L’opacité des prix du gaz !
Le secrétaire national de l’Indecosa CGT, Arnaud Faucon, demande la création d’un observatoire des prix.
Dans une lettre adressée à la ministre de l’Économie et des Finances, Christine Lagarde, vous affirmez que les prix du gaz devraient
baisser. Sur quoi fondez-vous cette idée ?
Arnaud Faucon. Depuis 2004, les tarifs réglementés du gaz ont augmenté chaque année dans des proportions considérables. En quatre ans la hausse cumulée de cette énergie atteint, selon son
utilisation, 45,37 % à 68,52 %. À chaque fois que le gouvernement a autorisé GDF à procéder à une hausse, il l’a justifié par l’évolution du prix du baril de pétrole sur lequel est
indexé le prix du gaz. En juillet, le prix du baril s’est effondré, passant de 150 dollars à moins de 50 aujourd’hui. En toute logique, les tarifs réglementés du gaz devraient épouser la même
courbe. Or que constatons-nous ? Le président de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, réclame une nouvelle hausse en affirmant que celles accordées précédemment étaient insuffisantes et n’ont pas
permis de compenser totalement les coûts d’approvisionnement. Selon lui, le manque à gagner serait supérieur à 1 milliard d’euros. D’où sort ce montant ? À quoi correspond-t-il ? Nul
ne le sait. Ce que nous savons, par contre, c’est qu’aujourd’hui les tarifs réglementés sont supérieurs à ceux du marché.
Vous affirmez que la fixation des prix du gaz est opaque…
Arnaud Faucon. La formule de calcul appliquée aux tarifs régulés de vente du gaz naturel était fixée par le contrat de service public qui liait Gaz de France et l’État. Le dernier couvrait la
période 2005-2007. Depuis le 1er janvier 2008, pour cause de fusion privatisation de Gaz de France avec le groupe privé Suez, aucun nouveau contrat n’a été conclu. À ce jour, il est toujours en
négociation. Et le plus grand secret entoure les tractations. L’opacité ne concerne pas que les tarifs réglementés. L’Indecosa a été saisie par des consommateurs qui, s’étonnant de voir les
prix pratiqués par certaines entreprises locales de distribution comme Total, ont protesté. Curieusement, ces entreprises ont revu, sans difficulté, à la baisse leur
proposition.
Comment garantir la transparence dans la fixation des prix ?
Arnaud Faucon. Nous revendiquons la création d’un observatoire des prix au sein de la Commission de régulation de l’énergie. Composé des dirigeants des entreprises gazières, de syndicalistes et
de représentants des associations de consommateurs, cet organisme permettrait de contrôler les mécanismes de fixation des prix.
Entretien réalisé par P.-H. L.
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