"Devenir un Parti ouvert porteur d'un projet moderne"
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF, s’exprime au sujet de l’Université d’été et des enjeux auxquels est confrontée sa formation.
31 août 2008
La Marseillaise : dans quel état d’esprit se trouvent aujourd’hui les communistes face à la politique de
Nicolas Sarkozy menée Tambour battant ?
Marie-George Buffet : Les communistes sont dans un état d’esprit offensif, dans une attitude de riposte. Les militants ont été actifs durant le mois d’août, avec notamment l’initiative sur
les fruits et légumes. La Fête de l’Humanité sera, et plus que jamais, le grand rendez-vous de la contestation. Nous appelons, pour le 26 septembre, à une grande marche en faveur du pouvoir
d’achat sur un itinéraire symbolique à plus d’un titre : du Medef vers l’Elysée.
Dans quelle mesure les travaux de l’université d’été contribuent-ils à la préparation du 34ème congrès ? Nous sommes dans la continuité d’une année de travail. Suite aux élections nous avons entamé une longue préparation, notamment à travers la tenue de plusieurs assemblées. L’université d’été est importante dans la mesure où elle ouvre le champ à des discussions et à des réflexions sur des thèmes déterminants, voire incontournables pour la compréhension de la société contemporaine : Qu’est-ce que la lutte des classes dans le monde d’aujourd’hui ? Où en est-on du rapport capital/travail ? Les migrations en France et en Europe, où va la Chine, ou encore pourquoi être communiste et féministe ? Des questions diverses donc et autour desquelles il devient indispensable d’échanger.
La Marseillaise : Vous avez évoqué la nécessité, pour le PCF, de changer sans se perdre, sans se
dénaturer....
Marie-George Buffet : Oui je pense que nous avons à aborder cette question essentielle du changement, à commencer par notre façon de concevoir notre activité militante, de nous investir.
Mais pas seulement. Le changement est compris au sens des nouvelles catégories de pensée et d’action que nous devons prendre en compte et intégrer. Le développent durable, la construction
européenne, les logiques internationales, les effets de la mondialisation... Changer donc, mais sans se perdre et se dénaturer pour continuer à apporter des réponses au besoin d’émancipation,
de résistance aux logiques capitalistes, d’épanouissement des solidarités entre les individus et les peuples. Changer enfin et en quelques mots, pour devenir un grand parti ouvert,
rassembleur, porteur d’un projet moderne et audacieux.
La Marseillaise : Comment la gauche se porte-telle, qu’en attendez-vous ?
Marie-George Buffet : J’espère vivement un ressaisissement, faute de quoi la bataille risque d’être fort difficile. Dans les conditions actuelles, la politique que mène la droite pourrait bien avoir de beaux jours devant elle. J’ai proposé un premier forum de toute la gauche sur la question fondamentale du travail. C’est, de notre point de vue, dans ce sens qu’il faut faire converger les énergies. Les débats devraient se repositionner sur le projet et sur la question du rassemblement à gauche.
Propos recueillis par Nadjib Touaibia (La Marseillaise, le 31 août 2008)
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