Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Tribune libre - Article paru le 17 décembre 2008 dans l'Humanité

 

1848 : L’impossible révolution !



Le récit, richement illustré, des journées de février 1848 qui permirent la réapparition temporaire de la république en France.


1848, la révolution oubliée, de Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey. Éditions La Découverte, 2008, 258 pages, 39,90 euros.


« Le temps des possibles », c’est ainsi que Maurizio Gribausi et Michèle Riot-Sarcey, universitaires, qualifient l’insurrection parisienne du 22 au 24 février 1848, qui permit la réapparition en France de la république. Entre les possibles du lendemain de la révolution, ce n’est pas la république sociale qui triompha, mais seulement une république modérée, plus démocratique cependant que la monarchie de Louis-Philippe qui la précédait. Entre février, moment des conquêtes immédiates (suffrage universel masculin, droit au travail, abolition de l’esclavage), et juin 1848, une reprise en main par la bourgeoisie s’esquisse, mais elle ne triomphe vraiment qu’après la défaite de l’insurrection ouvrière parisienne de juin 1848, qui se déclencha à l’annonce de la suppression par le gouvernement des ateliers nationaux créés en février. Les ouvriers parisiens se battirent très courageusement, mais dans un isolement politique et social total. Leur défaite signifie assurément la fin de la révolution et pour les auteurs même son « amnésie ». L’ouvrage grand format présente un récit chronologique très vivant de cette période chaude de la IIe République. Il contient, sous forme d’encarts, de nombreux textes et documents contemporains, parfois inédits ou rares. Il est magnifiquement illustré. Centré sur Paris, il ne fait que quelques allusions au reste de la France. C’est un peu dommage, car une des nouveautés de 1848 réside dans une puissante nationalisation de la vie politique, opérée en particulier grâce à l’instauration du suffrage universel masculin. L’échec des ouvriers parisiens en juin est aussi le résultat de cette mutation. Faut-il conclure d’autre part, comme les auteurs le laissent penser, que la défaite de juin a préparé inexorablement le déclin et la chute de la IIe République ? L’adoption en novembre de la Constitution de 1848 et aussi, en 1849 et 1850, la formation, au plan national, d’un mouvement démocrate socialiste, qui remporta des résultats appréciables lors des législatives de mai 1849, ne manifestent-elles pas de nouveaux possibles ?

On s’acheminait vers une république conservatrice, mais dont l’évolution positive n’était pas impensable. C’est bien le renversement du régime républicain, préparé non seulement par Louis-Napoléon, mais par les manoeuvres tortueuses des royalistes, qui interdirent à la république de 1848 cette possibilité d’avenir.


Raymond Huard, historien

Publicité
Tag(s) : #Histoire
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :