Les sous-préfectures sacrifiées
Près de la moitié des sous-préfets pourraient être remplacés par des « conseillers administratifs ».
L’arrêté du ministère de l’Intérieur est paru le 25 juin au Journal officiel. Dans 115 sous-préfectures françaises, le sous-préfet devrait être remplacé par un « conseiller administratif ». 115 sous-préfectures supprimées sur les 245 existantes, ça ressemble à une petite révolution. D’autant que la dernière réforme des arrondissements date de 1926. C’est bien évidemment dans le cadre de la RGPP, avec son objectif de permettre à l’État de réaliser, d’ici à 2011, 7 milliards d’euros d’économies au détriment du service public, que cette annonce a été faite. Sans aucune concertation, les élus locaux ont appris la disparition de « leur » sous-préfecture. Michèle Alliot-Marie s’en défend : « Il n’est pas question de fermer des sous-préfectures », assure-t-elle lundi dans le journal les Échos. « Il ne faut pas jouer sur les mots », rétorque Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées et président de l’Association des petites villes de France. « Ne pas remplacer des sous-préfets par des sous-préfets revient purement et simplement à supprimer des sous-préfectures », tonne l’élu socialiste. Ainsi dans sa région, il est prévu la suppression de 12 sous-préfectures sur 14. L’inquiétude des élus locaux est d’autant plus grande que dans certaines sous-préfectures, comme à Belley dans l’Ain, à Boulay en Moselle, le poste de sous-préfet est vacant depuis plusieurs mois. Blaye, en Gironde, 75 000 habitants, attend la nomination du nouveau sous-préfet depuis 9 mois. La commune, qui a déjà perdu son tribunal de commerce, craint d’être à terme rattachée à la sous-préfecture de Libourne. Du côté du pouvoir, on affirme que les « conseillers administratifs » auront strictement les mêmes attributions que les sous-préfets. Mais l’opacité qui entoure cette fonction, l’absence totale de concertation qui a présidé la décision gouvernementale et les précédents que représente la fermeture des tribunaux et des services publics dans les villes petites et moyennes renforcent l’inquiétude. « C’est le grand déménagement de l’État, qui s’apprête à laisser des territoires en totale déshérence administrative », affirme Martin Malvy.
Olivier Mayer
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