vendredi 5 septembre 2008 / "le Patriote"
Dans le secondaire, sur les 8000 postes supprimés en 2008, 3000 ont été compensés en heures supplémentaires imposées. Le gouvernement envisagerait, pour 2009, près de 4500 nouvelles suppressions. « Sans transfert partiel en heures supplémentaires », souligne le SNES-FSU. Au plan national, une réunion syndicale a abouti à un appel à la mobilisation le 11 septembre. La volonté est d’aller vers « la construction d’un mouvement unitaire pour la défense du service public d’éducation ».Suppressions de postes, dégradation des conditions de travail, ambiguïtés autour des dispositifs de soutien scolaire ou d’accompagnement éducatif sont au cœur des préoccupations syndicales, dans l’intérêt des élèves.
Lycées et collèges : la bataille des heures sup’
La CGT Educ’action souligne qu’aucun poste de Conseiller Principal d’Education n’a été crée, en 2008, dans l’académie. Dans les Lycées Professionnels, elle s’inquiète de la généralisation du Bac Pro en 3 ans (au lieu de 4). Ce qui risque de laisser de côté une partie des élèves qui vont se voir amputer d’un quart des heures de cours. Et le BEP risque de tomber en désuétude.
Le SNES-FSU vient en aide aux collègues qui subissent des pressions de leur hiérarchie pour "caser" des heures supplémentaires et en organiser le "refus collectif" (après la 1ère heure réglementaire). Il exige la transformation de ces heures et des blocs horaires provisoires en véritables postes. Pour Richard Ghis, responsable académique du SNES, la volonté du Recteur de porter « de 5 à 10% la proportion d’heures supplémentaires est une atteinte à la qualité du travail. Et le sujet des remplacements de courte durée n’a pas été réglé. Des collègues sont partagés sur trois établissements rendant impossible l’intégration dans une équipe pédagogique ».
Enfin des Titulaires Remplaçants se retrouvent affectés à l’année sur l’équivalent de postes vacants, ce qui signifie une pénurie de remplaçants si le besoin s’en fait ressentir. La précipitation du gouvernement à supprimer des postes crée des non sens : « en avril, un poste de professeur de Lettres au lycée Renoir de Cagnes-sur-Mer a été supprimé et un collègue a été muté d’office. En juillet, il apparaissait un bloc de 18h non couvertes, équivalent au poste. Mais le collègue n’est plus là ».
"Accompagnement éducatif"
Le ministre Darcos en fait des tonnes sur le "soutien et l’accompagnement éducatif", mais la réalité est moins claire. Pour la CGT, on ne peut pas compenser « la suppression de 11200 postes d’enseignants à cette rentrée, par le recrutement de 1500 assistants d’éducation pour faire du soutien ». Pour la CGT, c’est « tout au long de l’année qu’il faut pouvoir déceler les difficultés des élèves.et avoir suffisamment d’enseignants pour travailler en groupe ». Et non pas le saupoudrage de stages pendant les vacances.
Enfin "l’accompagnement éducatif" va être confié, en collège et lycée, à des vacataires rémunérés 15,24 euros brut de l’heure, ou à des assistants d’éducation. SNES-FSU et CGT convergent pour constater que ce dispositif renvoie "hors temps scolaire" des missions de soutien et d’accompagnement qui devraient être intégrées aux enseignements, et pas réservées à quelques élèves volontaires. Comme si le ministre voulait confiner les enseignants à des "cours théoriques", renvoyant les "travaux pratiques" à d’autres intervenants sous payés. Dans le primaire (voir aussi ci-contre l’interview de Gilles Jean, secrétaire départemental du SNUIPP-FSU)
Pour la CGT, la principale mesure est le passage à la semaine de 4 jours, sans rentrée anticipée. Mesure approuvée et signée seulement par la Cfdt et l’Unsa qui ne représentent pas la majorité des enseignants des écoles. La conséquence est la suppression de deux heures de cours par semaine ce qui va augmenter les inégalités et les exclusions face à l’accès aux savoirs.
Deux heures seront consacrées aux enfants en difficulté uniquement, à caser dans les 4 jours. Donc un rallongement de la journée scolaire et des élèves stigmatisés. Il faudrait 15% d’élèves en difficulté par établissement pour que ce dispositif marche théoriquement. Or le pourcentage varie selon les écoles. Ce qui a pour conséquence une inégalité de traitement d’un établissement à l’autre. Les écoles déjà en très grande difficulté vont payer le prix de ce dispositif. On voit également arriver des nouveaux programmes régressifs et rétrogrades. Avec d’autres "grands dossiers" comme la réforme des lycées, il y a là matière à action syndicale dans la durée. La convergence avec les parents et les élèves de tous les acteurs et partenaires de l’enseignement. C’est pourquoi le SNES lance l’idée des "jeudis de l’éducation" visant à permettre des rassemblements et des actions diverses. Une idée qui pourrait "faire école".
Bertrand DHORNE
http://www.le-patriote.info/spip.php?article1811
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