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Médias - Article paru le 15 septembre 2008

Fête de L’Humanité

Une Fête rebelle qui n’appartient qu’à elle-même



Si la plupart des médias n’ont retenu qu’un seul nom, ce sont bien plus de cinq cent mille personnes en quête de riposte à Sarkozy, d’espoir à gauche

Et finalement, si c’était la Fête de l’Humanité ? À lire la presse et à écouter la radio jusqu’à dimanche matin, il y avait de quoi en douter. Le plus grand rassemblement festif, politique et culturel de France était ainsi résumé : cela devait être celui d’Olivier Besancenot. Ainsi en avaient décidé quelques éditorialistes. La Fête elle-même, à laquelle ont participé quelque cinq cent mille personnes pendant trois jours, a mis fin à une polémique montée de toutes pièces. La Fête de notre journal, fruit du dévouement militant de dizaines de milliers de communistes, est un lieu inégalé de rencontres et de confrontations ouvertes à tout ce que la France compte d’organisations progressistes, à toutes les forces de gauche. Une habitude tellement ancrée dans la vie politique nationale que l’on se dispute pour occuper les tribunes dans les centaines de débats. C’est le prix à payer du succès.

Fête de la pensée


« Qu’est-ce qui se passe ? » interroge une jeune femme attirée par la foule attentive et participative qui occupe l’agora de l’Humanité. Les débats s’y succèdent. On y parle du communisme, de la laïcité, de la lutte contre la privatisation de La Poste, de la défense du pluralisme de la presse. Des hommes et des femmes, des usines Renault aux grands magasins parisiens témoignent, quarante ans après, des grèves de 68. Non loin de là, le stand des Amis de l’Humanité est archicomble pour entendre Georges Séguy, leader de la CGT lors des événements de Mai 68, mais aussi grand résistant, déporté à dix-sept ans à Mauthausen, qui lance aujourd’hui, toujours aussi combatif : « Pour gagner plus, il faut lutter plus. » Débat, pensée, toujours, avec le philosophe Bernard Stiegler, qui parle du marxisme, du capitalisme, du consumérisme devant une assistance aussi nombreuse que captivée.

Fête du débat à gauche


La gauche va-t-elle sortir de l’ornière où elle semble enlisée ? Thème entendu souvent dans les stands des fédérations communistes. « Le communisme a une mauvaise image, la LCR ou le NPA, ce n’est que médiatique, et le PS est décrédibilisé », soupire Jonathan, un jeune homme de vingt-trois ans, qui prépare l’agrégation d’histoire et milite au PCF depuis 2003. « J’ai adhéré pour riposter à la montée de Le Pen en 2002, et à la suite d’un contrôle au faciès d’un ami noir », dont il fut témoin. La gauche, le thème a été largement débattu, dans plusieurs forums, avec des représentants de toutes les formations (PCF, PS, LCR, Verts…). Principal objet de controverse, le refus de la LCR d’envisager tout rassemblement de la gauche.

Résister et travailler à une alternative qui ne déçoive plus les citoyens. C’est cette question qui était à l’ordre du jour de la rencontre entre Marie-George Buffet, François Hollande et Cécile Duflot. Débattre, se confronter sur les points qui font débat entre nous (mondialisation, Europe, croissance), dira Marie-George Buffet. Il n’est pas question de refaire « la gauche plurielle ». « N’utilisons pas les termes du passé », estime le premier secrétaire du PS, qui souhaite « une gauche durable » et affirme qu’il n’est pas question à ses yeux de créer « un parti unique de la gauche ».

Fête de la riposte


Riposter à la politique de Sarkozy reste le premier objectif visible devant tous les stands du PCF, où les visiteurs signent par milliers une lettre adressée à l’Élysée exigeant une hausse des salaires. La marche du 27 septembre entre le MEDEF et l’Élysée, à laquelle appelle le PCF, se prépare. Au stand du Finistère, le secrétaire fédéral Éric Le Bour est en discussion avec son camarade des Côtes-d’Armor pour la préparation d’un circuit en car jusqu’à la capitale. Les communistes bretons ne manquent pas de raisons de se rassembler pour résister, de la maternité de Carhaix, pas encore définitivement sauvée, aux hôpitaux de Concarneau et de Quimperlé, le service public est au premier rang des préoccupations. Des collectifs se créent dans la diversité des opinions, explique Éric Le Bour. Riposte pour s’opposer à la privatisation de La Poste, pétition pour un pôle public des transports lancée par les quelque 160 membres de la section PCF de la RATP. Solidarité avec les salariés sans papiers menacés qui luttent pour leur régularisation. Oui, c’était bien la Fête de l’Humanité.

Jean-Paul Piérot

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Tag(s) : #Fête de l'Humanité
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