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Politique - Article paru le 29 novembre 2008 dans l'Humanité

 

Mobilisation populaire contre la crise

PCF . Jeudi soir au gymnase Japy, le Parti communiste tenait son meeting anticrise. Marie-George Buffet énonce ses propositions et s’adresse aux militants de gauche.

Au gymnase Japy de Paris, les meetings se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. « Nous sommes là, debout, en avant ! », y proclamait Ségolène Royal à la veille du vote interne pour la désignation du premier secrétaire du PS la semaine dernière. Changement de décor, de casting et de sujet ce jeudi soir pour le meeting anticrise du PCF. « On n’a plus le temps de perdre du temps ! », lance Patrice Bessac, secrétaire de la fédération de Paris du PCF en guise d’ouverture. Pour lui, l’heure est à la lutte et à la résistance, à « refonder le grand combat pour révolutionner le pays ».

Urgences

Le Parti communiste avait invité des témoins de cette urgence. Claude Bernard, de la CGT de Renault Sandouville, qui dit l’absurdité du système quand la direction de Renault met des centaines d’ouvriers au chômage technique, rognant de 300 à 400 euros leur déjà maigre salaire mensuel, tandis que sur certains modèles qui pourraient être fabriqués à Sandouville, les clients doivent attendre 7 à 9 mois pour être livrés. Le syndicaliste livre la clé de tout ce mystère : malgré le chômage technique et les suppressions d’emplois, Sandouville a produit plus de véhicules cette année. C’est la surexploitation du travail qui a franchi un nouveau cap. Urgence aussi pour les services publics, pour les intérimaires sans papiers, présents nombreux dans la salle, qui occupent leurs agences depuis plusieurs mois pour obtenir leur régularisation. Urgence pour l’Afrique, avec Amath Dansokho, secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal, appelant à « de nouvelles solidarités », à « la résistance aux forces de destruction qui se déchaînent sur le monde ». « Pas d’autre solution que les mobilisations populaires », selon lui, une certitude que partage le député Jean-Pierre Brard pour qui les parlementaires peuvent beaucoup si « leur action se conjugue avec le mouvement populaire ». Il appelle à « tourner le dos au capitalisme » en « faisant payer aux actionnaires le coût des suppressions d’emplois », à des « ruptures », à « sortir des sentiers battus ».

Salaires trop faibles

À Marie-George Buffet, il revenait de produire le diagnostic et de prescrire l’ordonnance. « Cette crise n’est pas celle de la finance malade, elle est celle des salaires trop faibles, de l’environnement sacrifié, de la précarité généralisée. Elle est celle de la surexploitation du travail humain, de la marchandisation de toute la vie, de l’effacement du politique devant les logiques financières. » Elle dénonce les mauvaises potions délivrées par Nicolas Sarkozy : travailler le dimanche, travailler jusqu’à 70 ans, accompagner le chômage technique, moins de services publics et moins de droits… « Sortir de la crise, c’est prendre le pouvoir économique des mains de ceux qui se sont enrichis et qui s’enrichissent toujours aujourd’hui ! », affirme-t-elle, proposant de créer un pôle financier public.

Elle réaffirme l’appel lancé par le PCF, pour les élections européennes, « à tous ceux qui ne supportent plus l’Europe telle qu’elle est ». Et à l’adresse « des nombreux militantes et militants progressistes, des socialistes évidemment » et de tous ceux qui « savent le besoin d’une gauche forte et ambitieuse », elle signifie « la résolution des militantes et militants du Parti communiste français » pour rendre possible « un rassemblement majoritaire à gauche pour une politique de gauche et refuser toute perspective d’alliance avec le centre droit ».

Olivier Mayer

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Tag(s) : #Politique
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