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Le batobus un projet qui émerge

23-09-2008



Débat. Un réseau maritime de transports en commun pourrait-il avoir sa place sur le littoral marseillais ? Avantages et inconvénients ont été analysés par des acteurs avertis.

 

Prendre le bateau comme on prendrait le bus semblerait une évidence quand on habite une ville comme Marseille, pourtant tel n’est pas le cas. Mais, le projet de création d’un réseau de batobus sur le littoral marseillais commence à émerger. Le Club de l’innovation dans les déplacements (CID) et l’association Citoyen 13 ont organisé un dîner-débat sur le thème « Quelle pertinence pour la mise en œuvre d’un réseau de navettes maritimes dans les Bouches-du-Rhône ? ».
« L’objet du débat c’est l’intermodalité dans le domaine des transports publics urbains notamment dans l’agglomération marseillaise. Et le bateau peut être un des modes de transport qui peut s’intégrer dans une politique globale de mobilité », indique Jean-Claude Ziv, président du CID. La question de l’intermodalité est la clef du débat. « On ne fait pas du transport pour du transport mais on permet aux gens d’aller le plus loin possible », souligne Christian Pellicani, conseiller municipal et président de Citoyen 13.
   

Il est des freins pour la réalisation d’un réseau de batobus qui ne sont pas acceptables pour l’élu. « Il faut un peu de sérieux quand on est confronté à choisir politiquement un mode de transport on étudie toutes les variables y compris les solutions techniques. La Baltique par exemple, ce n’est pas la Méditerranée au niveau du climat ; la baie de Naples et ses 100 kilomètres de batobus est confrontée à des vents et sur les fleuves, il y a d’autres types de contraintes et chaque fois il y a des solutions techniques, en matière de taille de bateau, de motorisation, de puissance de capacité de voyageurs qui sont trouvées. J’ai proposé au président de la CUM, Eugène Caselli, qu’il fasse mener une étude là-dessus par ses services afin de répondre d’une manière définitive à tous ces problèmes. »    Par ailleurs, selon lui, un tel réseau ne peut pas fonctionner uniquement dans le cadre privé. « Cela voudrait dire qu’on tomberait dans un travers où les modes de transports se regarderaient pour échapper à leur politique tarifaire. La mise en concurrence des modes de transports alternatifs tue le transport collectif donc les gens gardent leurs véhicules. La question du tarif ne peut s’envisager que dans un service public maritime des transports collectifs qui ne préjugent en rien au débat sur le mode de gestion. C’est un choix qui vient après, qui doit être fait par les élus qui sont l’autorité organisatrice. Quant à la politique tarifaire, elle ne peut pas être dissociée des tarifs locaux terrestres : bus, métro, tramway ; cars pour l’Etang de Berre et les TER pour la région. »
« En effet, reprend Frédéric Dutoit, président du groupe communiste au Conseil municipal et membre du Comité de pilotage du PDU à la CUM, la question tarifaire et du financement est un vrai problème. La logique de gestion y compris d’une entreprise publique comme la RTM, c’est l’équilibre par ligne de bus, de métro, de tramway. Ce qui a amené la RTM a abandonné un certain nombre de lignes voire à limiter le nombre de fréquences. Cette question là bloque aussi la capacité de développer le transport collectif ».
    Et en tant qu’opérateur, Alain Coulon, directeur régional Véolia Transport d’insister sur le fait que « le problème global des transports  en commun, c’est qu’on sait qu’ils ne sont pas autofinancés. Le financement du voyageur ne suffit pas pour payer les coûts. Si on veut parler de transport maritime, il faut qu’il prouve son efficacité dans le système, il faut que les bateaux se remplissent. Si tel est le cas, c’est qu’ils sont attractifs, intéressants et qu’ils apportent une utilité quotidienne pour les citoyens et les voyageurs ».
    Pour remplir ces bateaux «  il faut amener les gens à ce mode de transport », explique Pierre Reboud, directeur de RDT 13. « On peut y parvenir à travers des bus qui permettent de rabattre, soit à travers des parkings relais qui leur offrent la possibilité de lâcher leurs voitures. Et il faut savoir que le temps de parcours du client pour gagner la vedette va le compter dans son trajet ».
    Le président du CID de préciser  : «  Il y a également à prendre en compte la pénibilité des transports. Pourquoi est-ce que les gens prennent leurs voitures plutôt que les transports collectifs ? C’est que souvent les conditions de déplacement sont plus agréables. Il ne faut donc pas négliger l’attrait du mode bateau. L’aspect confort, détente incitera peut être même avec un temps sensiblement supérieur, un choix modal qui porterait sur le batobus. »
    C’est aussi une question d’offre pour Jean-Paul Nostriano, adjoint au maire des 2/3 et membre du Comité consultatif régional de la mer. « Pour les vélos on n’a pas attendu de savoir si les gens aller l’utiliser ou pas. Il y a eu l’offre et on connaît les résultats ».

PATRICIA MAILLE-CAIRE

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Tag(s) : #Environnement
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