mercredi 26 novembre 2008 / "le Patriote"
Le constat est là. Malheureusement, le sida figure toujours parmi les principales causes de décès dans le monde et reste la première cause de décès en Afrique. En 2007, 2 millions de décès sont dus au sida, et 2,7 millions de personnes ont été contaminées. 33 millions de personnes vivent avec le VIH à travers le monde, l’Afrique subsaharienne concentrant 67% du total mondial avec 22 millions de personnes de contaminés. Et la France n’est pas épargnée. Sur le territoire national, on estime à 6500 le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité en 2007. Est-il nécessaire de rappeler que sur les 63 205 cas de sida déclarés depuis le début de l’épidémie en France, 35 140 sont décédés ? L’épidémie mérite toutes les attentions, et ne doit surtout pas souffrir de la banalisation dont elle semble aujourd’hui victime. Car si le nombre de personnes qui passent au stade sida de la maladie a très fortement diminué dans l’hexagone depuis l’arrivée des nouveaux traitements en 1996, on meurt encore du virus en 2008. Le nombre de nouvelles contaminations semble se stabiliser. « Cette tendance est liée à une baisse des nouvelles contaminations par relations hétérosexuelles dans la population d’origine d’Afrique subsaharienne alors qu’on note une nette augmentation des nouvelles contaminations par relations homosexuelles », explique Brigitte Reboulot.
Les migrants, les jeunes et les gays au centre des attentions L’aplatissement notable de la courbe des nouvelles contaminations n’implique donc pas pour autant un début de décroissance de l’épidémie. Deux conclusions se dessinent : si le plan national de lutte contre le sida dans les populations migrantes mis en place en 2002 semble avoir porté ses fruits, il atteint aujourd’hui ses limites. « Beaucoup de gens ont été dépistés, mais le système répressif des nouvelles lois sur l’immigration empêchent les personnes en situation irrégulière de se faire dépister, elles ont la trouille des administrations ». De plus, les jeunes doivent rester au centre de la prévention, notamment les jeunes homosexuels qui ont aujourd’hui « plus de risque de devenir malades que les autres ». « Ceux qui ont 20 ans en 2008 n’ont pas vêcu la même chose que ceux qui ont vu mourir un copain dans les années 80 ».
La région PACA particulièrement concernée
En région PACA, 7 520 cas de sida ont été déclarés depuis le début de l’épidémie. C’est la 2ème région française concernée par l’épidémie avec 12% des cas de sida déclarés en France alors qu’elle ne représente que 7,6% de la population française. Les Alpes-Maritimes, avec 2 918 cas de sida, et les Bouches-du-Rhône, avec 2 820 cas, représentent les deux départements les plus touchés. « Historiquement, cela n’est pas un hasard, tous les facteurs de risques ayant été tour à tour très présents dans la région : plateforme de la drogue, vie culturelle avec de nombreux milieux gays, lieu de vacances… ». Les indicateurs montrent une épidémie persistante et active dans la région. Les nouvelles contaminations concernent toutes les tranches d’âge. En 2007, 51% sont liées à des relations hétérosexuelles et 44% à des relations homosexuelles. Les contaminations par usage de drogues par voie intraveineuse ne représentent plus que 5% des découvertes de séropositivité, ce qui reflète l’efficacité de la politique de réduction des risques menée de façon très volontariste depuis une douzaine d’années dans la région. « Quand on donne à une population les moyens de se protéger, elle se protège », insiste Brigitte Reboulot. Aujourd’hui, la région reste malgré tout une région à risques. « On a plus de chances de rencontrer le virus du sida en PACA que dans le Limousin ».
Juliette PACQUIER
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