« Que fait-on là-bas ? »
Le malaise politique grandit. La droite cherche à étouffer toute critique.
« La cause est juste », affirme le président de la République. Et, pour l’exécutif et la droite, elle devrait être entendue ! « Ma détermination est intacte, précise-t-il. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. » François Fillon avance dans la même veine, saluant « le courage de nos soldats » qui mènent « un combat dangereux et juste qui mérite le soutien de tous les Français et la solidarité de la nation ». Patrick Devedjian sonne la charge contre toute critique éventuelle en mettant les points sur les « i ». Après avoir renouvelé « (son) soutien à la politique du chef de l’État », le secrétaire général de l’UMP prévient : « Il serait hors de propos d’utiliser cet événement pour attiser des polémiques partisanes. » Toute critique de la politique de Nicolas Sarkozy serait tomber « dans le piège que nous tendent les taliban » dont les actions qu’ils mènent visent à « ébranler notre fermeté ». Silence donc dans les rangs !
Du côté de la direction du Parti socialiste, on interpelle le gouvernement sur le mode du questionnement. François Hollande rappelle qu’il « a fallu une motion de censure au printemps dernier pour que le gouvernement s’explique sur la décision du président de la République d’envoyer 700 soldats français en renfort ». Le premier secrétaire du PS demande la convocation d’urgence des commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat. « Quels sont les buts de la guerre ? Combien de forces faudra-t-il pour arriver aux objectifs fixés ? Quel est le bilan de l’action militaire et de la reconstruction depuis 2001 ? » demande François Hollande.
Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la Défense, veut quant à lui pousser la réflexion plus loin. « Il faut se demander ce qu’on fait en Afghanistan. La question fondamentale qui se pose, c’est de savoir si la lutte contre le terrorisme et notamment celui des taliban peut se faire uniquement par des opérations militaires. Évidemment non », assure-t-il. Et il plaide pour « la reconstruction civile de l’Afghanistan ».
Le Parti communiste est le seul qui demande au gouvernement de la France de « retirer ses troupes d’Afghanistan ». Place du Colonel-Fabien, on élargit le débat, estimant qu’il faut « renoncer à l’intégration complète dans l’organisation militaire de l’OTAN et provoquer, au sein des Nations unies et avec (nos) partenaires européens, une mise à plat urgente des opérations de maintien de la paix, en particulier concernant l’Afghanistan, pour en redéfinir les principes, les moyens ». Pour le PCF en effet, ces moyens doivent « correspondre aux besoins réels des populations, avec de vrais projets de reconstruction, en favorisant la paix, le développement dans toutes ses dimensions, la démocratie et le respect des droits humains ».
Olivier Mayer
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