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Politique - Article paru le 6 février 2009 dans l'Humanité

 

Un président à l’oreille très sélective !



Sourd aux revendications des syndicats unis, le chef de l’État satisfait tous les desiderata de Laurence Parisot et ses amis depuis belle lurette.

Facilités, souplesses, allégements… Mme Parisot, qui n’en a jamais assez, en redemande aujourd’hui, sous la forme notamment de nouvelles remises en cause du droit de licenciement. Elle aurait tort de se priver. Quand les huit syndicats de salariés, unis, soutenus par une mobilisation exceptionnelle du monde du travail, peinent à obtenir un premier geste concret, significatif, du chef de l’État en direction de leur plate-forme revendicative, la présidente du MEDEF, elle, est pratiquement servie avant même d’avoir passé commande.

En 2008, avant que la crise économique n’éclate, le patronat avait déjà gagné plusieurs fois le gros lot : liberté accrue de supprimer des emplois avec l’introduction dans la loi de la « rupture conventionnelle » du contrat de travail (de gré à gré) ; mise à mort des 35 heures avec la « réforme du temps de travail » ; pleins pouvoirs à la grande distribution, avec la « loi de modernisation de l’économie »… Depuis l’automne dernier, le krach financier et la récession ont été l’occasion pour Mme Parisot et ses amis de toucher de nouveaux cadeaux. Ce fut l’exonération « définitive » de taxe professionnelle sur les nouveaux investissements, la suppression de charge pour les embauches dans les petites entreprises…

Quant au plan de relance décidé par Sarkozy, la patronne des patrons ne tarit pas d’éloges, et pour cause : celui-ci vaut aux banques et grands groupes de palper des milliards d’euros d’aides publiques, sans dispositions pour s’assurer que cette manne sert bien à investir et protéger l’emploi, et non à gaver les actionnaires. Au regard de quoi le « code éthique », réclamé à grands cris par Sarkozy et adopté par le MEDEF, interdisant les « parachutes dorés », fait figure de plaisanterie.

Toute la pédagogie déployée hier soir par le showman de l’Élysée n’efface pas cette réalité : entre les salariés victimes de la crise d’un côté et les dirigeants et actionnaires qui en sont largement responsables de l’autre, il a choisi son camp.


Yves Housson

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Tag(s) : #Politique
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