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Le FSE de l'intérieur : Malmö au 3ème jour



Forum Social Européen. Notre site suit la rencontre des altermondialistes avec sa correspondante. Chaque jour, Emmanuelle Reungoat, jeune étudiante en sciences-po, nous envoie une chronique.

FSE : mode d’emploi


Au programme tous les jours : Trois sessions de 9H30-12h30, 14H-17H puis 18H-21H avec à chaque fois, une trentaine de séminaires en simultané. Au vu des intitulés, on rêve parfois d’ubiquité. Mais à la vérité, rares sont les participants qui enchaînent ces trois séances. Ce n’est pourtant point là faute d’ardeur, c’est que la clef du Forum est aussi ailleurs. Car au-delà des conférences et des assemblées officielles, les avancées du FSE se jouent dans les réunions informelles.

Le FSE est enfant de son époque. La question du mode d’organisation à été tranchée depuis longtemps et la forme réseau y a définitivement supplanté les modèles d’organisation hiérarchiques et verticaux fortement structurés, trop rigides pour ces participants d’horizon divers et de culture politique disparates. Ce sont ces réseaux thématiques qui charpentent le FSE et tissent sa réalité. Réseau service public, réseau migrants, réseau Charte des principes pour une autre Europe , réseau Travail et globalisation (réunissant notamment les syndicats) et tant d’autres.

Patience et longueur de temps


Le FSE se révèle ici à l’image des nouvelles formes d’engagement : plus ciblées (voire mono-causales), s’inscrivant dans des groupes aux relations horizontales, égalitaires et ici, internationales. Agglomérat d’individus représentants chacun son « orga », ces réseaux ont l’intérêt de la malléabilité : si une organisation se retire, le réseau plie mais ne rompt pas et le travail se poursuit. Mais ils ont aussi le défaut de la lenteur. Fonctionnant au consensus et non au vote, suivant le principe du FSE, les résultats sont loin d’être immédiats.

C’est parce que ce processus suit souvent un cheminement particulier : après la rencontre, chacun retournera à son organisation les bras chargés de propositions nouvelles à discuter et à faire agréer avant de s’engager dans une position ou une mobilisation commune. Le forum sème. Comme le disait un « copain » anglais ce matin : « ESF is a process ». Oui, le Forum ne peut se résumer à un énorme congrès ou une grande mobilisation unitaire, il est un processus. ESF keeps walking.

Les réunions des réseaux s’organisent donc au sein et en marge du Forum -le graal est parfois dans les couloirs- et la journée peut finir très tard pour les aguerris. Hier soir, 21H : début de la rencontre du Réseau Transform ! Tiens un réseau, politiquement labellisé pour le coup, qui publie ses regards et analyses dans une revue en quatre langues, (http://www.transform-network.org/) l’espace politique européen se construit. Résultat : fin de la journée, minuit passé et le camping est encore à 8km…

Gorge sèche au programme

Nouveau jour, nouveau lieu, après la chocolaterie, la valse des séminaires nous emmène au TangoPalatset. Le bal s’ouvre sur « le management public de l’eau comme alternative à la privatisation ». Les intervenants, turcs, italiens, nordiques et allemands se succèdent pour proposer des analyses globales ou relater des expériences locales de gestion publique. La salle est attentive. A la fin de son intervention, je lance mes filets sur Jacques Perreux. L’homme n’en est pas à son premier jet (d’eau). Tout frais élu (jeudi) au Conseil national de l’Eau -instance publique consultative, équivalent du CSA sur les questions humides- il est également vice-président du Conseil général du Val de Marne, en charge de l’eau, justement. Live from the ESF donc, voici en quatre morceaux choisis, la substantifique moelle de ses propos : La meilleure défense c’est l’attaque. En bon loup de mer, Perreux commence par démontrer, chiffres à l’appui, qu’en France l’eau potable est moins chère gérée par une régie publique que produite par une entreprise privée. Tel est pris qui croyait prendre : « Ceux qui considèrent l’eau comme une marchandise ne sont donc pas compétitifs sur le marché ». On ne boude pas son plaisir. Dénonçant ensuite le comportement des entreprises, il accuse celles-ci (Générale des Eaux, Lyonnaise des eau ou encore Veolia) de pratiquer le partage du gâteau beaucoup plus volontiers que la compétition des prix.

 

Comme d’autres intervenants, il défend également avec conviction la reconnaissance de l’eau comme un droit humain fondamental mais aussi comme un bien commun (devant donc être géré en commun) : « l’eau n’appartient à personne ». D’ailleurs, l’interdépendance des actions de tous sur l’eau au niveau de la planète (car l’onde ne respecte pas les frontières) nécessite la solidarité.

Enfin, insistant sur l’éducation et la prévention, il explique comment la gestion publique réalisée implique les citoyens-usagers. Il est particulièrement prodigue d’ailleurs sur les exemples français de communes et de villes où la gestion de l’eau est passé du privé au public…En espérant le ricochet.

(A noter que pour les plus assoiffés que l’intégralité de son intervention sera en ligne à la fin du Forum sur le site de La Fondation Copernic (http://www.fondation-copernic.org).

Sur ces bonnes paroles, on va se reposer un peu avant de rempiler aux réunions du soir. Sans oublier que demain, comme l’annonce le site officiel du Forum : « it’s Great parade and demonstration march ! » Ah, on va se retrouver comme chez nous, c’est la manif ! C’est parti pour une petite flânerie au travers des évènements culturels (foisonnants) du Forum. Une seule question : pièce de théâtre montée par de jeunes acteurs immigrés ou concert « we will rock your guts » (on va vous bouger les tripes) ?

 

http://www.humanite.fr/Le-FSE-de-l-interieur-FRIDAY-19th-Malmo-au-3eme-jour

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Tag(s) : #Politique
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