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LE PAPE A L’ELYSEE…


vendredi 12 septembre 2008
 

Il est venu.

Le pape a été reçu à l’Elysée par le Président de la république.

Toute la cour élyséenne était présente. La bourgeoisie trônait et entourait l’idolâtre « du travailler plus pour gagner moins ».

Même Chirac et Bernadette était de la fête.

Les autres religions assistaient à l’événement. Dehors les écoles privées avaient fait le voyage pour faire la claque. Des oriflammes jaunes étaient brandies par des mains innocentes.

Les scouts de France paradaient comme au plus beau jour du clergé. Dans la salle de l’Elysée, on se serait cru « aux états généraux » ; le clergé et la noblesse s’étaient endimanchés pour la circonstance ; il y manquait le tiers état que la police surveillait des hauts des immeubles avec des fusils à lunettes.

On était presque dans un couronnement par le pape, comme Napoléon 1er à Reims, tellement Sarkoléon apparaissait comme la nouvelle tête couronnée d’un empire chrétien à sa dévotion.

Sarkozy eu l’occasion de mettre en évidence son discours sur la « laïcité positive ».

Une laïcité positive qui ne peut être neutre et qui permet à chaque religion de pouvoir évangéliser dans les rouages de l’état et faire son commerce à l’école de la république.

En fait, un concept nouveau pour bouster le peuple français dans l’acceptation du fait religieux au moment où le capitalisme est en crise profonde.

Alors, le secours des églises est invoqué pour que le capital soit protégé. Un peu comme en Pologne où la religion est redevenue une affaire d’état. L’opium du peuple enseigné comme une nécessité.

Au fait, quel est la signification précise de la laïcité, telle que la loi de 1905 l’a précisé : la croyance religieuse relève de l’intimité de l’individu. l’État n’intervient pas dans la religion du citoyen, pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’État. La laïcité pose comme fondement la neutralité religieuse de l’État. L’État n’intervient pas dans le fonctionnement de la religion, sauf si la religion est persécutée (article 1 de la loi de 1905 : "l’État garantit l’exercice des cultes.").

C’est ces concepts qui régissent les rapports entre citoyens ayant ou pas des opinions religieuses.

Sarkozy tente de changer la donne quand il dit : « les racines de la France étaient essentiellement chrétiennes » (discours de Latran), nous assumons nos racines chrétiennes (discours à l’Elysée). Le pape, satisfait, lui a répondu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenue nécessaire et de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences.

Le pape exige donc le retour de l’enseignement catholique dans la république.

Il est évident, à travers cet échange, que la bourgeoisie a besoin de remettre en avant le fait religieux dans notre pays et dans le monde capitaliste.

Ainsi, de nouvelles joutes religieuses pourraient se profiler à travers l’intégration de la religiosité dans les affaires publiques. C’est dangereux, car d’autres religions sont en en pleine expansion en Europe. Pas étonnant alors que Sarkozy tente de donner un coup de main au pape. Aucun mot de sa part, entre parenthèses, pour signifier la place des athées et des agnostiques.

C’est une offense à ceux qui ont fait la loi de 1905 qui visait à interdire de mettre en avant les aspects religieux pour diriger le pays. C’est ce que fait Sarkozy.

Une telle attitude obligeante pour l’endoctrinement religieux ouvre une brèche. Cela risque de rallumer des conflits. Que vont éprouver les non croyants à cette obligation de subir de manière subreptice la doctrine catholique ?

Vont-ils être mis à l’index s’ils ne prennent pas en compte l’irremplaçabilité de la religion dans la formation des consciences, soulignée par le pape dans son discours élyséen ?

Que l’on fasse connaître à nos enfants l’origine et l’histoire des différentes croyances et non croyances, cela ne me gêne pas, mais que l’on considère que le monde a besoin de célébrer un créateur, c’est nous mettre dans les pas de ce créationnisme absurde nous ramenant au grand horloger ; nous ne sommes plus loin des discours américains où chaque candidat aux présidentielles invoquent et évoquent dieu pour gagner les élections.

Tristes plagiats en perspective.

La France, terre des lumières, n’a pas besoin de cela.

BABEUF42

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Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article71061
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Tag(s) : #Politique
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