La colère s’amplifie encore dans les amphis !
Universités . La quatrième coordination nationale a durci le ton hier. Elle a voté un texte réclamant une nouvelle loi et l’abrogation de la LRU.
Dans un silence total, debout, les délégués de la 4e coordination nationale des universités réunie hier à Nanterre ont commencé par rendre hommage à ce syndicaliste guadeloupéen mort il y a
quelques jours. Une minute de silence lourde de sens lorsqu’on sait l’ampleur d’une grève qu’enseignants-chercheurs, administratifs et étudiants se préparaient à reconduire. Jusqu’ici, hormis
la nomination d’une médiatrice et la promesse de réécriture d’un nouveau décret, le gouvernement a fait la sourde oreille. Une des modératrices dresse un bilan sans appel des réactions du
gouvernement : « Qu’avons-nous obtenu ? Insultes grossières, déclarations provocantes et pitoyables, mépris et mesures dilatoires qui ne répondent pas au bloc de nos
revendications. »
Après trois semaines de grève active, le mouvement se trouve à un tournant crucial. Faut-il se radicaliser ? Faut-il développer les convergences avec le primaire et le secondaire ? Poussée par les étudiants et les personnels Biatoss, la coordination est appelée à durcir ses positions. Michel Bernard, professeur à Paris-III, va droit au but : « Nous allons entamer notre quatrième semaine de mobilisation. En face, nous avons obstination et surdité de Khmers bleus de l’ultralibéralisme. Il faut éviter le piège des concessions… »
D’autres comme Catherine de Lille-III, Ari de Lyon-I ou Alexandre de l’université de Toulon posent la question qui trotte dans toutes les têtes : faut-il ou non demander l’abrogation de la loi LRU ? De cette décision semble dépendre la redynamisation du mouvement. Pour Ismaël, étudiant, il y a urgence à passer à la vitesse supérieure. Occupant de la Sorbonne, dans la nuit de jeudi à vendredi, avec 250 autres étudiants, il explique ce blocage : « Nous avons écrit un appel avant d’être délogés pour dire notre opposition à la marchandisation de tous les secteurs de la société. Nous appelons l’ensemble de la population à bloquer et occuper les lieux de pouvoir, les axes de circulation des marchandises. Il est nécessaire aujourd’hui d’unir les luttes et de suivre l’exemple de la Grèce et de la Guadeloupe, c’est la seule manière de faire reculer les gouvernements. »
Très applaudi par l’assemblée générale, son analyse est partagée par d’autres étudiants, comme Julien, pour qui le blocage effectif des universités est
incontournable : « Si les cours ont lieu comme d’habitude, comment mobiliser les étudiants ? Même si vous ne voulez pas nous pénaliser, à un moment, il faut être clair. Alors,
sortez et faites cours dans la rue. » Un universitaire de Strasbourg prend la parole : « Dans une vingtaine d’universités, la LRU est entrée en vigueur le 1er janvier 2009. Elles
sont aux premières loges de l’autonomie : sous-traitance des services et casse progressive du statut de fonctionnaire. Il faut appeler au retrait des réformes. Maintenant, il faut appeler
à l’occupation et durcir la grève. »
Ixchel Delaporte
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