Politique
Face à Bercy, la revendication des salaires s’affiche
PCF . Devant le ministère de l’Économie, Marie-George Buffet a exigé qu’on ferme les robinets de la spéculation en augmentant les salaires . Ce sera le thème de la manifestation du 27 septembre.
Les salaires vont-ils s’inviter dans le débat de politique économique et sociale du pays ? En décidant d’une manifestation samedi prochain, 27 septembre, du siège du MEDEF à l’Élysée à Paris et dans un grand nombre de capitales régionales, le Parti communiste est décidé à y contribuer. Hier après-midi, c’est sur le pont de Bercy, face au ministère de l’Économie et des Finances, que Marie-George Buffet et quelques dizaines de militants parisiens du PCF sont venus dire leur « détermination à ne pas lâcher l’affaire ». Banderole déployée, lâcher de ballons revendiquant l’augmentation des salaires, les communistes ont donné de la couleur à leur campagne. Leur secrétaire nationale en a profité pour dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy face à la crise. « La crise financière qui secoue la planète montre l’urgence, pour notre économie, de faire le choix des salaires et d’une production durable contre la spéculation », a affirmé Marie-George Buffet. A contrario des recettes préconisées aux États-Unis et en Europe, le Parti communiste demande « de fermer les robinets qui alimentent les marchés de réserves spéculatives ». Pour la députée de Seine-Saint-Denis, « fermer les robinets de la finance », c’est « préférer augmenter les salaires plutôt que d’augmenter les profits », « arrêter de baisser les impôts sur les entreprises », « arrêter la privatisation de La Poste », « défendre le 1 % logement et le Livret A ». « C’est assurer que tout l’argent disponible serve bien l’économie et pas les marchés », affirme-t-elle. Les communistes demandent de « généraliser le fameux bonus-malus de Jean-Louis Borloo à toute la fiscalité des entreprises : un bonus pour l’entreprise qui préfère investir dans la recherche, le développement durable et les qualifications, plutôt que de jouer aux apprentis sorciers ».
Il est urgent de créer un pôle financier public
« Une fois que les robinets seront fermés, précise la dirigeante communiste, il faudra bien orienter l’argent
disponible, c’est-à-dire l’épargne des Français, vers le soutien aux entreprises voulant investir dans des activités utiles, à mille lieux des châteaux de cartes de la finance ! Alors cet
argent qui est le nôtre, c’est à nous de décider de l’orienter là où il est utile. Et pour cela il est urgent de créer un pôle financier public et d’exiger que les banques soient sous le
contrôle des salariés, des Parlements nationaux. »
La secrétaire nationale du PCF a dénoncé « l’omerta des banques » qui fait « que personne ne sait combien toute cette spéculation va coûter aux entreprises privées de crédit, aux particuliers interdits d’emprunt immobilier, aux consommateurs privés de hausses de salaires, aux contribuables ponctionnés pour éponger les dettes immenses des banques ». « Aujourd’hui, on privatise à tout-va, mais on socialise les pertes des banques sur les contribuables », dénonce-t-elle, comme elle critique les banques centrales « qui jouent les pompiers pyromanes ».
« 2 millions de travailleurs pauvres »
Du côté du gouvernement et de la droite, on reste accroché au dogme du silence sur les salaires comme on l’a vu dans
le débat à l’Assemblée nationale sur « les revenus du travail ». Tout juste Xavier Bertrand a-t-il concédé que l’intéressement, « ce n’est pas à la place des salaires, c’est en
plus des salaires ». Mais d’augmentation des salaires, il n’en est pas question. Pourtant, du côté de l’opinion, l’urgence se fait entendre. Le quotidien le Parisien titrait hier sur les
« 2 millions de travailleurs pauvres » et le Monde entamait une enquête sur les salaires par un témoignage d’un salarié de la grande distribution qui affirme : « travailler
quand on a faim, c’est trop dur ». Quant à la CGT, elle plaide pour « des augmentations générales des salaires » et appelle à « des mobilisations dans toutes les entreprises
pour des négociations salariales urgentes ».
Olivier Mayer
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