Depuis dimanche, le département a enregistré beaucoup de dégâts sur le littoral, comme sur les
plages du Mourillon à Toulon. BRUNO ISOLDA
Intempéries. Des dégâts importants sont à déplorer sur le littoral. Inondations, maternelle et
camping évacués, axes de circulation coupés, panne de chaudière à l’Hôpital René Sabran…
Depuis dimanche, le Var a la tête à l’envers. La tempête qui lui est tombée dessus a causé de
nombreux dégâts. Sur les dernières 48 heures, on a enregistré 180 mm de pluie à Bormes, 130 mm à Hyères, 120 mm à Cuers et 100 mm à Toulon. Si les pluies étaient hier soir en
train de baisser d'intensité, les rivières sont sorties de leur lit. Hier depuis la cellule de crise de la préfecture, on palliait aux nombreuses inondations. A Cavalaire, 150
enfants ont été mis en sécurité par les pompiers au premier étage de leur école maternelle. A Cogolin, le préfet a demandé au responsable du collège de ne pas faire revenir les
externes après le déjeuner. Dix personnes dont une fillette de dix ans ont été hélitreuillés par un hélicoptère de la gendarmerie dans un camping inondé à Cogolin. La Giscle a
quitté son lit. La Marine a pris le relais des hélitreuillages (9 personnes isolées ont été récupérées à Bormes). L’aérodrome de La Môle a été fermé tandis que la retenue
agricole de La Verne était sur le point de déborder. Près de 300 personnes ont été évacuées dans le département où plusieurs routes étaient coupées par les inondations ou des
éboulements dont l’axe Toulon-La Seyne et des routes départementales dans le secteur de La Londe et entre Hyères et La Môle mais aussi à Néoules, Montfort, Roquebrunne,
Pierrefeu, Châteaudouble, Belgentier, Bandol… Les communes du littoral, en particulier entre Bormes et Grimaud mais aussi Saint-Rapahël, ont été touchées. Des équipes de
sauveteurs côtiers y sont intervenues, surtout avec des moyens nautiques. La caserne des sapeurs-pompiers du Lavandou a elle-même été inondée. Véhicules et personnes ont été
transférés sur celle de Bormes. Et un pont au-dessus de La Vieille s’est effondré au Lavandou, sans faire de victime. A l’hôpital René Sabran à Hyères, où la chaufferie était en
panne, les malades à évacuer ont été recensés en vue d’une évacuation. Des chauffages d’appoint envoyé de Lyon ont finalement été installés et l’eau chaude doit être remise en
service ce soir. Enfin à Brignoles, lundi, deux familles ont été hébergées dans la nuit de dimanche à lundi au Hall des Expositions. L’état de catastrophe naturelle doit être
demandé. L’état de vigilance Orange a levé hier à 15h47. La prudence aujourd’hui est toujours de mise :la décrue est lente.
G. DE SAINT VULFRAN (AVEC AFP)
Toulon : Du jamais vu au Mourillon !
Les intempéries de dimanche ont dévasté les plages toulonnaises du Mourillon. « C’était impressionnant de voir les vagues passer au-dessus de la digue. Je n’avais jamais vu ça
», témoigne Alain, employé au restaurant Le Cabanon qui travaille sur les plages depuis une quinzaine d’années. Heureusement, l’établissement a pu s’en tirer avec des dégâts
minimes. « L’eau est montée jusqu’au muret, nous a ramené quelques rochers, a déplacé des transats mais nous n’avons pas été touchés. Nous sommes exposés quand il y a du
mistral, mais là c’était du vent d’Est et la digue nous a bien protégés. » Un peu plus loin, Le Satyn’s n’a pas eu cette chance. « Les baies vitrées ont explosé. On a pris des
vagues jusqu’à la hauteur du plafond », explique Olivier Cecini, le propriétaire de ce bar restaurant avant boîte. L’établissement est fermé depuis dimanche et les dégâts sont
considérables. « La sono, placée à 2 mètres 50 des baies vitrées, a été touchée, on n’a plus d’électricité, le bar est inondé. Sur le comptoir, je ne sais pas ce qui fonctionne.
On en a pour environ 80 000 euros. » Une « sale tuile » pour celui qui a racheté l’établissement au mois d’avril. « On va faire avec, on n’a pas le choix. On va effectuer les
réparations nous-mêmes en espérant pouvoir rouvrir samedi, car si on doit fermer un week-end, ça va faire mal. » De leur côté, les services techniques de la Ville de Toulon
s’activent. Depuis lundi, 5h du matin, une quarantaine de personnes sont à pied d’œuvre avec pelleteuses et tracteurs. Une semaine et demie sera nécessaire pour remettre en état
les plages. « Sur les plages naturelles, les vagues vident le sable. Mais sur les plages artificielles comme celles du Mourillon, elles le projettent. Là, les rouleaux sont
montés jusqu’à 10 m de hauteur, des rochers de plusieurs kg ont été projetés, des poteaux électriques ont été sectionnés à leur base, des bancs ont été recouverts de sable et de
pierres. On a retrouvé des bouteilles de plastique que la mer transporte sur les pelouses preuve que les vagues sont allées jusque-là », souligne Jean-Guy Di Giorgio, adjoint au
maire délégué à la Propreté et aux Espaces Verts. Des dégâts qui auraient pu être encore plus importants. « Il y a dix jours, le sable était remonté jusqu’aux restaurants. On a
utilisé le tracteur pour enlever 50 cm de sable. Heureusement, sinon les vagues seraient passées au-dessus des restaurants. »
SERGE PAYRAU
|