur le sujet, c’est à l’encre sympathique. Motus et bouche cousue,
oreilles bouchées, on regarde ailleurs. Le monde des médias (sauf l’Humanité et Politis) rejoue la partition de 2005. Mais le Front de gauche existe, bel et bien. Cela s’est fait en quelques
semaines. Le Parti communiste et le Parti de gauche ont donné le signal de départ. Et montent dans le train, contents, presque enthousiastes déjà, des citoyens et citoyennes venus des
entreprises, des écoles, des hôpitaux, des sanstravail, des sans-papiers, des citoyens qui luttent ou qui ont envie de lutter. Ils ont rempli des salles à Frontignan et à Marseille. Ils
distribuent des tracts, signent et font signer des appels, activent le bouche-à-oreille. Ils sont souvent un peu savants sur la question de l’Europe. Ils savent qui décide et comment, et les
conséquences. Ils ont fait leurs universités sur la directive Bolkestein, sur le traité constitutionnel européen. Surtout, ils savent à quoi ils s’attaquent, vers quoi ils voudraient bien
aller. Avec le mot solidarité, ils traversent l’Europe en tous sens, de la Roumanie à l’Irlande en passant par Bruxelles, de la lutte de Dacia à celle contre le traité de Lisbonne. Quand ils
crient « unité », ce n’est pas parce qu’ils sont naïfs, c’est le contraire. D’un côté, ils ne voient pas de différences insurmontables ; de l’autre, ils mesurent la force de ceux
qui sont beaucoup moins nombreux, mais qui se mettent dans la roue du capitalisme mondialisé. Quand on envisage les choses sous cet angle, et qu’on veut vraiment que ça change parce que la vie
devient décidément trop dure, trop injuste, l’unité, c’est une question de bon sens. Mais on dit aussi que l’unité est un combat. C’est vrai. Alors il faut commencer par gagner ensemble
celui-là. Mettre cartes sur table, discuter, apprendre à s’écouter, rapprocher petit à petit les points de vue, se respecter. C’est tout ce qu’on a essayé de faire dans cette table ronde de
l’Humanité.
Jacqueline Sellem
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