Culture. Tandis que la compagnie Orphéon se heurte depuis des mois au silence et au mépris de la municipalité, la troupe de Marcel Maréchal jouera ce soir une pièce d’Alfred de Musset.
« Nous sommes toujours dans la même situation », autrement dit : « dans l’inconnu total », indique Françoise Trompette, metteur en scène
de la compagnie Orphéon-Théâtre intérieur. Evoquant les mois qui ont suivi le désormais célèbre « goudronnage des mots » de l’artiste Caroline Amoros par le maire de Cuers, la tentative de
changement des serrures de la bibliothèque de théâtre Armand Gatti et la plainte déposée contre l’association, elle déclare que « cet été a été une période redoutable, une véritable traversée du
désert ». Ainsi que le craignait l’association, la municipalité ne lui a effectivement pas versé de subvention.« Après la suspension de la programmation par le maire, nous nous en sommes tenus au
fait que la convention [entre l’association, la ville mais également d’autres partenaires tels que le Conseil général, la Région, l’Etat, ndlr] n’a pas été dénoncée. Nous avons donc redémarré et
en avons proposé une pour les mois d’octobre à décembre », poursuit Françoise Trompette. Des propositions qui demeurent à ce jour lettre morte puisque la mairie n’a pas daigné répondre.C’est dans
ce contexte que les membres d’Orphéon ont appris en juillet la venue à Cuers de Marcel Maréchal et des « Tréteaux de France » pour y jouer, ce vendredi 22 août, « Les caprices de Marianne ».
Quelque peu troublé par cette annonce, Georges Perpès s’empresse alors de contacter la troupe. Un administrateur confirme : la représentation cuersoise aura bien lieu. Visiblement en toute
connaissance de cause. Une position qui suscite étonnement et interrogations. « On s’attendait à ce que Marcel Maréchal annule, ne vienne pas jouer dans cette ville où rien n’est réglé. Dans un
an ou deux, cela n’aurait pas été la même chose. Mais, là, à chaud c’est moche. Un minimum de solidarité ne signifie pas une solidarité à vie. On pourrait comparer cela à une entreprise dont les
personnels sont en grève et où certaines personnes acceptent de fournir les services et cassent la grève », commente Françoise Trompette qui estime que « c’est douteux sur le plan professionnel
».
Douteuse, l’attitude du premier magistrat l’est indéniablement depuis le début. Et s’il est le fruit du hasard, le triptyque « Marcel Maréchal – les Tréteaux de France – Les caprices de Marianne
» a de quoi laisser songeur. De surcroît dans une ville qui a récemment accueilli la « journée champêtre » de Jean-Marie Le Pen.
AGNES MASSEI
A.M. * Orphéon bénéficie du soutien du Collectif des compagnies théâtrales
varoises.
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