Quel avenir pour la francophonie ?
Québec . Le 22e sommet, qui s’est ouvert hier en présence de Nicolas Sarkozy, cède le pas à l’actualité de la crise financière.
Tous les deux ans, c’est la même grand-messe : les chefs d’État et de gouvernement des 55 pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ainsi que 13 pays observateurs, se réunissent en sommet, depuis 1986. Le 22e, qui se tient à Québec du 17 au 19 octobre, marquera-t-il une nouvelle impulsion de l’OIF ? Le passage éclair de Nicolas Sarkozy laisse supposer que, comme d’autres, il pense que peu de décisions y seront prises. Les discussions préparatoires sembleraient confirmer cette hypothèse : les propositions les plus audacieuses concernent la formation d’instituteurs. Cependant, c’est sans compter qu’auparavant, des initiatives importantes, telle la création de TV5 Monde, ont été prises sans discussion préparatoire. Dans le contexte de crise qui ravage les économies dans le monde, ces 55 États des cinq continents, qui regroupent plus de 803 millions d’habitants et 200 millions de locuteurs français, ont sans doute un rôle à jouer.
12,6 % de la population mondiale
Ainsi, sur les quatre enjeux au programme des discussions (démocratie et État de droit, gouvernances économiques, environnement, langue française), celui sur l’économie trouve un écho particulier. En réalité, la francophonie regroupe 12,6 % de la population mondiale, 12 % de son revenu et 19 % de l’ensemble des échanges commerciaux internationaux. L’OIF gardera-t-elle ses moyens pour mener à bien des actions telles que le développement d’une économie de proximité solidaire, qui lie développement durable et ancrage dans le tissu local, comme 67 des projets qu’elle a financés le montrent ? Est-elle en mesure de proposer des voies alternatives de développement ? Dans un entretien paru vendredi dans le quotidien québécois la Presse, Nicolas Sarkozy, en tout cas, a fait entendre son antienne : « Ma conviction, c’est que cette crise financière n’est pas la crise du capitalisme, ni celle de l’économie de marché. C’est au contraire la crise d’un système qui s’est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme. »
Indirectement, une fois encore, la question de fond qui divisera sera celle de l’orientation fondamentale de l’OIF : culturelle ou politique ? Quel type d’acteur doit-elle être sur la scène internationale ? Les chefs d’État et de gouvernement ont trois jours pour répondre à ces questions et faire entendre une voix francophone dans le monde.
Fabien Perrier
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