Ripostes tous azimuts contre la loi Bachelot !

Santé . Le projet de loi est aujourd’hui contesté de toutes parts. Une dizaine de syndicats appellent à une journée d’action le 5 mars prochain.
Ils deviennent rares les professionnels de santé qui ne sont pas entrés en guerre contre le projet de loi Bachelot. Hier, une dizaine de syndicats de personnels (CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SUD) et
de médecins hospitaliers (AMUF, CPH, INPH, SNPHAR) ont réaffirmé leur hostilité à ce texte actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, lors d’une conférence de presse organisée
symboliquement aux abords du Palais-Bourbon. « La loi Hôpital, patients, santé, territoires remet totalement en cause les valeurs du service public », a insisté, en guise
d’introduction, Nadine Prigent, secrétaire générale de la fédération santé de la CGT, avant d’appeler à une journée de mobilisation le 5 mars prochain. « Alors que la loi ne sera pas
encore votée, ce sera une première étape de mobilisation avant la journée interprofessionnelle du 19 mars », a-t-elle précisé. « Nous appelons tous les personnels à organiser des
assemblées générales dans chaque établissement afin de fixer les modalités d’action (manifestations, grèves) et de faire le lien entre les luttes »,
a détaillé Jean-Marie Sala, de la fédération SUD santé sociaux.
Absence de moyens supplémentaires pour l’hôpital, dégradation des conditions de travail, pénurie de personnel, désertification médicale… Tous ont, les uns après les autres, dénoncé les
conséquences de la libéralisation du système de santé. « Les personnels sont dans une grande difficulté d’exercice parce qu’ils ne sont pas assez nombreux, et si on ne donne pas plus de
moyens à l’hôpital, c’est 30 000 à 40 000 emplois qui vont être supprimés d’ici à 2012 », a estimé Didier Bernus, secrétaire général de FO santé. « Les personnels sont usés et parfois
même précarisés tandis que les usagers subissent de plus en plus des dépassements d’honoraires », a surenchéri Jean-Claude Lartigue, de la CFTC, tandis que Daniel Bonté, de la CFE-CGC, a
évoqué « la colère » et « l’écoeurement » des
personnels.
Un « projet consternant »
De son côté, Pierre Faraggi, président de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) qui avec l’INPH
représente 80 % des 40 000 médecins hospitaliers, a souligné que « faire rentrer l’hôpital dans un processus de libéralisation coûtera encore plus cher ». L’incontournable
président de l’Association d’urgentistes (AMUF), Patrick Pelloux, a parlé d’un « projet consternant », « aucune réforme ne pouvant se faire sans moyens ». Et de souligner
que « c’est l’ensemble des usagers qui doivent être concernés par ce projet de loi ». « Il faut que les citoyens prennent conscience que demain, avec ce projet, ils ne pourront
plus être soignés correctement », a imploré une syndicaliste CFTC de l’AP-HP.
Alerter les usagers, c’est aussi l’angle d’attaque choisi par les médecins libéraux qui ont, à leur tour, sorti la grosse artillerie face à la loi Bachelot. Depuis hier, le Centre national des
professions libérales de santé (CNPS) a lancé une campagne de communication contre le projet de loi à destination du grand public. Le but : « Inciter les Français à réagir et à saisir
leurs élus (…) pendant l’examen du projet de loi pour qu’ils pèsent bien les conséquences directes de cette réforme (…) sur l’avenir de notre système de santé. » Flanqués d’un slogan
alarmiste, « Attention danger, le gouvernement sacrifie la santé », ils accusent le gouvernement de « mettre en danger la santé des Français », « qui plus est en
période de crise ».
Alexandra Chaignon
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