Budget 2009 : déficits publics et suppressions de postes au menu
Hier, le gouvernement a présenté son projet de loi de finances pour 2009. Il affiche un déficit de 52 milliards d’euros pour 2009, alors que celui de 2008, estimé initialement à 41,7 milliards, a finalement atteint les 49,4 milliards. De son côté la dette de la France va grimper à 66, % du produit intérieur brut (PIB), l’an prochain, après avoir déjà atteint 65,3 % en 2008, soit nettement au-dessus du plafond de 60 % imposé par Bruxelles.
Pourtant le ministre du budget, Éric Woerth, a estimé que « c’est, dans ce contexte extraordinairement incertain, une performance de l’État français qui peut être rassurante ». Cette détérioration spectaculaire s’explique, selon le ministre du Budget, par les 5 milliards d’euros de moins-values de recettes fiscales et par un net dérapage des charges de la dette en 2008 (+ 4 milliards en 2008 et + 9 milliards d’euros en 2009). « Si l’on fait les comptes, entre 2008 et 2009, c’est 20 milliards de recettes qui nous font défaut à cause de la faible croissance », a indiqué M. Woerth. Basé sur des hypothèses de croissance autour de 1 % pour 2008 et 2009, d’une inflation à 2 %, d’un baril de pétrole brut à 100 dollars et d’un euro à 1,45 dollar, les économistes dénoncent un budget « très optimiste » et attendent une « forte révision à la hausse » des déficits publics.
Malgré ce contexte alarmant, le gouvernement persiste dans ses choix. Aucune remise en cause du paquet fiscal qui réduit la marge de manoeuvre de l’État de 13 milliards d’euros ; maintien de la suppression de l’IFA (impôt forfaitaire sur le chiffre d’affaire) dont le manque à gagner, en 2009, s’élève à 1,5 million d’euros. Aucune remise en cause des différentes exonérations de cotisations sociales qui représenteront en 2008 plus de 32 milliards d’euros, dont 4 milliards pour la seule loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat), selon la Cours des comptes. Alors, pour rester dans les limites imposées par Bruxelles, le gouvernement saigne les dépenses. Annoncée dès hier soir par le président de la République, la réduction des effectifs de la fonction publique concernera 30 600 postes en 2009 dont 13 500 pour la seule éducation nationale. « Cela signifie que nous faisons en une année autant que tous les efforts faits sur le quinquennat précédent », s’est glorifié Éric Woerth.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Didier Migaud, député PS et président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, a dénoncé un budget contraire aux promesses électorales du président de la République. « Le résultat c’est (…) moins de croissance, moins de pouvoir d’achat, plus de déficit et de dette et les prélèvements obligatoires ne vont pas diminuer » a-t-il prévenu.
De son côté Henri Emmanuelli qualifie le budget de « constat d’impuissance ». « On commence à enregistrer l’échec d’une politique. Je pense que la crise a très bon dos. Quand on voit le budget du ministère du Travail qui recule de 8 %, cela promet des jours assez tristes », argumente le député PS des Landes. Même constat du côté de Jean-Pierre Brard, député apparenté PCF et membre de la commission des Finances : « Nicolas Sarkozy ne propose rien. On va vers le développement du chômage auquel l’État va contribuer lui-même avec la suppression de 30 000 postes dans les services publics. »
Clotilde Mathieu
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