Sarkozy au Brésil en Père Noël de l’industrie de l’armement !
Brasilia . La dernière visite du chef de l’État français comme président de l’UE doit renforcer les partenariats économiques avec le géant latino-américain. de juteux contrats en perspective.
C’est affublé d’une double casquette que Nicolas Sarkozy entame, aujourd’hui, à Rio de Janeiro, au Brésil, une visite officielle de deux jours qui se prolongera par un séjour privé dans ce pays
continent de l’Amérique latine. Le chef de l’État français débutera ses rencontres officielles en qualité de président du Conseil européen, lors d’un mini-sommet Brésil-UE, en présence du
président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso. Puis, mardi, à l’issue d’une rencontre bilatérale avec son homologue brésilien, Luis Inacio Lula da Silva, il devrait offrir à
la France de juteux contrats dans le domaine de l’armement, entre autres.
Le Brésil , une nouvelle puissance
Dernière prestation officielle de la présidence française, le 2e sommet entre l’UE et le Brésil (le premier avait eu lieu en 2007 à Lisbonne) abordera les sujets brûlants de l’actualité :
la crise financière, le réchauffement climatique, dix jours après la 14e conférence du climat et alors que Bruxelles défend l’adoption d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de
serre par les pays émergents. Sera également abordée la question de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU au moment où le Brésil, soutenu par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni,
revendique un siège permanent. L’épineux dossier des négociations agricoles devrait aussi occupé une place de choix dans les discussions à l’heure où les négociations pour l’adoption du fameux
cycle de Doha de l’OMC sont plongées dans un état de coma végétatif…
Ce dernier tour de piste de la présidence française revêt donc une grande importance pour Paris et Bruxelles. Ces dernières années, Brasilia a acquis la stature de puissance économique
incontournable, en occupant une place de choix sur la scène internationale. Invité du super sommet du G20 sur la crise financière aux États-Unis, le Brésil est devenu l’ami dont on ne peut se
passer, notamment, dans le cadre des négociations à l’OMC à l’heure où ce grenier du monde joue des coudes pour inonder le marché de ses exportations de viande et de céréales en développant de
manière controversée les non moins polémiques biocarburants. « Nous avons besoin d’un Brésil qui contribue à dépasser sur un plan international le risque d’une polarisation
Nord-Sud », a d’ailleurs déclaré Manuel Durao Barroso, en allusion aux négociations au sein de l’OMC. Le président de la Commission s’est toutefois gardé d’aborder de façon autre
qu’évasive la légitime frustration que suscite la mise à l’écart de la majorité des nations dans le règlement de la crise financières.
À Rio de Janeiro, toutes les parties devraient trouver leur compte à l’entente Paris-Brasilia-Bruxelles. L’Union européenne représente un quart des exportations brésiliennes tandis que le géant
latino-américain offre un marché de choix aux 27 et de possibles nouveaux accords de libre association avec ses voisins. En choyant son partenaire brésilien, désormais allié dans la région,
l’UE espère ainsi disputer le terrain de la libre concurrence occupé royalement par les États-Unis et par là même amadouer un Mercosur (marché du cône Sud où siège le Brésil, l’Argentine,
l’Uruguay, le Paraguay et le Venezuela), de plus en plus récalcitrant quant à l’asymétrie des traités commerciaux conclus jusqu’alors avec l’Europe.
D’importants contrats militaires
La réunion bilatérale prévue demain entre les deux chefs d’État devrait se conclure par d’importants contrats pour la France avec l’achat d’une cinquantaine d’hélicoptères, des commandes
militaires et civils portant sur la fabrication de sous-marins et peut-être même une vente d’avions de combat Rafale. La rencontre devrait également donner suite à un accord de coopération pour
lutter contre l’orpaillage clandestin dans la zone frontalière guyano-brésilienne, signe d’un partenariat intégral à l’heure où Brasilia donne le coup d’envoi d’une « année de la France au
Brésil ».
Cathy Ceïbe
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