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Médias - Article paru le 24 janvier 2009 dans l'Humanité

 

Distribution de la presse : l’une des conditions du pluralisme !



La loi Bichet assure aux journaux une égalité de traitement dans la diffusion. Son éventuelle remise en question serait catastrophique.


En lançant les états généraux de la presse, le 2 octobre, Nicolas Sarkozy n’avait pas mâché ses mots. « Comme beaucoup d’entre vous, je pense que la distribution est le premier problème de la presse papier », avait-il dit. Et il s’interrogeait « sur la portée de l’article 1er de la loi Bichet, selon lequel "la diffusion de la presse imprimée est libre", quand cette loi n’offre en réalité aucune flexibilité » ?

Le 8 janvier, lors de la remise du livre vert à Christine Albanel, ministre de la Culture, Arnaud de Puyfontaine jugeait que « la loi Bichet de 1947 est devenue un alibi collectif plutôt qu’un instrument au service des éditeurs ». Pour autant, le pôle Processus industriel qu’il présidait a considéré « que supprimer la loi Bichet pour lui substituer un cadre de droit commun n’est pas souhaitable » et il a proposé, entre autres réformes, de « permettre (dans certains cas - NDLR) aux éditeurs de se distribuer en dehors du cadre des messageries ».

Soit une libéralisation du système et le risque d’éclatement du système coopératif. Francis Morel, président du syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) et directeur général du Figaro, commentant les conclusions du livre vert, a rappelé que « toute la profession vit sur un certain nombre de collaborations (entre familles de presse). La distribution, par exemple, n’existe que parce que toute la presse est distribuée en même temps ». Le « Collectif des éditeurs de presse indépendants », qui regroupe notamment les éditeurs d’UFC-Que choisir ou du magazine Gault-Millau, s’est élevé contre les propositions du livre vert des états généraux de la presse limitant le nombre de titres proposés par certains vendeurs de journaux. En clair, les distributeurs peuvent choisir les titres qu’ils proposent dans les points de vente. Un sale coup pour le pluralisme.

La FILPAC CGT considère même qu’il s’agit d’« un arrêt de mort pour ceux qui manquent de moyens ». Le SNJ CGT relève de son côté que « le pôle Processus industriel préconise de s’en remettre aux seules lois du marché en remettant en cause la loi Bichet, assurant aux journaux une égalité de traitement dans la diffusion » et s’appuie sur cette formule de Bernard Spitz, délégué général aux états généraux de la presse : « Faut-il sauver le soldat Bichet ? », évoquant même un « embourbement du système ».

Claude Baudry

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Tag(s) : #Médias
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