Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

International - Article paru le 19 janvier 2009 dans l'humanité

Gaza : Paris et les Occidentaux se rangent aux conditions imposées par Israël !

Au sommet de Charm el-Cheikh, Nicolas Sarkozy s’est félicité du cessez-le-feu. Mais ni sanctions ni obligations pour Tel-Aviv.

Le président égyptien Hosni Moubarak et son homologue français Nicolas Sarkozy, qui coprésident le sommet international de Charm el-Cheikh (1), destiné à consolider le cessez-le-feu à Gaza, n’ont pas manqué d’afficher leur satisfaction hier après qu’Israël a décrété samedi un cessez-le-feu unilatéral ne laissant d’autre possibilité que la négociation à ses conditions. Comme priorité figure l’arrêt du trafic d’armes. Le Hamas a appelé à son tour hier à l’arrêt des combats, donnant toutefois une semaine aux forces israéliennes pour quitter Gaza. Sollicitée par la Russie, la Syrie n’est peut-être pas étrangère à la décision du Hamas puisque c’est de Damas que le mouvement islamiste a fait connaître sa position.

Il n’en fallait pas plus pour que Nicolas Sarkozy affiche une satisfaction mesurée. « Il y a 15 jours on n’en était pas là (…). Il y a aujourd’hui sur la table deux déclarations, unilatérales certes, mais deux déclarations de cessez-le-feu : celle des Israéliens et celle du Hamas », a-t-il déclaré. « Les armes doivent se taire. Ce n’est que le commencement (…). Il faut maintenant consolider le cessez-le-feu » et « il faut poursuivre et accélérer, pour aboutir à la création de deux États, un État palestinien vivant aux côtés d’un État israélien qui a le droit à la sécurité », a-t-il poursuivi. Avant de suggérer une « grande conférence pour la paix durable dans les toutes prochaines semaines ».

Ehud Olmert avait obtenu des assurances américaines sur un arrêt de la contrebande d’armes vers le territoire palestinien. Un accord en ce sens a été signé entre Condoleezza Rice et Tzipi Livni. Nicolas Sarkozy s’est rallié à la mise en oeuvre de cette option. « Nous sommes un certain nombre de pays à avoir proposé (…) de mettre à la disposition d’Israël comme de l’Égypte tous les moyens techniques, diplomatiques ou militaires, notamment navals, pour aider à la fin de la contrebande des armes », a-t-il souligné. Et de conclure : « Nous allons nous rendre en Israël maintenant, pour dire à Israël que nous sommes à ses côtés pour assurer son droit à la sécurité, mais qu’il faut maintenant qu’Israël indique clairement que si les tirs de roquettes s’arrêtent, l’armée israélienne doit quitter Gaza. Car il n’y a pas d’autre solution pour la paix. »

En l’occurrence, dans son intervention annonçant un cessez-le-feu unilatéral, le premier ministre israélien Ehud Olmert ne dit pas autre chose quand il a assuré que « si le Hamas arrête totalement ses attaques » il jugera « à quel moment » Israël quittera « la bande de Gaza », laissant dans le flou un calendrier de retrait des militaires de ce territoire. De son côté Barak Obama, qui doit prendre ses fonctions à compter de demain, espère « une trêve durable » et a promis de s’exprimer sur le sujet dès son investiture.

Le moins qu’on puisse dire est que hormis la proposition d’une conférence régionale, le plan franco-égyptien discuté à Charm el-Cheikh ne contient aucune mesure contraignante pour Israël. Ce dernier, fort d’avoir imposé un cessez-le-feu unilatéral négocié à Washington et avec son soutien, ne peut qu’être satisfait de ce qui a été décidé dans la station balnéaire égyptienne.

Ehud Olmert peut même estimer que le plan franco-égyptien, qui comporte un contrôle sous supervision internationale du trafic d’armes, va dans le sens souhaité par Israël. On devrait avoir d’autres précisions aujourd’hui sur le contenu de l’accord conclu. Nicolas Sarkozy et les dirigeants européens qui l’accompagnaient sont en effet attendus en Israël où le premier ministre Ehud Olmert les a conviés à un dîner.

L’Autorité palestinienne est quelque peu dans l’embarras. Officiellement, depuis le 9 janvier, date d’expiration de son mandat, Mahmoud Abbas n’en est plus le président, et cela même si certaines dispositions constitutionnelles lui permettent de rester en fonction. Ensuite, aux yeux de nombreux Palestiniens, il a commis deux fautes : la première, c’est de ne pas s’être rendu à Gaza au tout début des bombardements israéliens pour manifester sa solidarité avec la population assiégée. La seconde, celle d’avoir boycotté le sommet de Doha, laissant la vedette au seul Hamas de parler au nom des Palestiniens et laissant passer l’occasion d’une réconciliation avec son « frère ennemi ». Et il n’est pas certain que sa présence au sommet de Charm el-Cheikh soit bien perçue par les Palestiniens, qui lui reprochent une certaine mollesse à l’endroit d’Israël. Autrement dit : en agressant Gaza, Israël a fragilisé plus que jamais Mahmoud Abbas.

(1) Y assistaient les dirigeants de six pays européens (Allemagne, France, Espagne, Italie, Royaume-Uni et République tchèque - qui préside actuellement l’Union européenne) ainsi que ceux de la Turquie, de la Jordanie et le président Mahmoud Abbas.

Hassane Zerrouky

Publicité
Tag(s) : #Monde
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :