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Cassons la dalle pour le pouvoir d'achat :

Marche du PCF pour les salaires à Marseille

Intervention de Jean-Marc Coppola


 

Mesdames, Messieurs,
Chers amis, chers camarades,

« Je vous annonce
la nationalisation des banques et des crédits,
la nationalisation du gaz et de l’électricité.
Je déclare le profit illicite.
Les salaires vont augmenter de 18%,
et un prélèvement exceptionnel des hauts revenus
va être mis en place »

 

En m’entendant, vous pourriez vous dire : il est devenu fou au point de prendre ses désirs pour des réalités !

Eh bien NON ! Rassurez-vous !

Il ne s’agit pas non plus d’un extrait du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon, l’illusionniste, le conteur, l’imposteur, fustigeant tour à tour le capitalisme financier mais aussi les fonctionnaires trop nombreux et annonçant un avenir de sang et de larmes pour les Français.

Ce que j’ai entendu à New York et à Toulon m’a révolté.

Il y en a assez qu’il nous prenne pour des guignols !

Il nous a promis d’être le Président de la fiche de paye, il a vite été le Président de SA fiche de paye.

Il nous a dit qu’il aimait la France qui se lève tôt, il l’aime quand elle travaille pour pas cher et qu’elle rapporte de l’argent à ses amis.

Et encore, a-t-il levé le petit doigt face aux annonces de Renault par exemple ! 6000 suppressions d’emplois et il n’a rien à dire sur le sujet quand il parle de la crise ?

Il a expliqué qu’il allait taxer le capital - ce que nous proposons depuis des années - et il taxe le patrimoine de salariés pour financer un RSA qui n’a pas d’autre objectif que de fournir de la main d’œuvre bon marché à ses amis !

Il nous explique aujourd’hui qu’il faut moraliser le capitalisme financier tout simplement parce qu’il veut le sauver !

Or le capitalisme nous emmène dans le mur et la financiarisation nous y emmène à grande vitesse. Mais le capitalisme n’est pas moral, sa seule morale, c’est le profit de quelques uns.

La vérité c’est qu’il se sert de la crise financière pour nous dire qu’il ne peut rien faire pour nous et qu’il va falloir se serrer la ceinture.

Alors nous ne nous paierons pas de mots une fois de plus !

Loin de vouloir vous payer de mots, lorsque je vous parlais de nationalisations, de profits illicites, d’augmentation de salaires, il s’agissait en fait, des mesures concrètes mises en œuvre en 1945, 46 et 47, dans le cadre du programme du Conseil National de la Résistance pour instaurer une vraie « démocratie sociale ».

Nous sommes alors à la Libération, dans une France exsangue, en faillite économique après 6 ans de guerre, où il fallait tout reconstruire ou presque.

Il fallait du courage politique et ces mesures audacieuses se sont avérées justes et efficaces pour la France et pour son peuple.

Aujourd’hui nous sommes en 2008, et mon propos ne se veut ni nostalgique, ni passéiste, simplement je pose cette question :

« Pourquoi ce qui a été possible, dans des conditions économiques et financières difficiles, ne le serait pas, aujourd’hui ? »

Je la pose avec d’autant plus de force et de conviction, que ça fait 40 ans qu’une recette n’a plus été utilisée : je veux parler d’une revalorisation substantielle des salaires, pensions, retraites, minima sociaux.

Oui, depuis 1968, les gouvernements successifs n’ont pas impulsé une augmentation forte et générale des rémunérations des femmes et des hommes qui ne vivent que de leur travail.

Et depuis tout ce temps, la part des richesses créées qui revient aux salariés a subi une baisse constante. C’est cela, la financiarisation, et on voudrait nous le faire payer une deuxième fois ?

Nous sommes en 2008 et les inégalités se creusent, avec d’un côté plus de 7 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 845 € par mois, de l’autre, les profits et autres dividendes aux actionnaires augmentent de manière vertigineuse.

Nous sommes en 2008 et une jeune mère de famille de 3 enfants se suicide parce qu’on vient l’expulser de son logement.

Nous sommes en 2008 et le pouvoir d’achat est à la traîne pendant que les prix s’envolent.

Nous sommes en 2008 et après des tas de recettes imprégnées du sceau du libéralisme – subventions, exonération fiscale, cadeaux fiscaux, primes, intéressement…- les familles galèrent, n’arrivent pas à joindre les 2 bouts, à terminer le mois, elles s’endettent et se sur endettent…

Alors nous sommes réunis ici devant la Préfecture, devant les représentants de l’Etat pour mettre sur la place publique ces mots tabous depuis bien trop longtemps :

« Revalorisation des salaires »

Combien ont vu leur salaire ou leur pension augmenter ne serait-ce que depuis l’an 2000, autrement que pour limiter l’impact de l’inflation ?

Pourquoi devrions-nous accepter, sans rechigner, alors que les progrès et les richesses créées ne profitent pas à celles et ceux qui en sont les auteurs ?

Nous sommes ici rassemblés pour dénoncer les marges de bénéfices importantes entre les producteurs et les consommateurs récupérées par les distributeurs qui saignent les premiers et volent les seconds.

Vous avez certainement pu le constater en discutant avec nos amis producteurs de fruits et légumes, que je remercie en votre nom de participer à notre initiative.

Nous sommes ici pour dénoncer, cette pratique ignoble dévoilée cette semaine où des industriels de l’agroalimentaire n’hésitent pas à masquer l’inflation des prix en diminuant la quantité de produit pour faire croire que les prix n’augmentent pas.

Après des vacances estivales sous le signe des restrictions, au point que près d’un Français sur deux n’est pas parti, nous sommes ici pour mettre le doigt sur la principale préoccupation, encore et toujours le pouvoir d’achat, victime d’un redoutable effet ciseaux : d’un côté, la course des prix qui ne ralentit pas, de l’autre des salaires dont le compteur reste désespérément bloqué.

Je dis la principale, car si toute la politique de Sarkozy et de la droite vise à détricoter notre modèle social, à casser les systèmes de solidarité, à piétiner les valeurs de la République, la solidarité, l’égalité, la justice sociale, elle a pour conséquence principale d’appauvrir les familles.

Une politique qui conduit à moins se soigner, moins s’éduquer, moins se cultiver, moins communiquer, moins se chauffer, moins se déplacer, moins se loger, tout en payant toujours plus.

C’est d’ailleurs ce qu’ils souhaitent faire en privatisant La Poste !

Mais nous ne les laisserons pas faire !

C’est une politique qui conduit à gagner moins en travaillant plus.

Comment peut-on vivre aujourd’hui avec 1000 euros par mois, sans faire des sacrifices ?

Oui une augmentation forte des salaires relève de la justice sociale et de l’urgence sociale.

Cela aura pour effet immédiat de remettre à flot les caisses de la Sécurité Sociale, de relancer la consommation interne, de créer des emplois supplémentaires.

Cela permettrait de réduire la précarité, les coûts et le gâchis du chômage, de réduire également les aides sociales et le surendettement des familles.

C’est précisément la reconnaissance de l’individu par l’utilité sociale de son travail et le minimum pour vivre de son travail dont il est question.

Face à cela, on nous rétorque, mais comment augmenter les salaires à l’heure de la compétitivité mondiale ?

Justement, les gains de productivité du travail permettent de réaliser des bénéfices énormes, des profits colossaux et des dividendes versés aux actionnaires faramineux.

Mais cet argent n’est pas réinvesti dans l’économie réelle.

Il ne sert pas à la formation, au développement des compétences humaines, ni à la recherche/développement, ou trop peu, ni même à une politique industrielle dynamique.

Ainsi nous voyons que les discours sur la compétitivité des entreprises visent avant tout une surexploitation des travailleurs.

Et quand Nicolas Sarkozy dit valoriser le travail, il valorise uniquement le capital,
lui qui veut moraliser le capitalisme financier.

Chers amis, je vous le dis, quand le PCF porte l’objectif politique d’un SMIC à 1.500 €, ce n’est pas pour jouer le Monsieur Plus, il vise à replacer, dans le débat politique et social, des éléments conflictuels entre le capital et le travail.

Là où Sarkozy oppose ceux qui ont un travail à ceux qui en sont privés, nous visons à replacer la vraie contradiction entre les forces du capital et les travailleurs.

La contradiction entre la droite et le Medef qui se servent du travail pour le profit, et nous, pour qui le travail doit répondre aux besoins et au développement de l’Humanité, pour que le travail soit un élément d’émancipation et permette la véritable autonomie des individus.

La revalorisation du SMIC et des salaires n’est pas qu’une mesure sociale et économique, c’est une exigence politique pour changer la société.

Et nous ne lâcherons pas !

Alors ce rassemblement marque déjà notre détermination.

Nous battons le pavé, et nous allons symboliquement casser la dalle ensemble.

Casser la dalle, c’est refuser cette chape de plomb qui pèse sur le pouvoir d’achat, c’est aussi, plus prosaïquement remplir nos ventres de plus en plus vides à cause des affameurs.

Il y a quelques semaines, nous étions à quelques pas d’ici, un peu plus bas, et nous avons rebaptisé le siège du MEDEF, Compagnie Mondiale des Affameurs, au moment des émeutes de la faim dans le monde, alors que chez nous aussi, la misère gagne du terrain.

Cela nous ferait mal au cœur, de devoir apposer la même plaque ici, sur un bâtiment de la République… et pourtant !

Alors le signal est clair : nous sommes nombreux ici, mais nous sommes beaucoup plus encore dans cette ville, dans ce département et dans tout le pays.

Ce rassemblement n’est pas un coup et on passe à autre chose. Nous allons continuer à enfoncer le clou jusqu’à ce que cette idée devienne réalité…

Et je voudrais lancer un grand appel ici :

« Partout, signons pour le pouvoir d’achat et les salaires ! »

Nous sommes ici parce que la revalorisation du pouvoir d’achat est un choix politique, une question politique.

Nous savons que rien ne nous a été donné, tout ce qui a été acquis dans l’histoire l’a été par le rapport de forces.

Notre dû, nous sommes toujours allés le chercher.

Ne cédons pas aux peurs qu’attise Sarkozy, refusons le plan d’austérité qu’il cherche à nous imposer et OSONS réclamer notre dû en matière de salaire, c’est LA solution pour sortir de la crise.

C’est ce que nous sommes venus dire !

La situation politique montre que les choses changent, parce que les masques tombent, et nous ici, nous disons que pour aller plus loin, il faut reconstruire la gauche.

Une gauche qui mène le combat qui doit être le sien, une gauche qui invente, une gauche qui agit concrètement.
C’est à cela que veut être utile le Parti communiste.

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Tag(s) : #Politique
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