Le LKP reprend les négociations !
Guadeloupe . Après une première réunion jeudi, le LKP était en négociation hier avec les deux médiateurs de la République.
Pointe-à-Pitre, envoyé spécial.
En Guadeloupe, la nuit de jeudi à vendredi fut sans commune mesure avec les nuits précédentes. À Gosiers, à peine
a-t-on pu entendre quelques tirs contre les forces de l’ordre. Trois personnes interpellées. Dont un jeune homme cagoulé circulant en scooter. Rien de sérieux. Contrairement aux deux nuits
antérieures, les pompiers purent même répondre aux sollicitations de la population…
Mais en journée, changement de décor. Le LKP put de nouveau intervenir sur tous les fronts, comme chaque jour depuis le début du conflit, pour honorer les appels du collectif. En début d’après-midi, une marche a été organisée. S’ébrouant depuis le Palais de la mutualité, une longue file de plusieurs milliers de manifestants a porté haut la parole et les drapeaux des différentes organisations composant le Liyannaj kont pwofitasyon. Cette marche devait rappeler aux Guadeloupéens les dates tristes de leur histoire, mais aussi signifier à tous ceux en qui doutent encore à quel point la motivation des Guadeloupéens reste intacte et se renforce même. Pierre Laurent, coordinateur national du Parti communiste français, qui a longuement discuté avec le leader de LKP, Élie Domota, a fait la marche aux côtés des membres du collectif, jugeant ainsi de l’adhésion des Guadeloupéens au LKP, nullement démentie depuis un mois de grèves et de rassemblements…
À 16 heures ce même jour, une foule tout aussi compacte a accompagné le LKP aux affaires maritimes pour rencontrer les médiateurs de la République flanqués du préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges. Après la réunion, qui a duré près d’une heure et demie, Élie Domota a annoncé la reprise des discussions, officiellement interrompues depuis une bonne semaine. Cependant, le porte-parole du mouvement social a aussitôt fait savoir que les propositions ne correspondaient pas à ce que le LKP attendait. « On nous propose des miettes, dans ces conditions il n’est pas question qu’on accepte », a lancé Élie Domota à la foule. Avant d’ajouter : « Ces propositions sont très floues. On est d’accord pour négocier mais notre base reste toujours la même. Mais demain nous débuterons les négociations. Toujours dans le même esprit : celui de trouver des solutions sur la base du document négocié dans la nuit du 7 au 8 février. »
Élie Damota évoque évidemment le fameux accord servant de référence au LKP, que le gouvernement conteste avoir signé… À la sortie de la réunion, Jean-Louis Nomertin, membre du collectif et secrétaire général de la CGTG, ne mâchait pas ses mots : « Sarkozy n’a rien dit, il n’y a strictement rien dans ce document. » Les manifestants ont alors entonné leur chanson fétiche : « La gwadloup cé tan nou, la gwadloup cé pa ta yo… » (la Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux). Puis, toujours menée par le service de sécurité du LKP, la foule a repris le chemin du Palais de la mutualité, sachant qu’elle reviendrait le lendemain « icitte » pour un nouveau baroud d’honneur avec son leader. « Ensemble nous luttons, ensemble nous vaincrons… »
Peu avant, le chef de l’État annonçait un effort de 580 millions d’euros pour les DOM, dont une bonne partie sous la
forme d’une majoration du revenu de solidarité active (RSA) dans les DOM. Une mesure concernant 45 000 Guadeloupéens…
Fernand Nouvet
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